LOUANGES DE LA SAINTE-VIERGE
Accepte notre hommage , et soufiEire nog louanges /
Lis tout -céleste en pureté.
Rose d'immortelle beauté , Vierge j mère de Thumble , et maîtresse des anges ; Tabernacle vivant du Dieu de Tuuiverc , Contre le dur assaut de 4ant de maux divers Donne-nous de la force, et prête-nous tcm sâde;
Et jUsfuen ce vallon de pleurs Faisan du baut du ciel descendre le remède , Toi qui sais excuser les fautes des pécheurs.
O Vierge sans pareille , et de qui la réponse Mérita de porter et conçut Jésus-Christ , Sitôt que Gabriel t'eut fait l'heureuse annonce Qu'en un souffle sacré suivit le Saint-Esprit ; Vierge devant ta couche, et Vierge après ta couche, Montre en notre faveur que la pitié te touche^ Qu'aucun refuge à toi ne se peut égs^ler ; Et comme notre vie , en disgrâces fertile , Durant son triste cours incessamment vacille , Incessamment aussi daigne nous consoler.
L'esprit humain se trouble au nom de vierge mère , L'orgueil de la raison en demeure ébloui ;
De la vertu d'en-haut ce chef-d'œuvre inoui Pour leurs vaines clartés est toujours un mystère : La foi, dont Thumble vol perce a^u-delà des cieux , Pour cette vérité trouve seule des yeux , Seule en dépit des sens , la connoit ^ la confesse ; Et le cœur, éclairé par cette aveugle foi , Voit avec certitude , et soutient sans foiblesse , Quun Dieu pour nous sauver voulut naître de toi;
Prodige qui renverse et confond la nature !
Le père de sa fille est le fils à son tour , Une étoile ici-bas met le soleil au jour , Le Créateur de tout naît d'une créature :
La source part ainsi de son propre ruisseau ; L ouvrier est produit par le même vaisseau
Que sa main a formé de terre :
Et toujours vierge et mère , un accord éternel De ces deux noms en toi , qui partout sont en guerre j Fait grâce, et rend la vie à l'homme criminel.
Que pures étoient les entrailles Oii s'enferma ce fils qui tient tout en sa main , Et que de sainteté régnoit au chaste sein
Que suça ce Dieu des batailles !
Que ce lait qu'il en prit fut doux et savoureux ,
Et que seroit heureux Un cœur qui s'en verroit arrosé d'une goutte ! mère qui peux tout , prends soin de notre sort , Guide nos pas tremblants jusqu'au bout de leur route , Et sauve-nous des maux de l'étemelle mort.
Rose sans flétrissure et sans aucune épine , Rose incomparable en fraîcheur,
Rose salutaire au pèchet» ^^•> ^ » »•• Rose enfin toute belle , et tout^-<faiii dhihè ; La Grâce, dont'jaifis la pnodigaliité ■ < . i *««*
Versa tous ses trésors surta'ftconâité/' * • '
N a fait et ne fera jaihaiiiTien derseiablable': >' Par elle on te voit reine et de»«6ieaxev àts êHaAmAi Par elle sers ici de remède au coupable , Et seconde^leffort de lios meilleurs des&eins.
Que d'étiigmes en rÉcrituTô'^ 7. >•' * : \
T'offirent sous un- roile à nos yeux ! » • • L'esprit qui la dicta ^'y plut en mille lieux:' • A nous tracer lui-même «t cacher ta peinture. ^^ ^••'
Le vieux et ilouveau Testament '' ^ Tous deux comme à l'envi te- nomment hautetnent
La première- d'«»trele& ^femmes ; • • ' ' Et cette préférence acquise à tes 'v^ertus , * "^ - 1 Comme, elle a mis ton âme au-dessus de nos âmes , De nos périls aussi t'a su mettre au-dessus*
Avant que du Seigneur la ^gesse profende
Sur la terre et les cieux daignât se déploya ; — Avant que du néant sa voix tirât le inonde y Qu'à ce même néant sa voix dodt renvoyer y • De toute éternité sa prudence ad(»able ^
Te destina pour mère à son Verbe ineffable , A ses anges pour reine , aux hommes pomv apl^û ;^ -
Et sa bonté dès lors élut ton ministèise ;
Pour nous tirer du gouffre oii notre premier père Nous a d'un seul péché plongés tous avec lui.
Ouvre donc , Mère*- vierge , ouvre l'âme à la joie D'avoir remis en grâce et nous et nos aïeux :
DE P. COaNElLtE.i 375
Tol-méme applaudis^oi .d'stypir ouvert les 'dieux,*'' Den avoir aplani, d'en.avpir fait la voie^ Les hôtes bienheureux de ces brillants pàlÛ5 - T offrent et t'ofifriront tou» ensemble à jamais- Dès hymnes d'allégresse et de reconnoissailôe ; ■- - '
Et nous j que tu défends des ruses de l'enfer ,^
Nous y joindrons TeSort de Thuinaine impuksance , Pour obtenir co9»me eux le don d'en triompher.
Telle que s'élevoit du milieu des abîmes j ^
Au point de la naissance et du monde et du -temps /
Cette source abondante en flots coi^oûds montants ,
Qui des plus hauts rochers arrosèrent les cimes ,-
Telle en toi , du milieu de notre impureté ,'
D'un saint enfantement llieureuse nouveauté' r- '" '
Élève de la grâce une source féconde^ •
Son cours s'enfle avec gloire , et ses flots qu'«n tout lieu
Répand la charité^ doQt regorge son :onde|
Font, en se débordant, croître l'amour de Dieu.
