I.a perfide I Ce jour lui sera le dernier. Parle
incr.ACLiis.
J'achèverai devant le prisonnier.
Trouvez bon qu'un secret d'une telle importance. Puisque vous le mandez, s'explique en sa présence.
PllOCAS.
Le voici. .Mais surioul ne me dis rini pour lui.
sci:m: m
riioc.\s. iii:nAi:i.iL's, MAr.Ti.\N, K.XLi'iaiic,
Ti;oi:rE I'E cai:de5.
iiÉi;ACLu;s.
Je sais qu'en ma jirière il aurait peu d'appui; Et, loin lie me donner une inutile peine. Tout ce que je demande à votre juste haine, (l'est que de tels forfaits ne soient pas impunis; Perdez lîéKiclius, et sauvez votre fils : Vc^à tout mon souhait et toute ma prière. M'eu refuserez-vous'?
PlIOCAS.
Tu l'ûlitiendras entière :
Ton salut en effet est douteux sans sa mort.
SIAr.TIAX.
Alil prrnce! j'y courais sans me plaindre .tlu sori; Son indigne rigueur i\"est pas ce qui me touche : Mais en ou'ir 1 arrêt sortir de votre bouche! Je vous ai mal connu jusqucs à mon trépas.
, ' IILFIACLIIS.
Et même en ce momciit tu ne me connais pas. Ecoute, iière aveugle, et toi, prince crédLile. Ce que l'honneur défend que plus je dissimule. . Pliocas. epnnais ton^ang» et tes vrais ennemis : Je suis lliiraclins, et Léonce est ton fils.
MAI-.TIAX. ■
Seigneur, que dites-vous?
lïtRACMCS.
(Jue je ne puis plus taire (Jue deux fois Léontine osa tromper ton pfre ; Kl, semant île nos noms un insensible abus. Fit un faux Mariian ilu jeune lléraelius.
nioCAs.
.■(lanrice te dément, lâche, lu n'as qu'à lire : « Sous le nom de Léonce lléraelius respire. » Tu fais après cela des contes superllus.
imUiaclus.
Si ce billet fut vrai, seigneur, il ne l'est plus : J'étais Léonce alors, et j'ai cessé de l'être Quand Maurice immolé n'en a pu rien connaître.'^ ' .'s'il laissa par écrit ce qu'il avait pu voir, ('e qui suivit sa mort fut hors de son pouvoir. Vous piirtàtcs soudain la guerre dans la Perse, Où vous efites trois ans la fortune diverse; Cependant Léontine, étant dans le château lîeine de nos deslins et de notre berceau, l'our me rendre le rang qu'occupait votre race, Prit Martian pour elle et me mit en sa place. Ce zèle en ma faveur lui succéda si bien, ijuc vous-même au retour vous n'en connûtes rien;^ Et ces infirmes traits qu'à six mois a l'enfance, Ayant mis entre nous fort peu de différence. Le faible souvenir en trois ans s'en perdit : Vous priles aisément ce qu'elle vous rejidit. Nous vécûmes tous deux sous le nom l'un de l'autre : Il passa pour son fils, je passai pour le votre : Et je ne jugeais pas ce chemin criminel Pour remonter sans meurtre au trône paternel. .Mais, voyant cette erreur fatale à cette vie Sans qui déjà la mienne aurait été ravie. Je me croirais, seigneur, coupable infiniment Si je souffrais encore un tel aveuglement. Je viens reprendre un nom qui seul a fait son crime. Conservez voire haine et changez de victime. Je ne demand" rien que ce qui m'est promis : Perdez lléraelius et sauvez votre fils.
SIAP.TIAX.
Admire de quel fils le ciel t'a l'ait le père, Admire quel effort sa vertu vient de l'aire. Tyran : et ne prends pas pour une vérité Ce qu'invente pour moi sa générosité.
(\ llùroclius.'
C'est trop, prince, c'est trop pour ce petit servie: Dont honora mon hras ma fortune propice : Je vous sauvai la vie, et ne la perdis pas; Et pour moi vous cherche^ un assuré tri*|)as! Ahl si vous m'en devez quelque reconnaissance. Prince, ne m'ôtez pas l'honneur de ma naissance : .\voir tant île pitié d'un sort si glorieux. De crainte d'être ingrat, c'est m'ètre injurieux.
■ pnocA.s.
En quel trouille nicjctte une telle dispute! .-\ quels nouveaux malheurs m'expose-t-<'lle en hutte] Lequel.croire, Exupere, et lequel démentir? ' Tombé-je dans l'erreur, ou si j'en vais sprlir? Si ce billet est vrai, le reste est vraisemblable.
