‹ Œuvres de P. et Th. CorneilleChapitre 620 sur 788 · LA TOISON D'OR · texte numérisé non relu

LA TOISON D'OR

Tn.VCÉnll! EN CI.XQ ACTES. — ICCI.

Cette pièce fut composée à l'occasion du mariage (",e Louis XIV et de la paix d'Espagne. — Dans le prologue, excellent modèle en ce genre, la France dit à la Victoire :

rtoiix charme des héros, immortelle Vicloire, Ame de ItMir vaill.incc cl source de Icui gloire. Vous qu'on fait si volage, et qu'on voit loiitcfoi^ Si constante à me suivre et si ferme en ce choix, Ne vous oll'enscz pas si j'arrose de larmes Celle illustre union qu'ont avec vous mes armes, Et si Ans faveurs même obstinent mes soupirs .\ pousser vers la Paix mes plus ardents désirs. \'ous faites qu'on m'esliine aux deux bouls de la terre. Vous faites qu'on m'y craint; mais il vous faut la guerre, Et, quand je vois quel prix me coûleni vos lauriers, J'en vois avec chagrin couronner mes guerriers.

La Victoir.^ s'étonne de ces reproches, elle qui fait marcher l'cflroi devant les fils de la France! Celle-ci repond :

Ah! Vicloire, pourlils n'ai-je que des soldats? La gloire qui les couvre, à inoi-mènie funeste, .Sous mes pins beaux succès fait trembler tout le rcsic; Us ne vont aux combats que pour me protéger. Et n'en soricut vainqueurs que pour me ravager. S'ils renversent des murs, s'ils gagnent des batailles, Ils prennent droit par là de ronger mes eiilrailles; Leur retour me punit de mon trop de bonheur, Et mes bras Iriompliauts me déchircnl le cœur. A vaincre tant de fois mes forces slaffaiblisscnl; l.'Élat est florissant, mais les peuples gémissent : Leurs membres décharnés courbent sous mes baiilsfails, El la gloire du trône accable les sujets.

La Paix, accompagnée de l'Uyménée, s'adresse à la France :

l'ais éclater ta joie en de pompeux spectacles; Ton Ibéàlre a souvent d'assez riches couleurs ^

Pour n'avoir pas besoin d'emprunter rien ailleurs Ose donc, et fais voir que ta reconnaissance...

■LA FllANCC.

De grâce, voyez mieux quelle est mon impuissance . Est-il effort humain qui jamais ail tiré Des spectacles pompeux d'un sein si déchiré? Il fiiidrait que vos soins par le cours des années...

L'uVMt.NÉE.

Ces Irails divins n'ont pas de forces si bornées : Mes roses et mes lis par eux en un iiiomciil A ces lieux désolés vont servir d'ornenienl. Pi omets, cl tu verras l'elTel de ma parole.

LA ruAsct:.

J'enli éprendrai beaucoup ; mais ce qui m'en console. C'est que sous voire aveu...

LUÏMCSÉE.

Va, n'appréhende rien; ?\ous serons à l'envi nous-mêmes ton soutien. Porte sur son Ihéàlrc une chaleur si belle, One des plus heureux temps l'éclat s'y renouvelle; ^ous en partagerons l.i gloire et le souci...

LA CAIX. *

Allons sans plus tarder mcllre ordre à les speclacles; El, pour les commencer par de nouveaux miracles. Toi. qui rends tout-puissant ce chef-d'œuvre des cieiix, Hymen, fais-lui changer la face de ces lieux.

l'iiymcsle, ?eul.

Naissez àjCet aspect, fontaines, fleurs, bocages;^ Chfssez de ces débris les funestes images, J^ Et formez des jardins tels, cpi'avec quatre TOls Le grand art de Médée en fit nailro à Colchos.

(Toii! Il- Illettré so cIuiiiïl' on un j.lrdin inagnifiquo. ;"i l;i,viic du iu>itr.iil de la luiiu;, (]uc rityiiieiiée lui prosyiilo. )

Au premier acte le théâtre représente donc un grand jardin.

