‹ Œuvres de P. et Th. CorneilleChapitre 187 sur 788 · FÉLIX, ALBIN, CLÉO.N · texte numérisé non relu

FÉLIX, ALBIN, CLÉO.N

rKi.ix.

.\lbin, as-tu bien vu la fourbe de Sévère? As-tn bien vu sa haine? et vois-tu ma misère?

Al.Cl.X.

Je n'ai vu rien en lui qu'un rival généreux. Et ne vois rien en vous qu'un père rigoureux.

FtUS.

Que tu discernes mal le cœur d'avec la mine! Dans l'âme il hait Félix et dédaigne Pauline! Et, s'il l'aima jadis, il estime aujourd'hui Les restes d'un rival trop indignes de lui. Il parle en sa faveur, il me prie, il menace, Et me perdra, dit-il. si je ne lui fais grâce; Tranchant du généreux, il croit m'épouvanter : L'artifice est trop lourd pour ne pas l'éventer. Je sais des gens de cour quelle est la politique, J'en connais mieux que lui la plus fine pratique. C'est en vain qu'il temiiète et feint d'être en fureur : Je vois ce qu'il prétend auprès de l'empereur. Me ce qu'il me demande il m'y ferait un crime; Épargnant son rival, je serais sa victime; Et, s'il avait affaire à quelque maladroit. Le piège est bien tendu, sans doute il le perdroit : Mais un vieux courtisan est un peu moins crédule; Il voit ijuaud on le joue et quand on dissimule; Et moi j'en ai tant vu de toutes les façons. Qu'à lui-même au besoin j'en ferais des leçons.

AIDIN.

Dieux! que vous vous gênez par cette défiance!

FÉLIX

Pour subsister en cour c'est la haute science.

Quand une fois un homme a droit do nous haïr,

.\ous devons présumer qu'il cherche à nous trahir;

Toute son amitié nous doit être suspecte.

Si Polyeucte enfin n'abandonne sa secte,

Quoi ([ue son protecteur ait pour lui dans l'esprit,

Je suivrai hautement l'ordre qui m'est prescrit.

ALGli\.

Grâce, grâce, seigneur! que Pauline l'obtienne!

Celle de l'empereur ne suivrait pas la mienne;

Lt, loin de le tirer de ce pas dangereux.

Ma bonté ne ferait que nous perdre tous deux.

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