‹ Œuvres de P. et Th. CorneilleChapitre 628 sur 788 · AGÉSILAS · texte numérisé non relu

AGÉSILAS

Ti;A(;iiriii; en cim.i actks.

IGGG.

« A(j('$il(i:i ii'ost giii'ie coiiiui dans le uioiide que par le mot de Despréuux :

J'ui vu yAi/i'.silan.

Hc'ias!

(I La ti-at,'ëdie à'.ifji'siliis est un des plus lailile ouvrages de (Corneille... elle est très-froide, et aussi mal écrile que mal conduite... Il y a pourtant quelques endroits où ou retrouve encore un reste de (!orneille. » [l'rcfdce de yolluirCi

ACTi': rr.KMiKi;

Lysander a proujis sa tille KIpinice à Cotys. roi de Tapiilagonie, et Agiatide à Spllridale, grand seigneur pci-san. Les deux sœurs s'avouent mutuellement que leur cœur n'approuve pas cet arrangement : Elpiuice préférerait Spitridate; Aglalidc aimerait mieux Cotys, mais uniquement à cause de sa couronne. Ce n'est pas qu'elle ne pût avoir quelques prétentions sur Agésilas, qui autrefois l'a aimée et l'aime peutêtre encore; mais, reprend elle,

•Ju'cn pouvons-nous ici résouilre vous et moi?

En l'éUil où le ciel nous ran|xr.

II faut l'oritrc d'im pcre, il faut laveu d'un roi.

Elles voient venir Spitridate, et Agiatide reste pour engager l'enlretien: Klpiuice revieiulra ensuite.

Sjiiliidate se plaint à Agiatide de sa froideur, et en vient à lui déclarer que son cœur est à Elpiniee. L'enjouée Aglalide ne parait iioiiil courroucée; seulement elle fait observer que le consentement de Lysander, du roi de Sparte et de Colys, est nécessaire.

l.e voilà qui paraît. Quelt]ue anlcur qui vous biùlo. îlcllcz d'accord mon père, Agésilas el lui.

;Ellc sort.) COTYS, à Spitridate.

Vous nie pouvez donner l'olijol qui me possède.

SriTRIDATE.

Vous nie poiivc/. doniiei' celui de tous mes vœux ; Elpiuice uic cliainie.

COTVS.

El si je vous la cède?

srin-iDvTi-;.

ie céderai de môme Aglalidc; à vos feux.

COTÏS.

Aglalidc, seignetn-! Ce n'est pas là ni'enteudie. Et vous ne feriez rien pour moi.

Cette réponse demande explication; la voici : Spitridate a une snmr nommée Mandane, qu'aiment Agésilas el Cotys; le roi de Paplilagonie ne cède Elpiniee au seigneur persan que s'il lui accorde la main de Mandane. Spitridate se refuse à cette transaction, car Aglalidc ne lui rend sa foi que dans le cas où Cotys partagerait son trône avec elle.

COTVS.

Je ne le puis celer, qui que l'on me propose. Toute autre ijue Mandane est ]»otir moi iiiêmc chose. < >riii:iOATK.

Il voiis est ilonc facile, cl doit même èlie doux, rui>que enliit 1-Jpiutce aime un aiUi-e que vous.

Lie lui préléier tpti vous aime;

Kl, du moins vous auriez liionneur.

Par un peu d'elfoit sur vous-même,

De faire le conimun lioulieur.

COTYS.

Je ferais trois heureux qui ni'empèclicnt de l'être! J'ose, j'ose vous laite une plus juste loi : Ou faites mou bonheur dont vous êtes le maître. Ou demeurez tous trois malheureux comme moi.

Si'ITÏlItlATK.

I.lt hicn! épousez Elpiniee; Je renoitee à tout mon bonheur, riutôl que de me voir complice ll'un mauiiuemetit de foi qui vous perdrait d'honneur.

COIÏS.

Hendez-vous à votie Aglalide,

l'uîsque voire cœur endurci Veut suivie obstinément un faux devoir pour guide: Je serai m;dlieureu\, vous le serez aussi.

ACTC DEU.MEME

Spitridate se félicite devant sa sœur de ce qu'il n'est plus sous l'autorité despotique du roi do Perse; en Grèce les femmes ne sont point sacrifiées suivant le caprice d'un monarque injuste et tyrannique, et, si quelqu'un des rois de cette contrée aspirait à la main de Jlanilane, elle ne le dédaigucrail ]ioinlsaiis doute'.'

SltNtlANE.

Si le foi dans la Perse est un peu trop inouanpte. En Grèce il est des rois qui ne sont pas trop rois ; Il en est dont le peuple est le suprême arbitre; Il en est d'allachés aux ordres d'un sénal; Il en esl qui ne sont enfin sous ce grand titre

Que premiers sujets de l'Etat.

Je ne sais si le ciel pour régna' m'a fiil naître; Et, quoi qu'en ina laveur j'aie encor vu parai'.ie,

Je doule si l'on m'aime ou non;

Mais je pourrais être assez vainc

Pour dédaigner le nom de reine (Jue m'tdTrirait un roi qui n'en eût que le nom.

Ce qu'elle ne dit pas, c'est qu'elle aime Cotys. — Cependant ;i (|ui donner votre main'.' répond Spitridate. Colvs la demaiide, el, par les soins qu'il vous rend, Agésilas fait assez voir

MANDAVr.

Agésilas, seigneur ! Et, le savcz-vous bien,

t'.e sont civilités envers unti étrangère

llui l'ont bcaucotip d'éclat et ne proiluisent vion.

SPITKIDATE.

\ ous penche/, vers Cotys et savez qu'Elpinice Ne veut point èlre à moi qu'il ne soit à sa sœur !

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