EXAMEN ANALYTIQUE

Pour prix de ses exploits, Jason a Jemandil à Arête la faineuse Toison d"Or. MùdOe, q,ui s'allriidait à le voir solliciter sa main auprès de son père, lui fait le tableau des périls à surinouter.

Poui' voir celle (li'poullle au dieu M;irs consacrée,

A tous tians sa l'ori't il permet libre entrée;

M:iis pour la conquérir qui s'ose Inisardcr

Trouve un alt'reux dragon commis à la garder.

lîien n'écli.ippe à sa vue, et le sommeil sans force

l'ait avec ^ paupière un éternel divorce; 6

l.iî combat conln; lui ne le sera permis

Qu'après deux fiers taureaux par ta valeur soumis :

Leurs yeux sont tout dr- llainme, et leur brûlante lialeine

D un long embrasement couvre toute la plaine.

Va leur faire souffrir lejoujet l'aliruillon, Ouvrir du cbainp de Mars le funeste sillon; (l'est ce (ju'il le l'aut faire, et dans ce cbamp borriblc Jeter une semence encore plus terrible.

Qui soiulain itroduini des escadrons armés Contre la mèine main qui les aura semés; Tous, ïitôt qu'ils naîtront,' en voutiront à ta vie : Je vais moi-même à tous redoubler leur furie.

Le deuxième acte se passe dans un paysage agréable.

Envoyée par Neptune pour traverser les projets des Argonautes et de Jason son ainanl?»'Hypsipile a inspiré de rainour à Alisyrte, frère de Médée, mais elle aime encore le peiiide :

L'inconstance me l'ôte, elle peut me le rcuLbe.

ARSYRTE.

, Quoi! vous pourriez l'aimer, s'd rentrait sous vos lois

■, En devenant perfide une seconde fois?

IIYPSIPILE .

l'rincc, vous savez nrjl combien cliarnie tm courage Le plus frivole espoir do reprendre un volage; I)e le voir, malirré lui, dans nos fers retombé, ticbappcrà l'objet qui nous l'a dérobé, l'A sur une rivale et confuse et trompée lîessaisir avec gloire une place usurpée. ^i le ciel en courroux m'en refuse rininnotu*. Du moins je servirai d'obstacle il son bonheur.

Le troisième acte a lieu dans le palais d'Aœtc.

Inslrtiil par un songe que le salut de son État dépend de la conservation de la Toison, Aœte s'efforce de détourner Jason de son entreprise.

Vous présumer perdu sur la foi d'un scrupule Qu'embrasse a\euglément votre âme trop ciédule, Comme si sur la peau d'un cliélil animal Le ciel avait écrit tout votre sort fatal !

, Vous persistez! répond le roi; vous n'avez donc jamais aimé Médée'? Supposition que Jason repousse comme un outrage.

Dans une autre scène, Ilypsipile adresse à Jason des reproches, des menaces, de tendres paroles :

Je ne t'empécbe pas, volage, de changer; Mais du moins, en changeant, laisse-moi me venger ; C'est èfre trop cruel, c'est trop croître l'olVense, Que ni'ôler à !a fois ton cœur et ma vengeance; Le supplice où In cours la va trop tôt finir. Ce n'est pas me venger, ce n'est que te punir; El loute sa rigueur n'a rien qui me soulage, S'U n'est de mou souhait et lechoix et l'ouvrase.

Mêlas! si In pouvais le laisser a mon choix, Ton supplice, il serait de rentrer sous mes lois, L>c m'attacber à loi d'une chaîne plus forte, El de prendre en la main le sccptfic que je porte. Tu n'as qu'à dire un mol. Ion crime est elfîcé : J'ai déjà, si tu veux, oïdjlié le passé. Mais qu'iaulilement je nie moiilrc si bonne. Quand tu cours à la mort de peur qu'on (e pardonne!

