‹ Œuvres de P. CorneilleChapitre 107 sur 123 · PSAUME CXLVII · texte numérisé non relu

PSAUME CXLVII

Lauda, Jérusalem j Dominum,

JLouEz, Jérusalem , louez votre Seigneur, Montagne de Sion , exaltez votre Maître ; Honorez-le de bouche, adorez-le de cœur; C'est de lui que vous tenez l'être.

De vos portes c'est lui qui soutient les verroux , C'est lui qui dans vos murs tient tout en assurance ; Il y bénit vos fils , il les y comble tous De richesses et d'abondance.

Par lui de tant de vœux la paix est le doux fruit ; Par lui de vos confins elle s'est ressaisie ; Du bled le mieux nourri que la terre ait produit , C'est lui seul qui vous rassasie.

Pour se faire obéir dans les plu^ grands états, Il n a du haut des cieux qu a dire une parole , , Ses ordres sont portés aux plus lointains climats Plus vite qu'un oiseau ne vole.

C'est lui seul qui répand la neige à pleines mains ; Comme flocons de laine , il l'oblige à descendre ; La bruine à son choix s'épart sur les humains Comme s'épartiroit la cendre.

En perles de cristal que lui-même endurcit, Il sème la froidure, et laisse choir. la glace; Et quand cette froidure une fois s'épaissit , Qui peut tenir devant sa face P

D'un seul mot qu'il prononce , il la résout en eaux ; A peine il a parlé , qu'elle devient liquide , Et d'un souffle il la fait couler à gros ruisseaux A travers la campagne humide.

Il choisit (sraël pour lui donner sa loi , Il lui daigne lui-même annoncer ses justices ; C'est de lui qu'il se plaît à se dire le roi , I Et recevoir les sacrifices.

Il n'en fait paà de même à toutes nations ; Non , ce n'est pas ainsi qu'avec tous il en use^ Et de ses jugements les saintes notions Sont des grâces qu'il leur refuse.

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