Durant ces premiers jours q\i'admiroit la nature,
La vie avoit son arbre; et ses fruits précieux, ^ -^
Remp^ssant tout l'Eden d'un- air débciéux , -
A nos premiers parents s'ofi&oicnrpour noutriCure.
Ainsi le digne fruit qu^ l^s^flancs ontporté * - .
Remplit tout l'univers de sainte volupté y '
Et s'offre chaque jour pour nourrîtoTe àux^tmes:
Il n'est point d'arbre égsd , et jamkb il n'en fut , '^ '
Et jamais ne sera de plantes ni de femmes
Qui portent de tels fruits, pour.le^commun salut.
Un fleuve qui sortoit du séjour des •délices Arrosoit de plaisirs ce paradis naissait,
Et sur rhomme encore innocent Rouloit avec ses flots l'ignorance des vices : Vierge, ce même fleuve en ton coeur s'épandit. Quand , pour nous afiEranchir de ce qui nous perdit. Ton corps du fils de Dieu fut Tillustre demeure, La terre au grand auteur en rendit plus de fruit, La nature en reçut une face meilleure , Et triompha dès lors du vieux péché détruit.
Ce fils , comme son père , arbitre du tonnerre , Ce maître, comme lui , des hommes et des dieux , Ayant pour son palais un paradis aux cieux, Voulut pour sa demeure un paradis en terre :
Ce père tout-puissant l'y forma de ton corps , Qu'il commit à garder ce trésor des trésors, Dès qu'il te vit de l'ange agréer la visite : Ainsi se commença notre rédemption ; Ainsi tu donnas place au souverain mérite Qui nous dégage tous de la corruption*
Noé bâtit une arche avant que le déluge Fît de toute la terre un vaste lit des eaux ; Il fait d'un bois poli ce f»*emier des vaisseaux Où sa famille trouve un assuré refuge.
Cette arche est ton portrait : son bois poli nous peint Des parents dont tu sors le choix heureux et saint ; Dieu s'en fait im vaisseau comme ce patriarche : Mais on voit un autre ordre au mystère caché ; Pour se sauver des eaux Noé monte en son arche , Dieu pour descendre en toi te sauve du péché.
L onde enfin se retire en ses vastes abîmes , La terre se revêt des plus vives couleurs ,
Et la pitié dû ciel s epand sur nos malheurs, Ainsi que sa colère avoit fait sur nos crimes. Si la tempête encore ose nous menacer, Sa fureur a sa borne et ne la peut forcer; Un grand arc sur la nue en marque l'assurance, Et Dieu l'y fait briller pour signal qu'à jamais Sa bonté maintiendra l'amoureuse alliance Qui du côté des eaux nous a promis la paix.
Que se crève à grand bruit le plus épais nuage , Qu'il verse à gros torrents ce qu'il a de plus noir; L'arc témoin de ce pacte à peine se fait voir , Qu'il dissipe la crainte et nous rend le courage ; La joie avec l'espoir rentre au cœur des pécheurs
Qui , l'œil battu de pleurs , Avec sincérité détestent leurs foiblesses ; Et quoi que sur leur tête ils entendent rouler, Le souvenir d'un Dieu, fidèle en ses promesses, Leur donne à cet aspect de quoi se consoler.
Vois , ô reine du ciel ! vois comme il te figure , Comme de tes vertus ses couleurs sont les traits ! Son azur , dont l'éclat n'a que de purs attraits , De ta virginité fait l'aimable peinture ; Par le feu , dont le rouge est si bien animé , Ton zèle ardent pour Dieu voit le sien exprimé , Ta charité vers nous y trouve son image ; Et de l'humilité , qui par un prompt effet Du choix du Tout-Puissant mérita l'avantage , Ce blanc tout lumineux est le tableau parfait.
Telle donc que cet arc la terre te contemple ; Tu fais pleuvoir du ciel cent lumières sur nous.
Ta brillante splendeur sème de là pour tous Des plus parfaites mœurs un glorieux exemple. Par toi chaque hérésie a son cours terminé :
En yain de ses en^nts le courage obstiné De ses dusses clartés s'attache aux impostures ; Il suffit de te voir unir en Jésus-Christ Par ta submission deux contraires natures, Pour briser tout L'orgueil dopt s enfle leur esprit.
Arc invincible, arc tout aimable.
Qui guéris en blessant au cœur, Arc en pouvoir comme en douceur Egalement incomparable.
Arc qui fais la porte des cieux.
Vierge sainte, enfin , qu'en tous lieux Un respect sincère doit suivre.
Quand de notre destin l'inévitable loi Nous aura fait cesser de vivre ,
Fais-nous part de ta gloire et revivre avec toi.
Le sommeil de Jacob lui fait voir des miracles. L'échelle; qu'il lui montre en lui, fermant les yeux,
De la terre atteint jusqu'aux, cieux ; Dieu s'appuie au-dessus pour rendre ses oracles ; Les anges , dont soudain un luisant escadron De célestes clartés couvre chaque échelon.
S'en servent sans relâche à monter et descendre , Et d'un songe si beau les claires visions L'assurent de la. terre où son sang doit prétendre , Et de ce qu'a le ciel de bénédictions.