Passantpardessusleqiiatrièmeacte, nous arrivons au cinquième, où l'on voit l'épaisse forêt au milieu de laquelle le dragon garde la Toison d'Or.

Jason a déjà surmonté la moitié des dangers de son entreprise; c'est Aœte qui en apporte la nouvelle.

Oui, son bras, secondé par ses charmes.

.\ dompté nos taureaux cl défiit nos gens d'armes; Juge si le dragon pourra faire plus qu'eux.

Ils ont poussé d'abord de gros torrents de feux. Ils l'ont enveloppé d'une épaisse fumée, Dont sur toule Ja plaine une nuit s'est formée; Jlais, après ce nuage en l'air évaporé. On les a vus au joug et le champ labouré; Lui, sans aucun cllroi, comme maître paisible. Jetait dans les sillons celle semence horrible *

D'où s'élève aussitôt un escadron armé.

Par qui de tous côtés il se trouve enfermé. Tous n'en veulent qu'à lui; mais son âme plus fiè.-e Ke daigne contre eux lous s'armer que de poiissièi'c \ peine iï la répand, qu'une connnune erreur D'eux lous. l'un contre l'autre, anime la fureur ; Ils s'cntr'immolenl lous au commun adversaire ; Tous pensent le percer quand ils peicenl leur frère. Leur sang partout regorge, et Jason au milieu lîeçoitce sacrilice en posture d'un dieu; El la terre, en courroux de n'avoir pu lui nuire, Rengloulit l'escadron qu'elle vient de produire.

Comme l'indiquent les trois premiers vers, il soupçonne Médée d'avoir prèle à Jasoa le secours de sa magie; aussi répond-il à Absyrte qui combat cette imputation :

Ab! que lu connais mal jusqu'à quelle manie D'un amour déréglé passe la tyrannie!

Il n'est rang, ni pays, ni père, ni pudeur, Qu'épargne de ces fuux l'impéileuse ardeur. Jason plut à Médée, et peut encor lui plaTre. Peut-élre cs-lu toi-même ennemi de ton père. Et consens que ta sœur parce présent fatal S'assure d'un amant qui serait ton rival. Tout mon sang révolté trahit mon espérance; Je trouve ma ruine où fut mon assurance; Le destin ne me perd que par l'ordre des miens, Et nion trône est brisé par ses propres soutiens.

AUSVRTE.

Quoi! seigneur, vous croiriez qu'une action si noire...

A.tTE.

Je sais ce qu'il faul craindre, et non ce qu'il faut croire.

Tout à coup sa fille paraît moulée sur le dragon, s'empare de la Toison, et défie Jason de la venir enlever : Aœte ignore que c'est une ruse de la magicienne et est prêt à changer didée; mais elle fuit, emportant le fatal trésor, et il ne pent plus douter de somnalbeur.

Le ciel s'ouvre; on voit le paluis du Soleil et celui

EXAMIÎN ANALVTlQUt:.

invcxiue le secours de sou pi-re

(11' .lii|iilcr. Aa'le Apollon.

Ame (le l'univers, aiilctir île ni^i naissance, Dont nous voyons pailoiit éilater la puissance, iSoiinVicas-lu c|u'un roi qui lient de loi le jour Soit làiliement trahi par un indisne amour? A ces Grecs va;^abon<ls refuse ta Imi.iêrc, Ile leurs clinrits rliéris ilétourne la cairii^re, N'éclaire point leur liiile après (pi'ils mont ilùiruit, l!t répamis sur leur roule mtc éternelle nuit. Fais plus, nioulre-loi père, et, pour veup;er ta race, Donue-nioi les clievaux à conduire eu ta place; l'rète-nioi de tes feux l'éclat élincelant, Que j'embrase leur Grèce avec ton cliar brûlant; Que, d'un de les rayons lanç,inl sur eux le foudre. Je les réduise en cendre et leur butin en poudre; Kl que par mon courroux leur pays-Hésulé Ail fiorreur à jamais du bras qui m'a volé.

