PHOCAS
Hélas! je nepuis voir qui des deux est mon fils; El je vois que tous deux ils sont mes ennemis. Eu ce piteux état quel conseil dois-ji^suivre.' J'ai craint un ennemi, mon bonheur mêle li\r,j; Je sais que de mes mains il ne peut se sauver. Je sais que je le vois et ne puis le trouver. La nature tremblante, incertaine, t'tonnée, D'un nuage confus couvre sa destinée :
L'assassin sous cette ombre échappe a ma rignei:;-. Et, présent à mes yeux, il se cache en mon cœur. Martian! A ce nom aucun ne veut répondre. Et l'amour paternel ne sert qu'à me confondre. Trop d'un Iléraclius en mes mains est remis; Je liens mon ennemi, mais je n'ai [dus dL»fils. Que veux-tn donc, nature, et que prélenJs-tu faire? Si je n'ai plus de fils, puis-je encore êlre jière? De quoi parle à mon cœur Ion murmure imparfait? Ne me dis rien du tout, oji parle tout à l'ail. Qui que.ce soit des deux que mon sang ait fait nailre. Ou laisse-moi le perdre ou fais-le-moi connaître. 0 toi, qui que, tu sois, ent'ant dénaturé.
ACTK IV, SCENi: V.
Et trop (ligne ilii suit qiio lu l'os piwiii-i', Jllqji Irùiii' est-il pour toi jilus honteux (lu'iui siiiiplici'? 0 n)allieureux l'hocasl 6 trop lieurenx Maurid'l Tu recouvres deux fils pour mourir après toi, Et je n'eu puis trouver |)our régner après moi! Qu'aux honneurs de ta mort je dois porter envie, Puisiiue mon propre lils les préfère à sa vie!
sci:N.E IV
niOCAS, IIHRACLIUS, MAUTIAN, CRISPE, EXUrÈRE, Ll'O.NTlNE.
CRISPE, à Pliocas.
Seigneur, ma diligence enfin a réussi : J'ai trouvé Léontine et je l'amené ici.
l'IlocAS, à Li'oiilinc.
Approche, nialhcureuse.
IIÉKACLIUS, à Léonliiio.
Avouez tout, madame.
J'ai tout dit.
LÉONTINE, p Hciaclius.
Quoi ! seigneur?
l'IIOCAS.
r Tu l'ignores, infâme!
QIni des deux est mon fils?
LÉO.MINE
Qui vous en fait douter?
nÙr,ACLU:S, à Léonlinu.
Le nom d'IIerailius (]ue son fils veut porter : Il en croit ce billet el votre témoignage; Mais ne le laissez pas dans l'erreur davantage.
PIIOCAS.
N'attends pas les lourments, ne me déguise rien. Ma.'^-lu livré ton iils? as-tu changé le mien?
LEIlNTIXn.
Je t'ai livré mon fils; et j'en aime la gloire. Si je parle du reste, oseras-tu m'en croire? Et i|ui t'assurera que pour Uéraclius, Moi qui t'ai tant trompé, je ne te trompe plus?
s- riiocAs.
N'importe, fais-nous voir quelle hante prudence En des temps si divers leur en fait confidence, A l'un depuis quatre ans, à l'autre d'aujourd'hui.
, LKOSTIXE.
Le seeretrn'en est su ni de lui ni de lui;
Tu n'en sauras non plus les véritahles causes:
Devine, si tu peux, et choisis, si tu l'oses.
L'un des deux est ton fils, l'autre est ton empereur. Trenihlff dans ton amour, tremble dans ta fureur, .le le veux toujours voir, quoi que tarage fasse, , Craindye lun ennemi dedans tivpropre race, Toujours aimer ton fils dedans ton ennemi, t-ans être ni tyran ni iièiequ'à demi.
Tandis(|u':iulour des deux tu perdras ton étude, Mini ;'iiiie jouira de ton inquiétude; Je rirai de ta peine; ou, si tu m'en punis, Ta perdras avec moi le secret de ton lils.
PIIOCAS.
Ht si je les punis tous deux sans les connatire, L'un comme Ileraclius, l'autre pour vouloir l'être?