‹ Œuvres de P. et Th. CorneilleChapitre 665 sur 788 · REMERCIEMENT · texte numérisé non relu

REMERCIEMENT

Ani;tSÎK vxr, colneille au cardixal sjazari.n.

Non, tu n'es point ingrate, ô maîtresse du monde. Qui, de ce grand pouvoir sur la terre et sur l'onde. Malgré l'effort des temps, retiens sur nos autels Le souverain empire et les droits immortels! Si de tes vieux béros j'aime encor la mémoire, Tu relèves mon nom sur l'aile de leur gloire; Et ton noble génie, en mes vers mal tracé,

* Confesseur ilu roi qui dispensait les bcnélices Corneille en suUicitalt un pour son fils.

Par Ion nouveau héros m'en a récompensé. C'est loi, grand cardinal. . . ...

Tes dons ont devancé mèiiie mon espérance.

Et ton co'ur généreux m'a surpris d'un bienfait

Qui ne m'a pas coûté seulement un souhait.

La grâce s'affaiblit quand il faut qu'on l'attende :

Tel pense l'acheter aloi's qu'il la demande;

Et c'est je ne sais quoi d'abaissement secret

Où quiconque a du cœur ne consent qu'à regret.

C'est un terme honteux que celui de prière :

Tu me l'as épargné, tu mas fait grâce entière;

Ainsi l'honneur se mêle au bien que je reçois.

Qui donne comme toi donne plus d'une fois.

Son don marque uneestime et plus pure et plus pleine,

11 attache les co;urs d'une plus forte chaîne;

Et, prenant nouveau prix de la main qui le fait,

La faeon de bien faire est un nouveau bienfait.

Hélasse en mes écrits ta noble inquiétude; Et, tandis que, sur elle appliquant mon élude. J'emploierai pour te plaire et pour te divertir Les talents que le ciel m'a voulu départir, Iteçois avec les vœux de mon obéissance (!es vers pri^cipités par ma reconnaissance. L'impalianl transport de mon ressentiment i\"k pu pour les polir m'accordcr un moment; S'ils ont moins de douceur, ils en ont plus de zèle Leur rudesse est le sceau d'une ardeur plus Odèle, Et ta bonté verra dans leur témérité, .\vec moins d'ornement, plus de sincérité.

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