le pouvoir suprême enhardit bien l'amour
Si Néron qui m'aimait osa m'ôter l'oppée,
Jugez, pour ressaisir votre main usurpée,
'Jui'l scrupule on aura du plus noir attentat
lionlre un rival ensemble et d'amour et d'Ktat.
Il n'est poiiU ni d'exil, ni de Lusilauie,
(Jui dérobe à l'ison le reste de ma vie;
l!l ji' sais trop la cour pour douter un moment,
Uu des soins de sa haine ou de l'événement.
CAMUl.E.
Et c'est là ce grand conir iiu'on croyait intrépide! Le péril, comme un autre, à mes yeux I inliniide: Kl pour mouler au trône et pour me posséder Son espoir le plus beau n'ose rien hasarder! Il redoute PisonI Dites-moi donc, de grâce, Si d'aimer en lieu même on vous a vu l'audace, .Si pour vous et pour lui le trône eut même appas. I Lli's-vous moins rivaux pour ne m'éiiouser pas'? A quel droit voulez-vous que celte haine cesse Pour qui lui disputa ce trône et sa njaftresse, El (ju'il veuille oublier, se voyant souverain, (Jne vous jouvez dans l'ànie en garder le dessein? Ne vous y trompez plus : il a vu dans cette âme El votre ambition et toute votre flamme, Kt peut tout contre vous, à moins que contre lui Mon hymen chez Galba vous assure un appui.
OIllON.
Eh bien, il me perdra pour vous avoir aimée;
Sa haine sera douce à mon âme enflammée;
El tout mon sang n'a rien que je veuille épargner,
Si ce n'est que par là que vous pouvez régner.
Permeltez cependant à cet amour sincère
De vous redire encor ce qu'il n'ose vous taire.
En l'étal qu'est Pison, il vous faut aujourd'hui
l'ienoncer à l'enipire ou le prendre avec lui.
Avant qu'en décider, pensez-y bien, madame:
("est votre intérêt seul qui l'ail parler ma flamme.
Il est mille douceurs dans un grade si haut
Où peut-êlre avez-vous moins pensé qu'il ne faut.
Peut-être en un moment serez-vous détrompée;
El, si j'osais encor vous parler de Poppée,
Je dirais que sans doute elle m'aimait un peu,
El qu'un troue alluma bientôt un autre feu.