‹ Œuvres de P. et Th. CorneilleChapitre 695 sur 788 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

ŒNARUS, rilÈDRE. ,

o;naris.

Un si grand changement ne peut-trop me surprendre ; J'en ai la certitude et ne le puis comprendre. Après ce pur amour dont il suivait la loi, Thésée à ce qu'il aime ose manquer de foi ! Dans la rigueur du coup je ne vois qu'avec crainte tlo qu'au cœur d'Ariane il doit porter d'atteinte : J'en tremble; et, si tantôt, lui peignant mon amour, Je voulais être plaiut, je la plains à son tour. Perdre un bien qui jamais ne permit d'espérance IN'est qu'un mal dont le temps calme la violence; Mais voir un bel espoir tout â coup avorter Passe tous les malheurs qu'on ait â redouter : C'est du courroux du ciel la plus funeste preuve.

rilÈDRE.

Ariane, seigneur, en fait la triste épreuve; Kt, si de ses ennuis vous n'arrêtez le cours. J'ignore, pour le rompre, où chercher du secours. Son cceur est accablé d'une douleur mortelle.

ŒMARUS.

Vous ne savez que trop l'amour que j'ai pour elle; Il veut, il offre tout : mais, hélas! je crains bien Que cet amour ne parle, et qu'il n'obtienne rien. Si Thésée a changé, j'en serai responsable : C'est dans ma cour qu'il trouve un autre objet aiina- Et sans doute on voudra que je sois le garant [ble ; De l'hommage inconnu que sa flamme lui rejid.

niÈDIlE.

Je doute qu'Ariane, encor que méprisée, Veuille par votre hymen se venger de Thésée; Kt, si ce changement vous permet d'espérer, Il ne faut pas, seigneur, vous y trop assurer.

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