Marie est cette échelle ; elle l'est , 'et lapasse; Par elle on reçoit plus que Dieu n'avoit promis :
Aussi pour lui parlcft* lange qu'il a ccmimis La nomme dès Tabord toute pleine de grâce.
Elle nous donne un fîk^ mais un fils honune-Dieu; Et quand soa corps sacré quitte ce triste lieu , Pour le porter au ciel elle aides milliers d anges : De ce briUant«séjour elle rompt- tous nos fers, De tous nos maux en biens el]e^£aiit» des échanges, Et nous prête son nom pour braver, les enfers.
Moïse est tout surpris quand , pour lui toucher Tàmei
Dieu se revêt de flamme , Celle que sur rOreb il voit étinceler '»» '»»^/ Pare un buisson ardent y au lieu de le brûler , Et s'en fait comme un trône où plus elle s'allume, Et moins elle. consume*. • .
Ton adorable intégrité, .1 - O Yierge-mère ! ainsi ne sQufire aucune atteinte , Lorsqu'on tes chastes flancs se fait l'union sainte De l'essence divine à notre humanité* ^
Que la manne au désert est d'étrange nature !
Son goût le premier jour est conforme au souhait ,
Et quand pour d'autres jours la réserye s'en fait ,
Elle souille le vase et tourne e» pourritwpec
Ce peu seul qui dan^ l'arche en tient le souvenir
S'y garde incorruptible aux siècles à venir ,
Sans que souillure aucune à son vaisseau s'attache ;
Ainsi tu conçois^ Jésus-Christ , Et ta virginité demeure ainsi sans tache ^' - En nous donnant ce fils coneu du Saint-Esprit.
Comme tomboit du ciel cette manne mystique Qui du peuple de Dieu faisoit tout le soutien ,
28o POÉSIES DIVERSES
Ainsi du sein du Père est descendue au tien Celle qui des en£ints est le seul viatique.
La manne merveilleuse , et que nous figuroit Celle qu'en la cueillant tout le peuple admiroit, Par une autre merveille ainsi, nous est donnée : Ainsi nous pouvons prendre , ainsi nous est offert Plus que ne recevoit cette troupe étonnée Qui durant quarante ans s'en nourrit au désert.
Ta grâce par l'efiet avilit la figure ,
Elle en ternit l'éclat , elle en sème l'oubli ;
Et par sa nouveauté l'univers* ennobli
N'a plus d'amoUr ni d'yeux pour la vieille peinture;
Les nouvelles clartés de la nouvelle loi
Que Dieu fait commencer par toL, Ne laissent rien d'obscur pour ces nouveaux fidèles ;
Et ce qui jadis éblouit , Sitôt que tu répands ces lumières nouvelles ,
Ou s'épure^ ou s'évanouit«
Ce grand auteur de toutes choses.
Ce Dieu qui fait d'un mot, quoi qu'il ait résolu. Te regarda toujours comme un vase impollu
Où ses grâces seroient encloses :
Vase noble, admirable, et charmant à l'aspect. Digne d'un saint hommage et d'un sacré respect , Digne enfin du trésor qu'en toi sa main enferme : C'est par toi qu'il voulut qu'on goûtât en ces lieux Pour arrhes d'un bonheur et sans borne et sans terme,
Ce pain des habitants des cieux.
Tu nous donnes ce pain des anges Que tes entrailles ont produit,
DE P. CORNEILLE. a8i
Ce pain des voyageurs , ce pain qui nous conduit Jusqu'où ces purs esprits entonnent ses louanges; C'est ce pain des enfans, ce comble de tous biens,
Qu'il ne faut pas donner aux chiens, A ces hommes charnels qui ne vivent qu'en brutes ; Il n'est que pour les cœurs d'un saint amour épris ; Et comme il les guérit des plus mortelles chûtes, Sur tous les autres pains ils lui doivent le prix.
C'est en lui que sont renfermées
Les plus salutaires douceurs
Que puissent aimer de tels cœurs ,
Et les plus dignes d'être aimées;
Il est plein d'un suc ravissant , D'un suc si gracieux, d'un suc si nourrissant. Qu'il fait seul un banquet où toute chose abonde ; Il est pain, il est viande , il est tout autre mets ; Il rend seul une table en délices féconde , Et doit être pour nous le banquet des banquets.
Ce mets nous rétablit, ce mets nous régénère,
Il ramène la joie et £adt cesser l'ennui ;
Ton fils qui par ce mets attire l'âme à lui
La guide par ce mets , et l'allie à son Père.
Ce mets de tous les biens est l'accomplissement;
Il est de tous les maux l'anéantissement :
Pour nous il vainc , il règne, il étend son empire;
Il soutient, il fait croître en sainte ambition;
Et, pour dire en un mot tout ce qu'on en peut dire ,
Il élève tout l'homme à sa perfection.
Il est le pain vivant et qui seul vivifie , Il est ensemble et vie , et voie, et vérité ,
28a POÉSIES DIVERSES
Lui-même il nous départ son immortelle vie Par les épanchements d'une immense bonté.
L'Église avec ce pain reçoit tant de lumière , Que la nouvelle épouse efface la première Par les vives splendeurs qui font briller sa foi : La synagogue tombe , et périt auprès d'elle.
Et l'ombre delà vieille loi
Fait place au jour de la nouvelle.
La manne a donc tari , le ciel n'en verse plus ;
La figure cède à la chose.
Et îe pain que Dieu nous propose.
