A VÊPRES
Que d'un chant solennel tout le iemple résonne, Ce grand jour du martyr paye enfin les travaux , Le ciel en est le prix , et Dieu qui le couronne, Change en biens étemels ce qu'il sou£Erit de maux.
Ses membres écrasés sous la meule palpitent, Il ofiEre à Dieu le sang qu'il en fait ruisseler. Et, plein d'un feu nouveau que ces gènes excitent. Sur cet autel sanglant il aime à s'immoler.
La machine brisée à grands coups de tonnerre. Sur le peuple tremblant roule, et brise à son tour; Victor, seul intrépide , et las de vaincre en terre. Tend le col aux bourreaux pour changer de séjour.
La tète cède au fer qui du corps la détache.
L'âme vole en triomphe au-dessus du soleil ,
Et l'on voit chaînes, fouets , et meule, et croix, et hache,
En former, à l'envi, le pompeux appareil.
Rends-nous plus courageux, grand saint , par ton exemple; Obtiens-nous des lauriers qui s'unissent aux tiens. Et fais de tous les vœux qu'on t'of&e dans ce temple Des armes pour domter l'ennemi des chrétiens.
Gloire au Père éternel, gloire au Fils ineffable, Gloire toute pareille à l'Esprit tout divin , Gloire à leur unité , dont l'essence adorable Règne sans borne aucune , et régnera sans fin.
DE P. CORNEILLE. 3o3