SUR ANNE-GENEVIEVE DE BOURBON
talent pas de promener de ruelle en ruelle leurs lamentations ; elles voulaient encore en rendre témoin l'amant émérite de la duchesse, le vieux duc de La Rochefoucauld, à qui la voix commune déférait la paternité du jeune prince. Écoutons sur cet étrange oubli des bienséances l'inimitable babillarde du grand siècle : « Il y a, dit madame de Sévigné, un nombre infini de pleureuses de la mort de M. de Longueville : cela décrédite un peu le métier; elles voulaient toutes avoir des conversations avec M. de La Rochefoucauld ; mais lui qui craint d'être ridicule plus que toutes les choses du monde, il les a fort bien envoyées se consoler ailleurs. » ( Lettre du % juillet 1672. )
La duchesse de Longueville svirvécut à la perte de son fils, pendant sept années consacrées à des soins religieux. Sa dévotion fut d'autant plus sincère , qu'elle sanctifiait plutôt qu'elle ne détruisait ses premiers penchans. En effet , la belle pénitente porta dans ses mortifications le même raffinement qu'elle avait mis dans ses plaisirs ; ses austérités appelèrent, comme ses fautes, les regards et les entretiens du monde. Ayant choisi pour aller à Dieu les sentiers jansénistes , elle sut à la fois satisfaire le ciel et blesser la cour. Elle se fit bâtir une retraite à Port-Royal ; son palais devint l'asile des docteurs persécutés, et l'inflexible Arnaud y fut caché par elle, et nourri de ses mains. Rési-