Ne pouvant jiccorJor à son lilss;i ilomanile, Apolk inicrcoile pour lui auprès du Juiiitor.

juriTFn.

Iles arrèls du destin l'ordre est invariable : r.ieu ne saurait le rompre en f.iveiu' de ton fils.

Soleil ; et ce trésor surpris Lui rend de ses États la perte inévitable.

Slais la même lé|;èrelé

Qui donne Jason à Médéû Servira de supplice à l'inlulélité llù pour lui coîilre un père elle s'est hasardée. 1*1 rsée dans la Scylbic arme un bras souverain ; SildtTqu'il jiaraîlra, quittez ces lieux, Aiete;

Et. par une prompte retraite, Linr^nez tout le saîlg qui coulerait en \ain.

lie l.eumos f.iites votre asile. Le ciel veut qu'llypsipile liépomle aux vœux d'Absyrte, cl qu'un sceptre dotal Adoucisse le cours d'un peu de temps fatal.

Car enllu de votre perfide Doit sortir un Médus qui vous doit rétablir : A rentrer dans Colclios il sera votre jnide; El mille grands exploits qui doivenl l'ennoblir Eeront de tous vos maux les assurés remèdes, El douueroul naissance à l'empire des Mèdcs.

SOPIIONISBE

TiiAr.i-ui:-. li.s ciSQ actes. ■

ICC3.

« Vous Ifouverez en cette tragédie les caractèrcb tels que chez Tite-Live; vous y verrez Soplionislie avec le même attachement aux intérêts de son pays, et la même haine pour Rome iiu'il lui attribue. Je lui ]>têle un peu d'amour; mais elle règne sur lui et ne daigne l'écouter qu'autant qu'il peut servir à ses liassions dominantes, qui régnent sur elle, et à qui elle sacrilie toutes les tendresses de son cœur, Massinisse. Sypliax, et sa propre vje. Elle en fait son unique bonheur et eu soutient la gloire avec une tlerté si noble et si élevée, que La;lius est con-

traint d'avouer lui-même qu'elle méritait d'être née

llniiiaine. »

CoiiNEiLLE. (Pvi'face de Sojihonisbe.)

ACTK l'ril'MIEr,

Fille d'Asdruhal, général carthaginois, et d'ahord mariée à Massiiiisse, roi de Nuiiiidie, Sophonisbe, cédant à sa haine contre les llomains, a rompu son premier hymen afin de s'unir à Sypliax, aulre roi de cette contrée, qu'elle veut rattacher aux intérêts de Carlliagè.

sowioNisnE.

J'ai f.iit à Massiuisse ime infidélité : Accepté [>ar mon père, cl nourii dans Carthage, Tu vis en tous les deux l'amour croître avec ràfi'C. Il porta dans l'Espagne et mon cctîlir et ma foi; Mais durant cette absence on disposa de moi. J'iuuuolai ma tendresse au,l)ien de ma patrie : Pour lui fiaiiner Sypliax j'eusse immolé ma vie; Il était aux itoniaius, et je l'en détachai. ■ J'étais à Massiuisse, et je m'en arr.ichai ; J'en eus de la douleur, j'en sentis de la gêne; Slais je servais Carihage et m'en revoyais reine : Car, afin que le change eut pour moi qncli^ue appas, ,'^yphax de Massiuisse envahit les États, 1 1 niellait à mes pieds l'une et l'autre couronne Quand l'autre était réduit à sa seule personne. Ainsi coulre Carthage et contre ma grandeur Tu me vis n'écouler ni ma foi ni mon cœur.

Klle explique ainsi sa conduite à sa confidente llerminie, lorsque Bocchar, lieutenant de Syphax, vient lui annoncer l'arrivée de son maître sous les i:iurs de Cyrihe, sa capitale, oùJa tiennent bloquée les Romains : les Numides sont rangés en bataille, et l'on est entré en pourparii rs.

i:i>cc:i.\n.

