‹ Œuvres de P. CorneilleChapitre 105 sur 123 · PSAUME CXXIX · texte numérisé non relu

PSAUME CXXIX

De projundis clamavî.

Des abîmes profonds où mon péché me plonge,

Jusqu'à toi j'ai poussé mes cris :

Tu vois mon repentir et l'ennui qui me ronge, Seigneur ; ne recois pas mes vœux avec mépris- Prête à mes longs soupirs cette oreille attentive

Qui n'entend point sans seco^rir ; Jette sur les élans d'une douleur si vive Cet œil qui ne peut voir de maux sans les guérir.

Pour grands que soient les miens , je le dis à ma honte,

Seigneur, je les ai mérités ; Mais qui subsistera , si tu demandes compte De tout l'emportement de nos iniquités ?

Auprès de ta justice, il est une clémence Que souvent tu choisis pour loi ; Elle est inépuisable, et c'est son indulgence Qui m^a fait jusqu'ici subsister devant toL

Je me suis soutenu, Seigneur, sur ta parole,

Dans ce que je n ai su parer :

Un Dieu n afflige point qu'ensuite il ne console ; C'est c(e que tes bontés m'ordonnent d'espérer.

Espère, ainsi que moi, peuple de la Judée;

Fils de Jacob , espérez tous.

Et du matin au soir gardez la sainte idée D'espérer en sa grâce en craignant son courroux.

A sa miséricorde il n'est point de limites,

Il en a des trésors cachés ; Et prépare lui-même un excès de mérites A racheter bientôt l'excès de nos péchés.

Attends donc , Israël , attends avec courage

L'effet de ce qu'il a promis ; Il paira ta rançon , rompra ton esclavage , Et brisera les fers où ton péché t'a mis.

PSAUME cxxx.

Domine , non est exaltatum cor meum.

J E n'ai point soupiré pour cette indépendance Où veut monter l'orgueil par des droits usurpés ; Yers elle aucuns regards ne me sont échappés , Non pas même par imprudence.

Vous le savez , Seigneur, ma plus vaste pensée Ne m'a jamais enflé d'aucune ambition ,

Ni recherché Féclat d une illustre action, Pour voir ma fortune haussée.

Si j'ai manqué d'avoir ce mépris de moi-même , Cet humble sentiment que vous m'avez prescrit , Si j'ai jamais laissé surprendre mon esprit A la splendeur du diadème,

Puisse votre rebut se rendre aussi sévère, Aussi rude à mon cœur mortellement navré.

Qu'est sensible à l'enfant nouvellement sevré Le refus du lait de sa mère !

Porte, porte au Seigneur ta pleine confiance, Israël , peuple élu qu'il a daigné bénir.

Et depuis ce moment jusqu'à tout l'avenir Dédaigne toute autre espérance.

PSAUME CXXXIIL

Ecce nunc benedicite Dominum.

JVLiNiSTEES du Seigneur, bénissez à l'envi

Sa main toute-puissante ,

Qu'aucun ne s'en exempte; Montrez tous ce grand cœur dont vous l'avez servi.

C'est vous , qui demeurez dans sa sainte maison ,

Que ce devoir regarde.

Vous qui l'avez en garde ; Et qui , pour tout le peuple , offirez votre oraison.

3ao POÉSIES DIVERSES

Quand ce peuple , accablé de trayaiix «t d'emittî y Paisiblement sommeille , Qu'autre que vous ne veille ,

Levant les mains au ciel , bénissez-le pour lui.

Dites sur Israël : Que le grand Dieu des dieux.

Par sa bonté propice ,

 jamais vous bénisse , Lui qui créa d'un mot et la terre et les deux !

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