D'un ciel encor plus haut descend pour ses élus.
Si la manne eut cet avantage Que des fils d'Israël elle fut le partage,
Ce pain est celui du chrétien.
O chrétien ! pour qui 'seul est fait ce pain mystique , Viens , mange ; et puisque enfin c'est un pain angélique, Fais comme un ange , et montre un zèle égal au sien.
Passons de miracle en miracle.
Moïse met au nom des tribus d'Israël ,
Pour faire un prêtre à l'Éternel ,
Douze verges au tabernacle ; Aaron y joint la sienne; elle seule y produit
Des feuilles, des fleurs et du fruit ; Par là du sacerdoce il emporte le titre,
Tout ce peuple n'a qu'une voix , Et de ce même Dieu qu'il en a fait l'arbitre Il accepte à grands cris et bénit l'heureux choix.
Quelle nouveauté surprenante !
La fleur sort de l'aridité ;
Le firuit ^ de la stérilité ; Un bois sec reverdit , il germe , éclôt , enfante. Où sont tes lois , nature, et que devient ton cours
Dans ces miraculeux retours > Qui rendent malgré toi l'impuissance fertile ? Et quel est le pouvoir qui ne prend qu'une nuit Pour tirer d'une branche etséchée et stérile
Ces feuilles , ces fleurs et ce fruit ?
Ce fruit , et ces fleurs et ces feuilles, Pour étaler aux yeux un si nouvel effet ,
N'attendent point que tu le veuilles ; Dieu le veut , il suffit , le miracle se fait ; Il est son pur ouvrage : et comme ce grand Maître Sans prendre ton avis toi*méme t'a fait naître, Sans prendre ton avis il renverse tes lois :
Un bois sec rend du fruit par son ordre suprême ; Par son ordre suprême , ô Vierge ! tu conçois , Et ta virginité dans ta couche, est la même.
Elle est toujours la même , et ce grand Souverain En conserve les fleurs toujours immaculées Alors qu'il fait germer dans ton pudique sein La fleur de la campagne, et le lis des vallées. Ta prompte obéissance attire sa faveur Qui te fait de la terre enfanter le Sauveur, Sans que ta pureté demeure moins entière ; Et cette obéissance , enflant ta charité , D'un amour tout divin £Eiit comme une rivière Qui s'épanche à grands flots sinr notre aridité.
Un prophète promet une nouvelle étoile :
Du milieu de Jacob cet astre doit sortir ,
Une verge nouvelle en doit aussi partir :
L une et lautre a paru , lune et l'autre est ton voile.
La verge d'Israël dont Moab est battu
Est un portrait de ta vertu ^
Qui de tous ennemis t'assure la défaite ; Et la fleur qu'elle porte est ton fils Jésus^hrist ^ En qui d'étonnement^a nature muette Voit ce qu elle attendoit et jamais ne comprit.
L'étoile garde encor sa chaleur tout entière, %ien qu'un rayon en sorte et brille sans égal ;
La pureté de sa lumière Fait toujours même honte à celle du cristal : Ce rayon qui la laisse ainsi brillante et pure De ton fils et de toi nous ofïre la figure ; De ce fils qui conserve en toi la pureté, De toi qui le conçois sans souillure et sans tache , Et qui gardes encor la même intégrité Quand même de tes flancs pour naître il se détache.
Verge mystique d'Israël
Par les prophètes tant promise ,
Verge que le Père éternel
Sui' toutes autres favorise ,
De la racine de Jessé ,
Comme ils nous l'avoient annoncé , Nous te voyons sortir exempte de foiblesse :
Tu conçois par miracle, et ton merveilleux fruit Rend pour toi compatible avecque la grossesse Cette virginité que tout autre détruit.
N'es-tu pas cette étoile ensemble et cette vei^e , Verge que de la grâce arrose un clair ruisseau,
•DE P. CORNEILLE. a85
Etoile en qui Dieu fait un paradis nouveau, Vierge et mère à la fois^, et mère toujours vierge? L étoile a son rayon, et la verge a isa fleur : Ton fils est l'un et l'autre, et de ce cher Sauveur La fleur et le rayon nous présentent l'image ; ^
Fleur céleste qui porte un miel tombé des cieux , Et rayon dont l'éclat dissipe tout l'orage Qui fit trembler la terre et gémir nos aïeux.
O verge dont aucune plante
N'égale la fertilité,
Etoile de qui la clarté
Sur toutes autres est brillante ,
Tes paroles, tes actions
Ont toutes des perfections
Au-dessus de la créature ;
Et l'homme accablé de malheurs Ne sauroit où choisir protection plus sûre , Ni se faire un repos moins troublé de douleurs.
Gédéon voit couvrir la toison de rosée ,
En presse les flocons , et remplit- un vaisseau
De cette miraculeuse eau Qu'au reste de son champ le ciel a refusée.
Marie! 6 vaisseau plein de grâces d'en-haut.
Que Dieu pour te former sans tache et sans défaut Réserva pour toi seule et fit inépuisables !
Daigne, pour consoler notre calamité, En verser quelque goutte aux pécheurs misérables Que tu vois ici-bas languir d'aridité.
Oh! que cette rosée étoit vraiment céleste Qui tomba dans ton chaste sein,
a86 POÉSIES DIVERSES
Lorsque de nous, sauver un Dieu prit le des^sein, Et que la grâce en toi devint «i manift^te !
