DU JOUR DE L'ÉTERNITÉ
ET DES ANGOISSES DE CETTE VIE (Exti-ail de Vlmilalion de Jésus-Chrisl.)
0 séjour bienheureux de la cité céleste,
Où de rétornité le jour se manifeste;
•lûur que jamais n'offusque aucune obscurité.
Jour qu'éclaire toujours l'astre de vérité,
.iour où sans cesse brille une joie épurée,
.lour où sans cPsse règne une paix assurée,
.Iour toujours immuable et dont le saint éclat
.lamais ne dégénère en un contraire état!
Une déjà ne luit-il I et, pour le laisser luire,
(Jue ne cessent les temps de perdre et de produire!
Que déjà ne fait place à ce grand avenir
Tout ce qu'ici leur chute avec eux doit finir!
Il luit, il luit déjà; mais sa vive lumière
Aux seuls bûtes du ciel se fait voir tout entière ;
Tant que nous demeurons sur la terre exilés.
Il n'en tombe sur nous que des rayons voilés.
Ces babilauts du ciel on savent les délices, [ces, Tandis qu'onces bas lieux nous traînons nossuppli- Kt qu'un acccablemenl d'amertume et d'ennuis De nos jours les plus beaux fait d'effroyables nuits. Tant que l'homme en jouit, que de péchés le gênent! Combien dopassions l'assiègent ou l'enchatnent! Oue de justes frayeurs, que de soucis cuisants, Lui décliirent le cœur et brouillent fous ses sens! La curiosité de tout côté l'engage; La folle vanité le lient en esclavage; Enveloppé d'erreurs, atterré de travaux,
Entre mille ennemis pressé de mille assauts, Le repos l'affaiblit et le plaisir l'énervé; Tout le cours de sa vie a des maux de réserve : Le riche par ses biens n'en est pas exempté. Et le pauvre a pour comble encor sa pauvreté, yiiaiid verrai-je. Seigneur, finir tant de supplices!