LI.INDOR
Ce sérail bien courir lui-même à son malbcur.
H.U'AMOHL.
Lorsque j'ai ma beauté je n'ai point ma valeur.
c!.iM:on.
Cessez d'être chirmanl, et l'aiies-vous terrible.
SIAXAMOr.E.
liais lu n'en prévois pas l'accident iuraiUiblc : Je ne saurais nie l'aire effroyable à ileriii; Je tuerais ma maîtresse avec mon eimemi. Attendons en ce coin l'heure qui les srpare.
»■ CLlSDon.
Comme votre valeur votre prudence est rare.
Adfasle so plaint à IsabfUc de ce qu'elle ne veut point croire à son amour.
ISABELLE
Je ne sais pas, monsieur, tle quoi vous me blâmez . Je me connais aimable, el crois qne vous m'aimez; Dans vos soupirs ardents j'en vois trop d'apparence; Kt. quand bien de leur part j'aurais moins d'assurance, Pour peu qu'un bonnête homme ait vers moi de crédit, Je lui fais la faveur de croire ce qu'il dit. llendez-moi la paroille; et, puisqu'à votre flamme Je ne déguise rien de ce que j'ai dans l'iime, Faites-moi la faveur de croire sur ce point Que, bien que vous m'aimiez, je ne vous aime point.
Piqué de ce ton railbHir, Adfaste se retire, el Slatamore revient aussilùt.
lîbbien, dès qu'il m'a vu comme il a pris la fuite! Jl'a-l-il bien su quitter la place au même instant I
Pendant qu'il offre à Isabelle des rois pour valets, des sceptres et des couronnes, un page vient lui annoncer un courrier de la reine d'Irlande.
Profilant de l'absence de Matamore, Clindor dit à Isabelle que ce page est payé par le Gascon pour venir d'heure en heure remplir pareille mission auprès de Jui. Il proteste de son amour; et, recevant une réponse encourageante,^'écrie :
Dieu! qui l'eût jamais cru que mon sort rigoureux Se rendit si lacile à mon cœur amoureux? Banni de mon pays par la rigueur d'un père, Sans support, sans amis, accablé de misère, Et réduit à lia' 1er le caprice arrogant 4
El les vaines humeurs d'un maître extravagant; Ce pitoyable étal de ma triste fortune K'a rien qui vous déplaise ou qui vous importune; Et d'un rival puissant les biens et la grandeur Obliennent moins sur vous que ma sincère ardeur.
ISABELLE
C'est comme il faut choisir : un amonr véritable S'atlache seulement à ce qu'il voit aimable...
Elle aura cependant bien des obstacles à surmonter, son père ayant fait un autre choix. Adraste paraîl, et elle se retire.
Le malheureux amant menace Clindor de le battre s'il le voit encore parler à Isabelle; celui-ci s'éloigne de son rival, à qni il jure qu'il le punira de cet affront.
Lyse, la jalouse suivante d'Isabelle, confie à Adraste que le valet du prince des fous (c'est-à-dire de Matamore) est aimé de celle que li!i-mi''me recherche. Elle reçoit de lui un diamant, et s'engage à lui faire voir sa maîtresse avec (Clindor et à le mettre à même de se venger de celui-ci, dont elle-même est amoureuse en secret. — ISestée seule, elle se dit :
Je ne mérite pas l'honneur de ses caresses! Vraiment c'est pour son nez, il lui faut des maîtresses ! Je ne suis que suivante! Et qu'est-il que valet? ^'i'son visage est beau, le mien n'est pas trop laid Il se dil riche el noble, et cela me l'ail rire : Si loin de son pays qui n'en peut autant dire? (^u'il le soit; nous verrons ce soir, si je le tiens. Danser sous le cotrel sa noblesse et ses biens.
Alcandre et Pridamant sortent de la grotte, le second fort inquiet des menaces de Lyse; le magicien l'assure qu'elle aime trop Clindor pour le laisser battre.