Le Soleil de justice alors qui te remplit
Fit qu'en toi s'accomplit Le mystère où ce Dieu devoit s'unir à l'homme: - • Il est homme 9 il est Dieu dans ton âanc virginal ; En commençant dès là ce que sa croix consomme, Il t'honore à jamais d'un titre sans égal.
Sa grâce te remplit sitôt qu'à son message Ton humble obéissance eut donne son' avto, Et que son messager y vit un digne feu
Te consacrer entière à ce divin ouvrage.
Telle, dèu le moment qu'acheva Salomon - De consacrer un temple aux grandeurs de son nom, La gloire du Seigneur en remplit tout l'espaee; ' D'un miracle pareil il couronné tafoi,- - Et joint dès ici-bas tant de gloire à ta grâce y Que la grâce et la gloire est même chose en toi.
Salomon , ce roi pacifique^ Él^va dans ce temple un trône au Dieu des dieux; Et le Dieu de la paix , le monarque des cieux,
S'en fait un dans ton sein pudique.
Il vient y prendre pl^ce et finir notre ennui; Un messager céleste envoyé devant lui ' En ce pudique sein lui prépare la voie :
Mais bien que de tout temps ce Dieu l'eût résolu, Bien que l'ange à toi-même en eût porté la joie, Ce Dieu n'auroit rien fait si tu n'avois voulu.
Mère vierge^ mère de grâce, Palais de la Divinité^
DE P. CORNEILLE. aSy
Torrent d amour et de bonté
Dont le cours jamais ne* se lasse, Illustre original de tant d'heureux crayon$;'
Mère du Soleil de justiee^ Fais-en jusque sur nous descendreles râycm^.
Porte-lui jusqu'au ciel nos ^céux en 'sacrifice. Et prête à nos besoins un secours si propice, Que nous puissions enfin Yoirce que nous croyons.
Créatures inanimées , Qui formez jusqu'ici ce merveilleux portrait, ' ' Souffrez que le beau sexe en rehausse le trait , Et montre ses vertus encor mieux exprimées.
Laissez-nous admirer l'illustre Mngaïl , .
Laissez-nous voir sa grâce et son discours civil Arrêter un torrent de fureurs légitimes ; Elle n'épargne dons, ni prières, ni pleurs, Et force ainsi David à pardonner des crimes Qui s'attiroient déjà le dernier des malheurs.
Son arrogant époux, en festins si prodigue
Pour tous ceux qu'il assemble à tondre ses troupeaux,
Qui de ses jours d'excès fait ses jours les plus beaux,
Et pour de vains honneurs lâchement se Êitigue ;
Ce Nabal dont l'orgueil, enflé de tant de biens,
Passe jusqu'au mépris de David «t 'des siens ,'
Du pécheur insolent est une afi&euse image ; ' - *.
Il brave comme lui le maître de son sort ;
A ses vrais serviteurs comme lui fait outrage,
Et comme lui s'attire une infaillible mort.
D'ailleurs ce David tout aimable.
Qu'à se venger on voit si prompt,
a88 POÉSIES DIVERSES
Flexible à la prière, et sensible à Taflront ,
En clémence, en rigueur à nul autre semblable;
Ce guerrier si bénin , qui devient sans pitié
Au mépris et des siens et de son amitié ,
Forme de Jésus-Christ l'adorable peinture :
Bien qu'il soit Dieu de paix, le foudre est en ses mains;
Et, tout bon qu'il veut être, il sait venger l'injure
Et qu'on feit à sa gloire et qu'on fait à ses saints.
A force de présents , à force de prières , La belle Abigaïl arrête ce grand cœiu*.
Et désarme elle seule une juste fureur Qu'allumoient de Nabal les réponses trop fières ; Elle fait alliance entre David et lui.
O Viciée ! notre unique appui , Pour nous près de ton fils tu fais la même chose, Et ce lait virginal de quoi tu le nourris.
Sitôt que ta prière à sa fureur s'oppose , D'in&nes criminels nous rend ses favoris.
De ce même David race vraiment royale ,
Digne sang des plus dignes rois , Mère et fille d'un Dieu qui te laisse à ton choix Dispenser les trésors de sa main libérale ; Ce Dieu, qui près de lui te donne un si haut rang, Par la nouvelle loi qu'il scella de son sang, Nous a tous faits tes fils : montre-toi notre mère ; Sois de cette loi même et la joie et l'honneur, Et contre tous les traits d'une juste colère Sers-nous de bouclier , et £ùs notre bonheur.
En toi seule aujourd'hui se fonde l'espérance De tout le genre humain :
Toi fieule as dans ta mam De quoi du yieil Adaia purger toute l'offense ; Par toi }e port de vie aux péeheu:ps est ouvert ;
Par toi le salut e^ offert A qui te peut offrir tout son cœur en victime ; Et quoi que les enfers osçnt nous suggérer.
Quiconque te sait honorer
Ne sait plus ce^q)ie c isst qup eidme.
Il fait donc bon te rendre un sincère respect,
En faire sa plus noble étude, Se tenir en tous lieux CQ^nrae à ton saint aspecf , Mettre toute sa gloire à c^tte servitude :
Car enfin les i^ntiers que tu laisses battus
Sont partout semés de vei;*tus Qui de tes serviteurs sont rentière assurance; Us guident sans p^ii à Tétemelle paix , Et ce qu'on a pour toi de sainte déférence Ayec toi dans le ciel fait rfsvivre à jamais.
