‹ Œuvres de P. et Th. CorneilleChapitre 436 sur 788 · ACTE r, SCÉMi II · texte numérisé non relu

ACTE r, SCÉMi II

Et rompu par sa iiiori U-s speclacles poinpinix Oii rcITmi ili; stm nom le clostiii.'iil clii'z eux. Par iMOU (loriii(n- coiiihal je voyais nninie I.a Cap|)ailûce entiéio avec la Ilitliyiiie, Lorstju u celle nouvelle, enllaniiné de courroux D'avoir perdu mon maître et de craindre pour vous, J'ai laissé mon armée aux mains de Théagone, l'our voler en ces lieux au secours do ma reine. Vous en aviez hesoin, madame, et je le voi, Puisque Flamiiiius olisi'dc encor le roi. Si de SOI! ari'ivce Annibat fui la cause, Lui mort, ce long séjour prétend (luelqueanlr.' chose; Et je ne vois que vous qui le puisse arrèlei'. Pour aider à mon frère à vous persécuter.

LAUDICE.

Je ne veux point douter que sa vertu romaine

N'embrasse avec chaleur Tintérèt de la reine :

Annilial, qu'elle vient de lui sacrifier,

L'engage en sa querelle et m'en fait défier.

Mais, seigneur, jusqu'ici j'aurais tort de m'en plaindre:

Et, quoiqu'il entreprenne, avez-vous lieu de craindre?

îla-gl'iire et mon amour peuvent bien peu sur moi

S il faut votre présence à soutenir ma foi,

Et ïi je puis tomber en cette frénésie

De préférer Atlale au vainqueur de l'Asie; '

Attale, qu'en otage ont nourri les Romains,

Ou plutôt qu'en esclave ont façonné leurs mains.

Sans lui rien mettre au cœur qu'une crainte servile

Qui tremble à voir un aigle, et respecte un édile!

MCUMiiUE.

Plutôt, plutôt la mort, que mon esprit jaloux Forme des SMiliments si peu digues de vous ! Je crains la violence, et non votre faiblesse; Et si Rome une fois contre nous s'intéresse...

lAODICE.

Je suis reine, seigneur; et Rome a beau tonner, Elle ni votre roi n'ont rien à m'ordonner; Si de mes jeunes ans il est dépositaire. C'est pour exécuter les ordres de mon père : Il m'a donnée à vous, et nul autre que moi N'a droit de l'en dédire et me choisir un roi. Par son ordre et le mieu, la reine d'Arménie Est due à 1 héritier du roi de Bithynie, Et ne prendra jamais un conir assez abject Pour se liàsser réduire à l'hymen d'un sujet : Mettez-vous en repos.

MCO.MCDIi.

Et le puis-je, madame.

Vous voyant exposée aux fureurs d'une feniine Qui, pouvant tout ici, se croira tout permis Pour se mettre en état de voir régner son lils? Il n'est rien de si saint qu'elle ne fasse enfreindre. Qui livrait Annibal pourra bien vous conlraimlre. Et saura vous garder même fidélité Qu'elle a gardée aux droits de l'hospitalité.

LAODICE

Mais ceux de la nature ont-ils un privilège Qui vous assure d'elle après ce sacrilège'.' Seigneur, votre retour, loin de rompre ses coups.

Vous expose vous-même et m'expose après vous. Comme il est fait sans ordre, il passera pour crime; Et vous serez bientôt la première viclime Que la mère et le lils, ne pouvant m'ébranler, Pour m'ôter mon ap[mi se voudront immoler. Si j'ai besoin de vous de peur qu'on me contraigne. J'ai besoin que le roi, qu'elle-même vous craigne. Retournez à l'armée, et, pour me protéger. Montrez cent mille bras tout prêts à me venger. Parli'z la force en main et hors de leur atteinte : S'ils vous tiennent ici, tout est pour eux sans crainte. Et ne vous Ualtez point ni sur votre grand cœur Ni sur l'éclat d'un nom cent et cent fois vainqueur; Quelque haute valeur que puisse être la vôtre, [tre; Vousn'avez en ces lieux que deux bras comme un au- Et, fussiez-vous du monde et l'amour et l'effroi, Quiconque entre au palais porte sa tête au roi. Je vous le dis encor, retournez à l'armée; Ne montrez à la cour que votre renommée; Assurez votre sort pour assurer le mien; Faites que l'on vous craigne et je ne craindrai rien.

MCOMÈDE.

Retourner à l'armée! ah! sachez que la reine La sème d'assassins achetés par sa haine; Deux s'y sont découverts que j'amène avec moi Alin de la convaincre et détromper le roi. Quoiqu'il soit son époux, il est encor mon père; Et, quand il forcera la nature à se taire, Trois sceptres à son trône attachés p;ir mon bras Parleront au lieu d'elle et ne se tairont pas. Que si notre fortune à ma perte animée La prépare à la cour aussi bien (ju'à l'armée, Dans ce péril égal qui me suit en tous -lieux, Jl'envierez-vous l'hoiinenr de mourir a vos yeux?

LAODICE

Non, je ne vous dis plus désormais que je tremble. Mais que, s'il faut périr, .nous périrons ensenible.

Armons-nous de courage, et nous ferons trembler Ceux dont les lâchetés pensent nous accabler. Le. peuple ici vous aime et hait ces cœurs infâmes; Et c'est être bien fort que régner sur tant d'âmes. Mais votre frère Attale adresse ici ses pas.

NICOJlÈDE.

11 ne m'a jamais vu, ne me découvrez pas.

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