DUC DE GUISE , SURNOMME LE BALAFRÉ
Né au château de Bar, le 17 février iSig; tué devant Orléans, le 24 février i563.
VoTCi un de ces caractères grands et passiçiinés, plus propres à inspirer des poètes, qu'à faire le bonheur des hommes. Le duc de Guise était l'aîné des six fils de ce prince lorrain que la France avait si imprudemment accueilli. Avec sa taille héroïque, sa bravoure indomptable, son naturel franc et généreux, il ouvrit la carrière de cette race brillante, auprès de laquelle, disait-on, les autres princes semblaient du peuple- Quatre règnes furent témoins de l'emploi ou de l'abus de ses rares qualités.
Sous François V , ce ne fut d'abord qu'un jeune guerrier plein de vaillance; une blessure qu'il reçut au visage en assiégeant Boulogne lui valut le surnom de Balafré , que dans la suite son fils porta pareillement au même prix.
Sous Henri II, la fortune et la gloire le comblent de leurs dons, et le placent au premier rang des grands capitaines. La France triomphe partout où il est, et succombe où il n'est pas. La belle défense de Metz et la bataille de Renti attestent son courage et ses talens : il accourt du fond de l'Italie pour réparer les désastres de la défaite de Saint- Quentin ; et , quand on croit tout désespéré, il emporte en huit jours la place de Calais que les Anglais possédaient depuis deux cent dix ans. Il étonne moins encore par ^s exploits que par la grandeur d'ame et Thumanité qu'il associe à ses victoires, et dont les habitudes guerrières de son siècle ne lui donnaient pas l'exemple. Tant de services le rendent l'idole et le eénie tutélaire de la France. Le parlement de Paris le proclame conservateur de la patrie; on propose de le créer viceroi du rojaume , et l'on ne se croit pas exempt d'ingratitude en le nommant lieutenant-général des années du roi au dedans et au dehors. Cette haute fortune paraît si méritée qu'on oublie volontiers ce qui en est dû à la faveur de la duchesse de Valentinois. Avec un prince léger, borné, et subjugué par une femme , comme l'était Henri II , il faut se féliciter quand le caprice de la favorite rencontre un grand homme.
Cependant, lorsque ce monarque périt dans les jeux d'un tournoi, il commençait à soupçonner le