‹ Œuvres de P. et Th. CorneilleChapitre 432 sur 788 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

D. ISATiriJ.E, D. LiiONOl!, D. ELVIRE, CARLOS, U. JIA.M'.IUUE, D. LuI'E, D. ALVAR, lîLAXCllE,

D. ALVAR

Princesses, admirez l'orgueil d'un prisonnier, Qu'en faveur de son lils on veut calomnier.

Ce malheureux pêcheur, par promesse ni crainte, Ke saurait se résoudre à souffrir une feinte. J'ai voulu lui parler et n'en fais que sortir; J'ai tiiché, mais en vain, de lui faire sentir Combien mal à projios sa présence importune D'un (ils si généreux renverse la fortune. Et qu'il le perd d'honneur, à moins que d'avouer (juc c'est un lâche tour qu'on le force à jouer; J'ai même à ces raisons ajouté la menace : llien ne peut l'ébranler, Sanche est toujours sa racs; Et, quant à ce qu'il perd de fortune et d'honneur, Il dit qu'il a de quoi le faire grand seigneur, Et que plus de cent fois il a su de sa femme (Voyez qu'il est crédule et simple au fond de l'àine 1 ) Que, voyant ce présent qu'en mes mains il a mis, La reine d'Aragon agrandirait son fils.

(A D. Lcoiioi-.l

Si vous le recevez avec autant de joie, l\Iadame, que par moi ce vieillard vous l'envoie.

Vous donnerez sans doute à cet illustre fils L'n rang encor plus haut que celui de marquis. Ce bon homme en paraît l'âme toute comblée.

' D. Alvjr prcsenlc à D, Lt'onor un pclil éciiii qui s ouvre sans

tlef, uu moyen d'un ressort sccrel.)

D. ISAl;ELlE.

Madame, à cet aspect vous paraissez troublée.

D. lÉO.NOn.

J'ai bien sujet de l'être en recevant ce don. Madame, j'en saurai si mon fils >it ou non; Et c'est où le feu roi, déguisant sa naissance, D'un sort si précieux mit la reconnaissance. Disons ce qu'il enferme avant que de l'ouvrir. Ah ! Sanche, si par là je puis le découvrir, Vous pouvez être sûr d'un entier avantage Dans les lieux dont le ciel a fait notre partage; Et qu'après ce trésor que vous m'aurez rendu Vous recevrez le prix qui vous en sera dû. Mais à ce doux transport c'est déjà trop penne lire. Trouvons notre bonheur avant que d'en proniellrc.

Ce présent donc enferme un tissu de cheveux Que reçut don Fernand pour arrhes de mes vœux. Son portrait et le mien, deux pierres les plus rares Que forme le soleil sous les climats barbares, El, pour un témoignage encore plus certain. Un billet que lui-même écrivit de sa main.

UN GAr.DE.

Madame, don Raimond vous demande audicuco.

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