‹ Œuvres de P. e. LemonteyChapitre 29 sur 40 · SUR MADAME DE LA FAYETTE · texte numérisé non relu

SUR MADAME DE LA FAYETTE

ment chez madame de «La Fayette; et ce poète, qui travaillait alors à traduire ou à imiter des Nouvelles espagnoles, lui fit goûter cette occupation littéraire. Zaïcle parut en 1671, et plus tard, la Princesse de Clèi^es. Le premier de ces romans, ainsi que le privilège du roi pour l'imprimer , portent le nom de Ségrais ; mais le témoignagne de l'évéque d'Avranches ne permet pas de douter que madame de La Fayette n'ait eu la principale part à sa composition. Quant au second, qui fut publié sous le voile de l'anonyme, avec une préface où i'auteur déclare qu'il se fera connaître si l'ouvrage réussit, tout porte à croire qu'il appartient sans partage à l'ingénieuse amie de M. de La Rochefoucauld.

Madame de La Fayette laissa en mourant plu sieurs autres ouvrages manuscrits, dont quelquesuns seulement ont vu le jour, mais sans jeter d'écla*; ce sont deux petites nouvelles intitulées : la Comtesse de Tende , et la Princesse de Montpensier ; c'est V Histoire d'Henriette d' Angleterre , belle-sœur de Louis XIV, tableau pâle et monotone de noirceurs et de galanteries, qui donne une fâcheuse idée de l'intérieur de cette cour au temps de sa plus grande splendeur; enfin, c'est une espèce de gazette pour les années 1688 et 1689, décorée du titre de Mémoires de la Cour de France^ où l'on découvre à peine, au milieu de

relations insipides , quelques légères malices sur madame de Maintenon, et les paroles suivantes sur Jacques II à Paris : « Ce prince alla descendre « aux Grands Jésuites, causa très-long-temps avec « eux, et se les fit tous présenter. La conversation a finit par dire qu'il était de leur Société ; cela « parut d'un très-mauvais goût... L'archevêque de « Reims, frère de M. de Louvois, le voyant sorte tir de la messe , dit d'un ton ironique : Voilà un (<ifort bonhomme ; il a quitté trois royaumes pour « une messe : belle réflexion dans la bouche d'un « archevêque! »

Les titres littéraires de madame de La Fayette, sont Zaïde et la Princesse de Clèves ^ qu'il faut pourtant ne pas confondre. Loin d'avoir réformé les romans en billots de Scudéry et de La Calprenède , Zaïde n'en est qu'un diminutif. Même échafaudage romanesque; une situation ingénieuse, mais sans vérité; absence de couleurs locales; ^ircharge d'épisodes ; ignorance absolue des mœurs musulmanes; sentimens distillés à l'hôtel de Rambouillet; dialogues sans fin, qui ressemblent à l'amour comme des plaidoyers de collège ressemblent à l'éloquence; enfin, je m'en accuse, de la Cléopâtre à Zaïde ^ je n'ai senti que le passage du genre assommant au genre ennuyeux; j'en excepte toutefois le style, qui, dans les écrits de madame de La Fayette, les bons comme les mé-

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