‹ Œuvres de P. et Th. CorneilleChapitre 408 sur 788 · SCENE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIÈRE

D. elvii;e, d. alvar.

D. ELVIRE

Vous pouvez donc m'aiiner, et d'une âme bien saine Entreprendre un combat pour acquérir la reine! Quel astre agit sur vous avec tant de rigueur, (Ju'il force votre bras à trahir votre cœur? L'honneur, me dites-vous, vers l'amour vous excuse : Ou cet honneur se trompe, ou cet amour s'abuse ; Et je ne conîprends point, dans un si mauvais tour, Ni quel est cet honneur ni quel est cet amour. Tout l'honneur d'un amant, c'est d'être amant fidèle; Si vous m'aimez cncor, que prétendez-vous d'elle'? Et, s» vous l'acquérez, que voulez- vous de moi? Aurez-vous droit alors de lui manquer de foi? La mépriserez-vous quand vous l'aurez acquise?

D. ALVAR

Qu'étant né son sujet jamais je la -méprise!

D. LLVIIIE.

Que me voulez-vous donc? Vaincu par don Carlos, Aurez-vous quelque grâce à troubler mon repos? En serez-vous plus digne? et, par cette victoire, Répandra-t-il sur vous un rayon de sa gloire?

D. ALVAR

Que j'ose présenter ma défaite à vos yeux !

D. ELTIRE.

Que me veut donc enfin ce cœur ambitieux?

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