Après Abigaïl , aussi «âge que belle , Judith montre un poul^age égal à sa beauté Quand des Assyriens le monarque irrité
Traite Béf;hulie en pebelle :
Pour venger le mépris qu'on y fait de ses loisf, Ce roi, qui voit sous lui trembler tsmt d'autre sois, Envoie à l'assiéger une efiEroyable armée ; Holofeme préside à ce barbaise effort, Et de la multitude en ses murs enfermé^ Aucun ne sauroit ftiir ou Jes^fers pu la mort.
Que résous- tu 9 Judith? qu'oppose pour remède L'amour de ta patrie à de si grands malheurs ?
Et que doit ce grand peuple accablé de douleurs Contre tant d'ennemis espérer de ton aide?
Tu portes dans leur camp le doux art de charmer, Tu vois leur Holofeme , et tu t'en fais aimer; Sa joie est sans pareille , et* son amour extrême ; Il croit par un festin te le témoigner mieux, Il s'enivre , il s'endort ; et de son poignard même Tu lui perces le cœur qu'ayoient percé tes yeux.
Cette Béthulie assiégée
Des bataillons assyriens ,
Et prête à s'en voir saccagée
Par la division des siens ,
C'est, ô Vierge ! qu'un Dieu révère. L'épouse de ton fils, l'Eglise, notre mère, Qu'assiège l'hérésie , et qu'attaque l'enfer ; Forte de ton secours elle en brave l'audace, Et tant que pour appui ses murs auront ta grâce,
Elle est sûre d'en triompher.
Belle et forte Judith, qui sauves d'Holofeme Ta chère Béthulie et tous ses habitants, Puisque par ton esprit l'Eglise se gouverne , Ses triomphes iront aussi loin que le temps : Tu combats, tu convaincs, tu confonds l'hérésie;
Et , quoi qu'ose sa frénésie , Elle tremble à te voir les armes à la main , Tandis que les rayons dont ta couronne brille
Sur nous, qui sommes ta famille.
Répandent du salut Fespoir le plus certain.
Ils n'y répandent pas cette seule espérance , Ils y joigneïLt l'esprit qui mène à son effet ,
DE P. CORNEILLE. agi
Un esprit dé douceur, qu'en Dieu tout satisfait , Un esprit de clarté, de conseil, de science : La sagesse à la force en nous s*umt par eux , La crainte filiale -au respect amoureux, Qui donne un vol sublime aux âmes les plus basses ; * Tous ces trésors sur nous par toi sont épanchés ; Et Dieu ta départi toute sorte de grâces Pour faire en ta faveur grâce à tous nos péchés.
La charmante Esther vient ensuite ; Assuàrus l'épouse et la fait couronner.
Et la part qu'en son lit on le voit lui donner Montre l'heureux succès d'une sage conduite : La superbe y asthi, que son orgueil déçoit, Rejette avec mépris l'ordre qu'elle en reçoit. Et son propre festin par sa perte s'achève.
Quelle vicissitude en ce grand changement!
L'arrogance fait choir, l'humilité relève; L'une y trouve son prix, l'autre son châftiment.
Oh , que ces deux beautés ont peu de ressemblance !
En l'une on voit un cœur à la vertu formé.
Un cœur humble , txn cœur doux , et digne d'être aimé ,
Mais qui ne sait aimer qu'avec obéissance ;
En l'autre, une fierté qui ne veut point de loi.
Qui croit faire la reine en dédaignant son roi,
Et que l'orgueil du trône a rendue indocile :
Cet orgueil obstiné ne sert qu'à la trahir ,
Et prépare à sa chute une pente facile
Par l'horreur que lui fait la honte d'obéir.
Sainte Vierge, est-il rien au monde Ou plus humble, ou plus doux, ou plus charmant que toi ?
aga POÉSIES DIVERSES
Est-il rien sou$ les ctens qui £aisse mieux la loi
Aux schismes dont la terre abonde?
Non , il n est rien si gracieux ,
Rien si beau 9 rien si précieux, • Si nous en croyons VEcriture,
Et même sous Tobscurité L'énigme y fait trop voir qu'aucune créature
fTaf^roche de ta pureté.
Tu veux donc bien qu Estber ait place en ton image , Que ses traits les plus beaux servent d'ombres aux tiens. Toi dont les actions , toi dont les entretiens Ont tant d'humilité , tant d'amoiu' en partage. Parmi tout ce qu'envoie aux siècles à venir
La lecture ou le souvenir , Ta bonté, ta douceur, ne trouvent point d'égales; Elles charment Dieu même ausai^bien que nos yeux ; .
Et plus ici tu te ravales , Plus il t'élève haut dans l'empire des cieux.
Mêmes vertus en elle ébauchpient ton mérite.
Et son pouvoir aU tien n'a paiS moins de rapport ;
Aman en fait l'épreuve, et son perfide effort
Voit retomber sur lui l'orage qu'il excite.
Un Juif voit tant d'orgueil sans fléchir les geuQux ;
Pour ce mépris d'un seul il veut les perdre tous,
Il en fait même au rôi signer l'ordre barbare :
L'afQigé Mardochée à sa nièce en écrit.
Ne tremblez plus , ô Juifs ! une beauté si rare
Veut périr ou sauver son peuple qu'on proscrit.
Esther, tendre et sensible au mal qui le menace, Y hasarde sa vie, et se présente au roi ; .
