ACTE PREMIER SCÈNE PREMIÈRE
POLYEUCTE, Mi.^iRQUE.
KÉARQUE.
Quoi! vous vous arrêtez aux songes d'une femme!
De si faibles sujets troublent cette grande âmi'I Et ce cœur tant de fois dans la guerre éprou\é S'alarme d'un péril qu'une femme a rêvé!
POIAEUCTE.
Je sais ce qu'est un songe, et le peu de croyance Qu'un homme doit donner à son extravagance. Qui d'un amas confus des vapeurs de la nuit Forme de vains objets que le réveil détruit ; Mais vous ne savez pas ce que c'est qu'une femme; Vous ignorez quels droits elle a sur toute l'àme Quand, après un long temps qu'elle a su nouschar-
[mer.
Les flambeaux de l'hymen viennent de s'allumer. Pauline, sans raison dans la douleur plongée. Craint et croit déjà voir ma mort qu'elle a songée; F.lle oppose ses pleurs au dessein que je fais Et tâche à m'empêcher de sortir du palais. Je méprise sa crainte, et je cède à .ses larmes; Elle me fait pitié sans me donner d'alarmes; Et mon cœur, attendri sans être intimidé.