, Jlad.imc, il était temps qu'd vous vînt dn secours; Le siège était formé, s'il eût tardé deux jours : Les travaux commencés allaient à force ouverte Tiacer autour des murs l'ordre de votre perle. Et l'orgueil des llomains se promettait l'éclat D'asservir par leur prise et vous et tout l'État. Syphax a dissipé par sa seule présence De leur ambition l.i plus fière espérance. Ses troupes, se nionliant au lever du soleil, Ont de votre ruine arrêté l'appareil.

A peine une heui'e ou deux elles oui pris baleine, Qu'il les range en bataille au milieu de la plaine; L'ennemi f»it de même, et l'on voit des deux paris î^os sillons hérissés de piques et de dards. Et l'une et l'autre armée étaler même audace,. Egale ardeur de vaincre et pareille menace. L'avantage ilu nombre est dans notre parti ;

, Ce grand l'eu des Itomaius en parait ralenli; Du moins de Laîlius la pi'udence inquiète Sur le jioiul du coinbat nous envoie nu ironipetlc :. On le mène à Sypliax, à qui sans dilTé'rer lie sa part il demande une heure à conférer. Les otages rei,us pour celte conférence, An milieu des rieux camps l'un cl l'autre s'avance; El, si le ciel répond à nos couiniuns souhaits. Le champ de bataille enfantera la paix.

La lé jonse de la reine ne montre pas un grand

EXAMEN ANALYTIQUE

di'sir de la paix; aussitôt que Bûcchar est sorti, llorminie en fait l'observation, et sa inaitrcsse lui dijl'ouvre toute sa pensée : Éryxe, reine de Gétulie, qui !i aimé et aime encore Massinisse, est sa captive; la paix la remettrait en liberté, et Soplionisbe craint que lami des Homains ne l'épouse. Massinisse ne doit appartenir à aucune femme, puisqu'il a cessé d'appartenir à elle-même.

Jq veux donc, s'il se peut, que l'iiciireux Shii-i"issc Prenne tout autre liynien pour un atlVeux supiilicc; (In'il m'adore en secret, qu'aucune nouveauté N'ose le consoler de ma déloyaulé; Ne pouvant èlre ,à moi, qu'il ne soif à personne, (lu r[u'il souffre du moins que mon seul choix le donne. Je veux penser encor que j'en puis disposer ; l'H c'est de quoi la paix me va désabuser, .luire si j'aurai lieu d'en èlre salisfaite, Kt par ce que je cr.iins vois ce que je souhaite. I^lais Éryxe déjà commence mon malheur, El me vient par sa joie avancer ma douleur.

Éryxe se présente et engage humblement Sophonisbe à accepter la paix; mais, piquée parl'arrogance des paroles de sa rivale, elle revient ;i sa dignité de reine et lui jette cette menace :

La bataille et la paix sont pour moi même cirosc; L'une ou l'aulre aujourd'hui finira mes ennuis : Mais l'une vous peut metlre en l'état où je suis.

Voyant venir Sypbax, Eryxe sort. Il demande ;i Sophonisbc ce qu'il doit décider. La reine lui dit qu'en sacrifiant son amour pour Massinisse elle n'a été inspirée que par son zèle pour Carthage; qu'il doit donc ne penser qu'aux intérêts de Carthage, s'il ne veut être taxé d'ingratitude.

Si tout cela vous semble un léger avantage, Itcnvoyez-moi, seigneur, me perJre avec Carthage : J'y périrai sans vous, vous régnerez sans moi. Vous préserve le ciel de ce que je prévoi ! Kt daigne son courroux, me prenant seule en butte, ' M'exemplcr pai' ma mort de pleurer votre chute.

Touché de ses chagrins plus que de ses raisons, Syphax ne peut que répondre :

iS'en parlons plus, madame; adieu, pensez à moi, Et je saurai pour vous vaincre ou mourir en roi.

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