DE P. CORNEILLE. agS
Le roi pour l'afiranchir des rigueurs <de sa loi, Vers des appas si doux t^id lô signal de grâce : Esther avec respect le cônyie au fisstin , Lui peint d'elle et des sietis le malltenreux destin , Et de son favori Tinsolence et les crimes :
Ce lâche tout suq>ris demeure sans parler; Et les siens ayec lui sont lirraB pour victimes A ce peuple innocent qu'il vouloit s'immoler*
Ce que Eut Esther pcmr ses frères, Tu le £us pour tes serviteurs , Tu &iâ retomber nos mis^s Sur la tête de leurs auteurs; Quoi qu'attente leur perfidie, La grâce, qui te donne un IMeu pour ton époux, En un moment y remÀtié ; Et pour rudes que soient leurs coups, Ta pitié ,rpar elle enhardie , Ose toui et peut tout pour aoos.
L'implacable emiemi de l'homme
Sous l'orgtteîlieux Aman dépeint , C'est l'ange en qui jamais cet orgueil ne s^éteiut, Le serpent déguisé qui fit mordre la pomme:
Chassé du Baradis, il ncMn ie ftfeut fermer ; Banni dans les eùiefps , il y veut abîfner Ceux domt sa place au ciel dmt être' la cotiquâite ! Mais quoi qu'ose sa haine À t^itè heure , evi tout lieu Vierge , ton pied Téorase ; et lui bruant la «été , Tu faàs d'im seul regard noire paiiL avee Dieu.
Tu te plais àgarder tes servkettTS fidèles Comme la prundle des yeux ;
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Ta main pour avant-goùt des cieux
Leur fait un nouveau siècle et deâ douceurs nouvelles ;
Tu leur sers de refuge ; et pour les consoler Sur eux tu laisses découler
Mille et mille faveurs du monarque suprême :
Tu puises comme épouse en ses divins trésors,
Vrai livre de la loi que fait sa bonté même ,
Et sacré tabernacle où repose son corps.
Vive fleur du printemps , candeur que rien n'efiEsice,
Honneur des vierges, fleurdes fleurs, Fontaine de secours , dont les saintes liqueurs
Conservent toute notre race ; L'odeur de ton mérite ici-bas sans pareil
Attire lange du conseil, Le Souverain des rois , le Seigneur des armées :
Et tu fais que du firmament
Les portes si long-temps fermées S'ouvrent pour terminer notre bannissement.
Noé flottoit encor sur les eaux du déluge, Et troublé qu'il étoit d'avoir vu tout périr. Il doutoit si lui-même auroit où recourir.
S'il auroit hors de l'arche enfin quelque refuge ; Il lâche la colombe, et les monts découverts
Lui présentent des rameaux verts Que jusque dans cette arche en son bec elle apporte : Ce retour le ravit, et ses en&nts et lui Reprennent une joie aussi pleine, aussi forte Que rétoient jusque-là leur trouble et leur ennuL
Les Hébreux au désert par Tordre de Moïse Elèvent un serpent d'airain;
DE P. CORNEILLE. agS
Sa Tue est un remède et £aicile et>soudsdn
Qui leur rend la santé promise :
Les vipères et les serpents Qu'en ce vaste désert ce peuple voit rampants
N'ont plus de morsures funestes; Cet aspect salutaire en fait la guérîson , Et contre eux leur figure a des vertus célestes
Plus fortes que tout leur poison.
Plus simple que n'est la colombe , Tu nous rends plus de joie et plus de sûreté, Et protèges si bien la vraie humilité
Que jamais elle ne sixccombe:
Un Dieu qui sort de toi te laisse des vertus A relever nos cœurs sous le vice abattus ; Quel quen soit le poison ta force le surmonte; Et cet heureux remède à nos péchés offert
Passe le seipent du désert,
Et fût la guérison plus prompte.
Cette porte fermée, et qui n'ouvroit jamais,
Que' vit Ézéchiel à Torient tournée,
Par ce même orient de ses splendeurs ornée ,
Est encore un de tes portraits ;
Aucun n'entre ni sort par elle
Que cette sagesse éternelle Qui doit de notre chair un jour se revêtir; •' Mais soit qu'elle entre ou sorte, on voit même clôture , '
Et Dieu n'y fait point d'ouverture
Ni pour entrer ni pour sortir.
Ta virginité sainte est la porte sacrée Dont ce Dieu fit le digne choix
Pour £aiire au monde ton entrëé^ Gomme pour en sortir il te fit île la èroix.
Il entre dans tes flancs, il en sort sans brisure ; Avec ce privilège il y descend des eîeiu.:
Sans que ta pureté souffire de flémssure Il prend un corps en t(H poul* se tnontrér aéx yeux; Et n est pas moins assis au«*dessits dû toniierrej^ Bien qu'en ce corps fragile il niarche siur la ten^.
Tel qu'au travers d un astre on voit que te soleil
Trouve une iitipéilétrabte voie^ Sa lumière en descend àVee édkt paif^il ^ Et ne brise ni rompt 1 astre ^«i nous rrâv(»ê $ Ce' canal transparent , toujoûfb en son entier^
Peint l'inviolable setitiet' Par où le vrai Soleil passe sans ouverture :
Telle en ta pureté^ Yièi^^ tu te oon^pois ; Mais l'astre suit ainsi l'ordre de la nature , Et tu conçois ton fils en défàtde ses lois.
