‹ Œuvres de P. Corneille (volume 2)Chapitre 97 sur 240 · VALENS, MARCELLE, THÉODORE, PAULIN, STÉPHANIE · texte numérisé non relu

VALENS, MARCELLE, THÉODORE, PAULIN, STÉPHANIE

Ce n'est point calomnie, Seigneur, elle est chrétienne , et s'en ose vanter.

VALENS

Théodore, parlez sans vous épouvanter.

THEODORE

Puisque je suis coupable aux yeux de l'injustice. Je fais gloire du crime , et j'aspire au supplice; Et d'un crime si beau le supplice est si doux , Que qui peut le connoître en doit être jaloux.

VALENS

Je ne recherche plus la damnable origine De cet aveugle amour où Placide s'obstine; Cette noire magie, ordinaire aux Chrétiens, L'arrête indignement dans vos honteux liens; Votive charme après lui se répand sur Flavie : ^ De l'un il prend le cœur, et de l'autre la vie. Vous osez donc ainsi jusque dans ma maison , Jusque sur mes enfants verser votre poison ?

Vous osez dpnc tous deux les prendre pour victimes?

THEODORE

Seigneur, il ne faut point me supposer de crimes, C'est à des faussetés sans besoin recourir; Puisque je suis chrétienne , il suffit pour mourir.

Je suis prête : où faut-il que je porte ma vie? Où me veut votre haine immoler à Flavie ?

Hâtez, hâtez, seigneur, ces heureux châtiments Qui feront mes plaisirs et vos contentements.

VALENS

Ah ! je rabattrai bien cette ûère constance.

THEODORE

Craindrois-je des tourments qui font ma récompense?

VALENS

Oui, j'en sais que peut-être aisément vous craindrez; Vous en recevrez Tordre, et vous en résoudrez. Ce courage toujours ne sera pas si ferme.

Paulin^ que là-dedans pour prison on l'enferme ; Mettez-y bonne garde.

(Paulin la conduit ayec quelques soldats, et Tayaut enfermée» il revient incontinent. )

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