PSAUME IV
Cum invocarem exaudivit.me Deus,
OiTÔT que j'invoquai le Dieu de ma justice , Il exauça mes vœux, il prit pitié de moi ; Dans mes afOictions sa main me fut propice , Et dilata mon cœur qu'avoit serré Tefi&oi.
Montrez pour moi, Seigneur, une pitié nouvelle : Vous voyez sur mes bras de nouveaux ennemis; Dissipez leurs conseils , ramenez mon rebelle, Exaucez ma prière et me rendez mon fils.
Lâches, dont le complot en ces ennuis me plonge, Jusqu'où porterez-vous des cœurs durs et pesants ? Jusqu'où prendrez-vous soin d'appuyer le mensonge ? Jusqu'où d'un vain orgueil serez- vous partisans ?
Avez-vous oublié par combien de miracles Dieu m'a mis dans le trône et soutenu son choix P Le croyez-vous moins fort à briser tous obstacles Aussitôt que vers lui j'élèverai ma voix?
Prenez contre le crime une digne colère ; Connoissez votre faute, et cessez de faillir;
3o4 POÉSIES DIVERSES
Et faites dans vos lits un examen sévère De ce que votre cœur espère en recueillir.
Qu'un juste repeniîp of&e vo& sacrifices:
Mettez-vous en état d espérer au Sei^eur; Venez ^ et laissez dire aux esclaves des vices, ' Qu'on nous o£fre du bien ^ on aura notre cœur.
Sa lumière divine a mis sur- mo^ visage
De ses vives clartés la sainte impression ; -;
Et sa parfaite joiq a mis dana mon cour^ç
De quoi me soutenir contre l'oppression.
Avant cette fureur de la guerre ciyile A-t-on vu des sujets plus heureux que les miçns? L'abondance du vin , du froipent et de l'huile, En augmentoit le nombre en augmentant leurs biens.
Je reverrai, Seigneur, encor la même chose Dès qu'il vous aura plu me redonner la paix ; C'est sur ce doux espoir quç mon cœur se repose ^ C'est à ce doux effet qu'il borne ses souhaits.
Ces grâces , ô mon Dieu ! passeroient les premières : Mais sur votre bpnté j'ose m'en assurer^ Et vous in'avez tant fait de faveurs singulières, Que j'espère aisément plus qu'on n'ose espérer.
Gloire au Père éternel , la première des causes ^ Gloire au Verbe incarné, gloire à VEsprit divin; Et telle qu'elle é^it avant toutes les choses , Telle soit-elle encor maintenant et sans fii^. *
* Nous supprimerons à la fin des autres psaumes ce refrain qui les termine tous, et qui est presque toujours le même : c'est le Gloria Patri,
DE P. CORNEILLE. 3o5