ACTE II, SCÈNE IL i
Du prétexte qu'aura l'arrêt de mon trépas ; Je l'attends sans frayeur : mais^ de quoi qu'on m'accuse. S'il portoit à Flavie un cœur que je refuse , Qui veut finir mes jours les voudroit protéger , Et par ce changement il feroit tout changer.
Mais mon péril le flatte ; et son cœur en espère Ce que jusqu'à présent tous ses soins n'ont pu faire ; U attend que du^mien j'achète son appui :
J'en trouverai peut-être un plus puissant que lui; Et s'il me faut périr , dite^lui qu'avec joie Je cours à cette mort où son amour m'envoie , Et que, par un exemple assez rare à nommer.
Je périrai pour lui , si je ne puis l'aimer. 4
, cléobule.
Ne vous pas mieux servir d'un amour si fidèle , Vi est* • • •
THÉODORE
Quittons ce discours, je vois venir Marcelle. '
I Rien n'est plus froid et plas déplacé dans le tragî(|jiie qae ces flcénes dans lesquelles un confident parle à une femme en faveur de Tamour d'un autre ; c'est ce qu'on a tant reproché à Racine dans son Alexandre , on Éphesticm parait en fidèle confident du beau feu de êon maiire. Rien n'a plus avili notre théâtre , et ne Ta rendu plus ridicule au& yeux des étrangers , • que ces scènes d^ambassadeurs d'amour : heureusement » il y en a peu dans Corneille.
i66 THÉODORE.