PHORBAS
Que j'ai lieu de bénir ton retour fortuné! Qu'as-tn fait de l'enfant que je t'avais donné? Le généreux Thésée a fait gloire de l'élre; Mais sa preuve est obscure, et lu le dois connaître Parle.
IPHICRATE
Ce n'est point lui; mais il vit en ces lieux. pnopcAS.
Nommez- le donc, de grâce. »
iriiitnATE. ■
Il est devant les yeux.
PIIORDAS.
Je lie vois que le roi.
irin RATE.
C'esi lui-même.
rilORBAS.
Lui-même I
IIHICRATE.
Oui : le secret n'est plus d'une importance exticmc ; Tout Corintbe le sait. Nomme-lui ses parcnls.
PHORCAS. ■
En fussions-nous tous trois à jamais ignorants I
IPHICRATE
. Seigneur, lui seul cnlin peut dire qui vous êlcs.
ŒDIPE
Hélas! je le vois trop, et vos craintes secrètes, Qui vous ont empêché de vous entr'éclaircir, Loin de tromper l'oracle, onl fait tout réussir. Vovcz où m'a plongé votre l.uisse prudence. Vous cachiez ma retraite, il cacliait ma naissance. Vos dangereux secrets par un commun accord M ont livré tout entier aux rigueurs de mon sort Ce sont eux qui m'ont lait l'assassin de mon père, Ce sont eux qui m'ont fait le mari de ma mère. D'une indigne pitié le fatal contre-temps Confond dans mes vertus ces forfaits éclatants :
EXAMEN ANALYTIQUE
Elle fait voir en moi, par un niôlango infâme, l.e livre «le mes fils cl le fils de ma femme. I.e ciel l'avail préilil, vous avez achevé, lit vous avez tmit fait quand vous m'avez sauve.
Direé outre; 0"Jipo lui fait connaître qu'elle est fa sunir cl rend grâces aux <lioux. qui n'ont i)oint permis que l'innocence payât pour le crime.
luncL.
Quel crime avcz-vous fait ipie délie malheureux?
ŒOll'E.
Mon souvenir n'est plein cpic d'cxploils jiénéreflx; Ocpcnd.inl je me trouve iiiccsle cl parricide, Sans avoir l'ait un pas que sur les pas J'Alcide, Ni recherché partout que lois à niaiiUenir, Que monstres à détruire et méchants à punir. Aux crimes ma!i;ré moi l'ordre du ciel mallache ; Pour m'y faire tonifier à moi-même il me cache ; Il offre, en m'aveupi ml sur ce qu'il a prédit. Mon père à mon épée cl ma mère à mou lit... riais, si les dieux in'cmt fail la vie abominable. Ils m'en font par pilié la sortie lioii»ndile, i'uisqu'enfin leur faveur mêlée à leur courroux Me condamne à mourir pour le salut de tous. Et qu'en ce ménie leinps qu'il faudrait que ma vie Des crimes qu'ils m'ont faits traînât l'ignominie,
P L'éclat de ces verlus que je ne liens pas d'eux
Ueçoit pour récompense un trépas glorieux.
Thésée survient; OEdipe lui recommande Dircé,
dont le courroux céleste ne doit plus demander le saiifr. et il sort.
.\érine vient instruire les deux amants que la reine s'est poignardée pour imiter l'horbas, dont elle leur raconte ainsi la fin tragique :
Ce malheureux vieillard n'a pu se pardonner
Il s'est jclé d'abord aux genoux de la reine.
Où, détestant lef.el de sa prudence vainc,
« Si j'ai sauvé ce fils pour élre votre époux
M Et voir le roi son père expirer sous ses coups,
i( A-t-il dit, la pilié, qui me fil le minisire
K De loul ce que le ciel eut pour vous de sinistre,
« Fail place au desespoir d'avoir si mal servi.
« Pour veniier sur mon sang voire ordre mal suivi. . »
Cet arrêt qu'à nos yeux lui-même il se prononce
Esl suivi d'un poignard qu'en ses lianes il enfonce.
Dymas anmmce qu'OEdipe s'est crevé les yeux.
11 vit et ne vil plus, il esl mort et respire...
Enfin, la peste suspend tout à coup ses ravages; mais la lille de l.a'ius et son futur époux ajournent leur hymen à des temps meilleurs.