2Si
m': Il A CL lus.
ESOPEr.E.
Mais qui sait si ce reste est faux ou vérilalile?
IMIOCAS.
LéniiiiiK' ili'ux fois a pu tromper Phoeas.
F.NUPtRIC.
Elle a pu les changer et ne les chanfjer pas,
Kt plus <|ue vous, seif;neur, (Ji'dans riM(|uiéluile,
Je ne vois (jui' ilu tmulilc et Je riiicerliluJe.
IIKIIACIIIS.
Ce n"est pas d'aujounlliui que je sais qui je suis : Vous voyez quels effets en ont été produits. Depuis plus de quatre ans vous vojez quelle adresse J'apporte à rejeler l'hymen de la princesse, Oii sans doute aisénie}it mon cœur eût consenti, Si Léontine alors ne m'en eût :ivcrti.
.MAinnN.
Léontine?
Ml'l'.Ar.Lll'S.
Elle-même.'
MAiniAN.
Ah ! ciel ! quelle est sa ruse I Martian aime Eudoxe, et sa mère l'abuse. Par l'horreur d'un hymen qu'il croit incestueux, De ce prince à sa fille elle assure les vœux; Et son ambition, adroite à le séduire.
Le plonge en une erreur dont elle attend l'empire.
(!e n'est que d'aujoui'd'hui que je sais qui je suis; Mais de mon ignorance elle espérait ces fruits. Et me tiendrait encor la vérité cachée Si tantôt ce billet ne l'en eût arrachée.
PIIOCAS.
La méchante l'abuse a'ussi bien que Phoeas.
Exfi'i';i;E.
Elle a pu l'abuser ou ne l'abuser pas.
riiocAS.
Tu vois comme la fille a part au stratagème.
IXLPf.r.E.
Et que la mère a pu l'abuser elle-même.
PlIOCAS.
One de pensers divers! que de soucis flottants!
EMPÈIIE.
Je vous en tirerai, seigneur, dans peu de temps.
PlIlPCAS.
Dis-moi, tout est-il prêt pour ce juste supplice?
E\ccÈnE.
Oui, si nous connaissions le \ rai fils de Maurice.
iniiiACLiLs.
Pouvez-vous en Jouter après ce que j'ai dit?
MAIlTIAN.
Donnez-vous à l'erreur encor quelque crédit?
lltRACLUîs, à Narlian.
.■\mi,renils-nioi mon nom :1a faveur n'est pas grande; Ce n'est (jue pour mourir que je te le demande. Pieprends ce triste jour que tu m'as racheté. Ou renils-mui cet honneur que tu m'as presque 6té.
JIARTCAN.
Pourquoi, de mon tyran volontaire victime, Précipiter vos jours pour me noircir d'un crime? Prince, qui que je sois, j'ai conspiré sa mort.
El nos noms au dessein donnent un divers sort : Dedans Iléraclius il a gloire solide.
Et dedans Martian il devient parricide.
Puisqu'il faut que je rneiire illustre ou criminel, Couvert ou de louange ou d'opprobre éternel. Ne .souillez point ma mort et ne veuillez pas faire Du vengeur de l'empire un assassin d'un iiére.
nEr.Aci.ius.
.■^lon nom seul est coupable, et, sans plus disputer, Pour te faire innocent tu n'as qu'à le quitter; Il conspira lui seul, tu n'en es point complice. (;e n'est qu'lléraclius qu'on envoie au supplice : Sois son lils, tu vivras.
MAP.TIAN
Si je l'avais été.
Seigneur, ce traître en vain m'aurait sollicité; Et, lorsque contre vous il m'a fait entreprendre, La nature en secret aurait su m'en défendre.
lltRACIlL'S.
Ap|)rends donc qu'en secret mon cœur l'a prév en,'.. J'ai voulu conspirer, mais on m'a retenu; Et dedans mon péril Léontine timide...
MAIITIAX.
.\"a pu voir .Martian commettre un parricide.
lléllACI.ltS.
Toi, que de Pulchérie elle a fait amoureux. Juge sous les deux noms ton dessein et tes feux. Elle a rendu pour toi l'un et l'autre funeste, Martian parricide, Iléraclius inceste, Et n'eût pas eu pour moi d'horreur d'un grand forfait. Puisque dans ta personne elle en pressait leffct. Mais elle m'empêchait de hasarder ma tète. Espérant par ton bras me livrer nui conquête. Ce favorable aveu dont elle t'a séduit T'exposait aux périls pour m'en donner le friiit; El c'était ton succès qu'attenilait sa prudejice. Pour découvrir au peuple ou cacher ma naissance.