‹ Œuvres de P. et Th. CorneilleChapitre 603 sur 788 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

Paulin remplit sa mission auprès de Théodore, qu'il a fait sortir de son cachot. Elle exprime sa juste horreur, et se conservera pure à Vcponx srois iitnculc.

Placide congédie Paulin. Accusé par la jeune chrétienne d'être le complice de son père, il dissipe ses injustes soupçons et lui offre de l'aider à fuir : retirée en Êgyide, dont il est gouverneur, elle pourra suivre avec sécurité le nouveau culte.

TIILO[)ORE.

N'espi'rez pas, seigneur, que mon sort déplorable Me puisse à votre amour rendre plus lavorable, l^t cjue d'un si grand coup mon esprit abattu Déière à ses malheurs plus qu'à voire vertu, .le l'ai toujours connue e* loujouis estimée; .le l'ai plainte souvent d'aimer sans être aimée; El par tous ces dédains où j'ai su recourir J'ai voulu vous déplaire alin de vous guérir. I*ouez-en le dessein, eu apprenant la cause, l'u obstacle éternel à vos desseins s'oppose : Chrétienne, et sous les lois d'un plus puissant époux... Mais, seigneur, à ce mot ne soyez point jaloux, linéique haute splendeur que tous teniez de lîome, Il est ]]|us grand que vous : mais ce n'est point un bnumie; C'est le Dieu des ibréliens, c'est le maître des rois, C'est lui qui tient ma loi, c'est lui dont j'ai lait cboi.\... Ne nie parlez, seigneur, ni d'hymen ni de fuile:

C'e-t changer d'inl'amie, et non pas l'évilcr;

l.oiu de m'en garairlir, c'est m'y précipiter.

Mais, pour braver Marcelle et m'alfranchir de liontc,

Il est une autre voie et jilns si'irc et plus prompte,

t.tuc dans l'éternité j'aurais lieu de bénir,

l.a mort; et c'est de vous que je dois l'obtenir...

()u . si quelque tendresse

A ce bras généreux iinjuirue sa l'aililesse, Si du sang d'une liili^ il craint de se rougir, Armez, armez le mien, et le lais^ez agir.

Placide refuse de servir cet affreux dessein; elle reste inflexible à son égard.

Marcelle survient, réprimande Paulin, et fait reconduire la prisonnière dans son cachot. — S'adressant ensuite à Placide, elle lui dit que c'est à ses nienacesde venger la niorldesamaîliesseque celle-ci est redevable de ne subir que le supplice de la prostitution. D'abord transporté d'indignation, il finit par tomber aux pieds de sa cruelle et ironique marâtre, qui feint de se laisser attendrir. Elle l'envoie auprès de Flavie, que le chagrin va conduire au tombeau, afin de lui donner quelque espoir : en récompense, Théodore recevra sa liberté.

Placido sort; Marcidle ordonne à Stéphanie, sa confidente, d'aller chez Flavie, où, en prolongeant l'entretien, elle s'efforcera de retenir Placide. Ce temps, elle-même l'emploiera à agir.

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