‹ Œuvres de P. et Th. CorneilleChapitre 347 sur 788 · CLÉOPATRE, LAONICE · texte numérisé non relu

CLÉOPATRE, LAONICE

LAOmCE.

Enfin ce grand courage a vaincu sa colère.

CLEOPATRE

(Jue ne pinil point un fils sur 11' coiur d'une more!

LAO.VICE

Vos pleurs coulent encore, et ce cœur adouci...

CLÉOPATRE

Envoyez-moi son frère, et nous laissez ici. Sa douleur sera grande, à ce que je présume; Mais j'en saurai sur l'heure adoucir l'ameitume. ^e lui témoignez rien : il lui sera jilus doux D'apprendre tout de moi qu'il ne serait de vous.

SCÈiNE V

CLÉOPATRE

Que tu pénètres mal le fond de mon courage!

Si je verse des pleurs, ce sont des pleurs de rage;

Et ma haine qu'en vain tu crois s'évanouir,

Ne les a fait couler qu'alin de t'éblouir.

Je ne veux plus que moi dedans ma coiilidence.

Et loi, crédule amant, que charme l'apparence,

Et dont l'esprit léger s'attache avidement

Aux attraits captieux de mon déguisement,

Va, triomplie en idée avec ta Rodogune,

Au sort des immortels préfère ta fortune,

Tandis que, mieux instruite en l'art de rne venger,

En de nouveaux malheurs je saurai te plonger.

Ce n'est pas tout d' u n coup q ue tan t d'orgueil trébucl le :

De qui se rend trop tôt on doit craindre une embûche.

Et c'est mal démêler le cœur d'avec le front

Que prendre pour sincère un changement si pioinpl.

L'effet te fera voir comme je suis changée!

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