‹ Œuvres de P. et Th. CorneilleChapitre 576 sur 788 · ACTE rP.rMIEP · texte numérisé non relu

ACTE rP.rMIEP

Tbéante aime Daphnis, et cependant il passe pour être épris des charmes de la suivante. Afin d'entretenir plus librement sa véritable matlresse, il a introduit chez elle Florame, son ami, (jui, s'occupant d'Amarante (la suivante), le délivrera de sesimportunités. Damon, un ami commun, blâmant Théanle de cette imprudence, celui-ci répond :

Kcciule, et tu verras si je suis maladroit: Tu sais conmic Florame à tous les beaux visages l'ait par civilité toujours de feints homniages; Et, sans avoir d'anjour, oflrant pinlout des vœux. Traite de peu d'esprit les véritables léux. Un jour i|u'il se vantait de celte humeur élraitge A qui chaque objet plaît, et que pas im ne range, V.l r-eprochait à tous que leur peu de beauté Lui laissait si longtemps garder sa liberté, « Florame, dis-je alors, .ton âme inditlérenfe « Ne tiendrait que fort peu contre mon Amai-ante « — Théante, me dit-il, il faudrait ré|>rouver. o Mais, l'éprouvant, peut-être on le ferait rêver : (I Mon feu, qui ne serait que pure cointoisie, « La remplirait d'iuiiour, et loi de jalousie. » Je réplique, il repart, et nous tondjons d'accoi'd Qu'au hasard du succès il y lérail cllbrt...

' Damon lui répète qu'il a commis une grande imprudence en introduisant dans cette maison Florame, qui brille en secret pour Daphnis et qui le lui a avoué. De crainte d'être surpris par Florame, dont il est le confident, il se relire et laisse Théante à ses réflexions.

Avec une feinte bonhomie, Florame avoue à son ami que rien n'est au-dessus de son amour pour Amarante, mais que, le cœur de cette beauté étant tout à Tbéante, if est prêt à se sacrifier et à entretenir sans cesse Daphnis pour favwiser les deux amanls. Théante le remercie de son zèle, et le laisse seul avec Amarante, qui survient, pour courir auprès de Daphnis.

S'apercevant que Florame pense bien moins ;'i elle-même ([u'à Daphtiis, la suivante l'entraîne, sous prétexte d'aller rejoindre sa maîtresse dans le jardin, du cûté opposé à celui par lequel elle la voit s'avancer.

Aux plaisanteries de Daphnis sur l'imprudence qu'il commet en laissant Florame entretenir Amarante, Tbcanle répond qu'il n'a aucun lieu de craindre.

Et, pour ce ch,i!igement.

Elle a de trop bons yeux et trop de jugement.

EXAMEN ANALYTIQUE

IIIT'PIMS.

Vous If nii'prisi'/, trop : je li-(nive on iui des clianufs Qui viiiis itt'vr.'iieiit du moins donner (luelfjties ;il.n"incs. <'d:irtinond n'a de moi que h:nnc et (|ue ri.iiueur; îlais, s'il lui ressend)lail, il g.i'^nerail mon cœur.

Amarante ot Floranio reviennent; TliéanU^ se retire avec son ami.

Pour soniler les intentions d'Amarante, Daplinis lui eonseilli^ de faire à Klorame un aeeueil (|ui ne puisse porter ombrage à Tliéantc, qui, dit-elle, est venu lui conter ses cliagriiis. La suivante répond que c'est Tliéante lui-même qui lui a présenté Florame, et (|ue, s'il paratt lui faire la cour, ce n'est qu'afin de cacher son amour pour Daplinis.

Hestée seule, la suivante se promet de déjouer les projets que sa maîtresse a sur Florame, sans toutefois s'abuser sur la valeur des protestations qu'il lui a adressées. Elle usera donc de tous ses moyens pour les empêcher de se voir.

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