Son bien-aimé 'disci|)lè à qui ce digne c^aitarô
Te donna pour ntère en nkmtaïit ^ Lui que le tendipe amout dé ce fils esLpirmt Fit ton fils en sa place -, ot qui se plut è l'être^ Cet apôtre prophète à Patbmos exilé ,
Y voit plus que n'a révélé D'aucun de ses pareils l'énigihatkjue faistoif>e; Il voit tm sigàe au xieL si merveiilenx en sèi , Il y voit un crayon si parfait de ta gloire^ Qu'il doute s'il y voit on ta figure ou toi;
n y voit une femme «n beauté ânèûièèi^ :
Le soleil la>Tevêt de Ses propres rayonife 5
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La lune est sotU( ses piecU «vec ïùème kumèi^ Qu'en son plus |^ahd ^at d'ici ilou« Im voyotis ;
Douze aBlr#$ fondtent sa oouponné^ ^
Et si tant de spleadèàr aii<lehors l':envîroiiiie-, Ce que le dedans «aehe eét encol* |plus ea^is^ Elle est plekie d ub fib <|u a p^e Ton mt Aiâtt^
Qu aussitôt le touteiraîÀ Maitf^ Lui fait plaee^ea «on trône, et le reçoit pour &b.
Est-elle autre que toi , cé^ femme ^dmîiAble ?
Et son lumineux appaml
D astres , de lune et de ^)eil> Fest-^il pas de ta ooucfae un ap^rdt adotable l- Est-ce un autre que toi que de tous ^es tciéùts Et remplit au dedans et rei^ «k deh^lrs/ 1 ,
Le brillant Soleil dé judCifee , Et fait-il commenoiMr ijp^r un «utre «a :Oes lieu Ce royaume de Diett«i<dGfut ec^^^o^ioe
Qui réunit la terre anja cieux?
La milice du-cieLipii sem^ tei lois àe «Taagè t
Comme lafaxa» «^a^ tek pieds^ Y &it incessammisiit véaotiner ta louâtigei, ^ ^ . *
Et sert d'ilinstire Ibase lan tràiœ «TQ tu te wds f De tes plos saints aïeux la troupe glbmaat'r).
Fait la counonhè ipréeieuse . . . •
Des astres qui xseignent «on. front; Le nombre en eft'égal à cehii des apôtres :, Et nous donne l'exemple et tles uns et lâes îmtres Pour être un jour par toi près de Dieu ce qtiïls S^nt
Cette plériituée 'étoènante De grâce que sa main star toi seul ^épandit ,
agS POÉSIES DIVERSES
Joint à tant de Tertus, joint à tant de crédit, La gloire de la yoir toujours surabondante.
Vierge par excellence, et mère du Trè*«Haut ,
Toujours sans tache et sans défaut, Lumière que jamais n offusque le nuage , De tapt de plénitude épands quelque ruisseau , Et de tant de splendeurs dont brille ton visage Laisse jusque sur nous tomber un jour nouveau.
En toi toutes les prophéties Qui de toi jamais ont parlé , Par le plein effet éclaircies , Font voir ce que leur ombre a si long-temps voilé ; Les^nigmes de TÉcriture, Dont s'enveloppe ta figure^ Ont perdu leur obscurité;; Et ee que t'^annoncent les anges, Ce qu'ils te donnent de louanges Est rempli par la yérifé.-
Refuge tout-puigsant de la feiblesse humaine, Incomparable Vierge , étoile de la mer , Calmernous-enies flots prêts à nous abîmer ; . De nos vieux ;eniiemisi domte pour nous la haine ; . Purge en nous tout l'impur, tout le terrestre amour, Toi qui conçois ton Dieu, toi qui le mets au jour.
Sans en être rni moment moins pure ; Toi, la pierre angulaire,. en qui l'on voit s'unir
Les 'Véiités à la figure, Ou plutôt. la.£gure.en.,vérités finir. -
Les figures ont peint l'excès de ta puissance; Fais-nous-^n ressentir l'effet :
Parle, prie; et Dieu satisfait Laissera désarmer sa plus juste vengeance.
Tu te sieds à sa dextre à côté de ton fils; La tienne de ce trône où lui-même est assis Peut aux plus lâches cœurs rendre une sainte audace : De là de tous les tiens tu secours les besoins ; Et comme ta prière obtient pour eux sa grâce , L'œuvre de leur salut est Tœuvre de tes soins.
Cette adorable chair qu*il forma de la tienne ,
Ce sang quil tira de ton sang, Quelque haut rang au ciel que l'un et l'autre tienne,
T'otit cru devoir le même rang :
Comme sans cesse il considère Qu'il prit et l'un et l'autre en ton pudique flanc, Sans cesse il te chérit, sans cesse il te révère; Et comme il est ton fils aussi-bien que ton Dieu, L'amour et le respect qu'il garde au nom de mère Ne t'auroient pu jamais souffrir en plus bas lieu.
Ce fils t'élève ainsi sur toute créature, Te Êdt ainsi jouir de la société
De cette immense Trinité Qui donne à tes vertus un pouvoir sans mesure, ï'ais-nous-en quel<^e part pour monter jusqu'à toi ; Donne-nous cet amour, cet espoir, cette foi.
Qui doivent y servir jl'échelle;
Et d'un séjour si dangereux Tire-nous à celui de la gloire éternelle
Qui fait le prix des bienheureux.
3oo * POÉSIES DIVERSES