SCÈNE III
D. JUAN, LÉOKOn, rASC.\LE, SGANAIIELLK. D. JUAX.
Que de joie! Ah! ma belle.
Vous voilà ! Je tremblais que, par quelque embarras. Vous ne pussiez sorlir.
LÉo.Non.
Uli ! point. Mais n'est-ce pas Monsieur le médecin que je vois là?
n. jiAx.
Lui-même.
Il a pris cet habit, mais c'est par siratagème, Pour cerla,in langoureux, chez qui je l'ai mené. Contre les médecins de tout temps déchaîné : 11 n'en veut voir aucun ; et monsieur, sans rien dire, A reconnu son mal, dont il ne fait que rire. Certaine herbe déjà l'a fort diminué.
l.Kl)X01i.
Bla tante a pris sa poudre.
.'^UAXAntLLK, j^iavenienl, à Lconor.
A-t-elle élernué?
l.ÉONOR.
Je ne sais, car soudain, sans vouloir voir personne, Elle .s'est mise au lit.
SCASARr.LLE.
La chaleur est forl bonne Pour ces sortes do maux.
LlioXOIi.
Uh! je crois bien cela.
D. JIAN.
El qui donc avec vous nous aiuenez-vous là?
LÊONOR.
C'est ma nourrice. Ah ! si vous saviez, elle m'aime ..
D. JLAX.
Vous avez fort bien fait, et ma joie est extrême Que, quand je vous épouse, elle soit caution...
l'ASCALE.
Vous faites là, monsieur, une bonne action. Pour entrer au couvent la pauvre créature Tous les jours de soufflets avait pleine mesure; C'était pitié... -
D. JLAX.
Bientôt, Dieu merci, la voilà Exempte, en m'épousant, de tous ces chagrins-là.
LÉCi.NOli.
Monsieur...
D. JUAX.
C'est à mes yeux la plus aimable fille...
l'ASCALE.
Jamais vous n'en pouviez prendre une plus gentille. Qui vous pût mieux... Enlin, traitez-la doucement. Vous en aurez, monsieur, bien du contentement.
D. JUAK.
Je le crois. Mais allons, sans tarder davantage, Dresser tout ce qu'il faut pour notre mariage : Je veux le faire en forme et qu'il n'y manque rien.
PASCALE
Eh ! vous n'y perdrez pas; ma fille a de bon bien. Quand son père mourut, il avait des pistoles Plus gros...
U. JUAX.
Ke perdons point le temps à des paroles. Allons, venez, ma belle. Ah! que j'ai de bonheur! Vous allez être à moi.
lÉuîiOR.
Ce m'est beaucoup d'hojineur.
SGANARELLE, bas, a Pascale.
Il cherche à la duper; gardez qu'il ne l'eminéne. C'est un fourbe.
PASCALE
Comment?
SCA.NARELLE, bas.
A plus d'une douzaine...
(Haut, se voyant oltscivé jtar D. Juan.l
Ah! l'honnête homme! allez, votre fille aujourd'hui Aurait eu beau chercher pour trouver mieux que lui. Il a de l'amitié... Croyez-moi, qu'une femme ■Sera la bien... Et puis il la fera grand'danie.
D. JUAN, à Léûiior.
Ne nous arrêtons point, ma belle; j'aurais peur Que quelqu'un ne survint.
SfiANARELLE, Ij.is, à Pasc;ilc.
C'est le plus grand trompeur...
P.\SCALE, i D. Juan.
Où donc nous menez-vous?
D. JUAN
Tout droit chez un noUiiro.
ACTi: V, s ci: NE \v.
PASCALE
Kon, monsieur; (l;ins le bourg il serait nécessaire D'aller chez sa cousine, alin quVtanl témoin De voire foi donnée...
D. JIAN.
Il n"en est pas besoin; Monsieur le médecin, et vous, devez suffire.
IKONOU, à Tasinle.
Soiiinies-nous pas d'accord?
D. JCAN.
H ne faut plus qu'écrire, (juand ils auront signé tous deu\ avccque nous. C'est comme si...
PASCALE
Kon, non, sa cousine y doit cire.
SGANAKELLE, liai, à Pascale.
Forl bien.
LÉOXOR.
Quelque amitié qu'elle m'ait fait paratlrc. Si chez elle il n'est pas nécessaire d'aller, Ne disons rien : peut-èlre elle voudrait parler.
D. JUAN
Oui, quand on veut tenir une affaire secrèle. Moins on a de témoins, plus la chose est bien faite.
l'ASCALE.
Mou Dieu ! tout comme ailleurs, chez elle sans éclat, Les notaires du bourg dresseront le contrat.
scanauelle.
Pourquoi vous défier'? Monsieur a-t-il la raine
(Ras; à Pascale.)
D'être un fourbe? Voyez... Ferme, chez la cousine.
D. JUAN, à Léoiior.
Au hasard de l'entendre enfin nous quereller. Avançons.
l'ASCALE, airêlaiit Léoiior.
Ce n'est point par là qu'il faut aller. Vous n'êtes pas encore où vous pensez, beau sire.
D. JL'AN, à Léonor.
Doublons le pas ensemble : il faut la laisser dire.