ACTE IV, SCKNE
SGI
Il est beau dVHaler celle préroffative
Alix yeux du Hli6iie esclave et ilo Kome captive; .
Et de voir envier aux peuples abattus
Ce respect ([ue le sort garde jwur les vertus.
(Jiuint au grand l'erpeuiia, s'il est si redoutable, Peniii'itez-iiioi le soin de le lendre traitable : Je sais l'art d'einpéclier les grands cuturs de faillir.
StllTOllIUS.
Mai.s iiiiel fruit iiensez-vous en pouvoir recueillir.'
Je le sais coiniue vous et vois quelles tempêtes
(.'et ordre surprenant formera sur nos têtes.
.Ne cherchons point, inadaine, à faire des mutins.
Et ne nous brouillons point avec nos bons deslins.
Home nous donnera sans eux assez de peine,
Avant ijue de souscrire à riiyinen d'une reine;
Et nous n'en lléchirons jamais la dureté,
A moins qu'elle nous doive et gloire et liberté.
VIKIATE.
Je vous avouerai plus, seigneur : loin d'y souscrire, Elle en prendra pour vous une haine où j'aspire, Un courroux implacable, un orgueil endurci; Et c'est par où je veux vous arrêter ici. (Juai-jeà faire dans Rome'? et pourquoi, je vousprie...
SEKTORIUS
Mais nos Romains, madame, aiment tous leur pairie; Et de Ions leurs travaux l'unique et doux espoir. C'est de vaincre bientôt assez pour la revoir.
vini.iiE.
l'our les enchaîner tous sur les rives du Tage, Xuus n';wons qu'à laisser Rome dans l'esclavage ; Ils aimeront à vivre et sous vous et sous moi. Tant qu'ils n'auront qu'un choix d'un tyran ou d'un sEiauuius. [roi.
Ils ont pour l'un et l'autre une pareille haine, Et n'obéiront point au mari d'une reine.
MIII.ME.
(Ju'ils aillent donc chercher des climats à leur choix. Où le gouvernement n'ait ni tyrans ni rois. ÎSos Espagnols, formés à votre art militaire. Achèveront sans eux ce qui nous reste à faire.
La perte' de Sylla n'est pas ce que je veux; Rome attire encor moins la ficrlé de mes vœux : E'hyinen où je prétends ne peut trouver d'amorces Au niflieu rl'une ville où régnent les divorces. Et du haut de mon trône on ne- voit point d'attraits Où I on n'est roi qu'un an, pour n'être rien après. Enlin, pour achever, j'ai fait pour vous plus qu'elle : l'Jle vous a banni, j'ai pris votre querelle; Je conserve des jours qu'elle veut vous ravir, l'rcnez le diadème et laissez-la servir. Il (Si beau de tenter des choses inou'ies, hùt-on voir par l'effet ses volontés trahies, l'our moi, d'un giand Romain je \ eux faire un grand Vous, s'il y faut périr, périssez avec moi : [roi; C'est gloire de se perdre en servant ce qu'on aime.
SEKTORlUS.
Mais porter dés l'abord les choses à l'extrême, .Madame, et sans besoin faire d(>s méconlents! Soyonsheureux plus tard pour l'èlre plus longtemps.
l'ne victoire ou deux jointes à quelque adresse...
vnUATE.
Vous savez que l'amour n'est pas ce qui me presse, ."Seigneur. Mais, après tout, il faut le confesser, Tant de précaution commence à me lasser. Je suis reine; et qui sait porter une couronne, (Juand il a prononcé, n'aime point qu'on raisonne. Je vais penser à moi, vous penserez à vous.
sEnionius.
Ah! si vous écoutez cet injuste courroux...
VIIIIATE.
Je n'en ai point, seigneur; mais mon inquiétude Ne veut plus dans mon sort aucune incertitude : Vous me direz demain où je dois l'arrêter. Cependant je vous laisse avec qui consulter.