COMÉDIE E.V VERS E.V CINQ ACTES
« Je ne me suis jamais imaginé avoir rien mis au jour de parfait; je n'espère pas même y pouvoir jamais arriver : je fais néanmoins mon possible pour en approcher; et les plus beaux succès des autres ne produisent en moi qu'une vertueuse émulation, qui me fait redoubler mes efforts, afin d'en avoir de pareils.
« .le vois d'un œil égal croilre le nom d'nuirui,
« Et tàdie à ni'élcvei" aussi haut connue lui,
a Sans hasarder ma peine à le faire descendre.
« l.a gloire a des Iré'sors qu'on ne peut épuiser;
« El, plus elle en prodigue à nous favoriser,
« l'Ius elle en garde encore où chacun peut prélendre.
« Pour venir à cette Sidcniitc que je vous dédie, elle est d'un genre qui demande plutôt un style naïf que pompeux : les fourbes et les intrigues sont principalement du jeu de la comédie; les passions n'y-^entrent que par accident. Les règles des anciens sont assez religieusement observées en celle-ci. 11 n'y a qu'une action principale, à qui toutes les autres abûutissejit; son lieu n'a point plus d'élenduc
qu'' celle du tbi'àlre, et le temps n'en est point plus long que celui de la représentation, si vous en exceptez l'heure du dîmu', qui se [lasse r.iiire le premier et le second acte. La liaison même des scènes, qui n'est qu'un emhellissemiMit, y est gardée; et, si vous prenez la peine de coin|iter les vers, vous n'en trouverez pas en un acte plus (ju'cn l'autre. »
(Corneille. Èpllre dcdicatûirc)