SCÈNE IV
LA S'i AILE UU COMMAM)i:un. D. JfAN, I.l':n\OP., rASCAI-K, tiOA>Arvlil.LL.
LA STATUE, l'ieualU U. Juau |nir le Ijra,-.
Arrête, don Juan.
LEONOn.
Ah 1 (ju'est-ce que je voi?
Sauvons-nous vite, hélas!
D. JUAN, lùrhaiil à se ili-faire de la slaliic.
Ma belle, allendez-moi, Je ne vous quitte point.
LA STATUE
Encore un coup, demeure ; Tu résistes en vain.
SGANADELLE.
Voici ma dernière heure, C'en est fait.
n. JUAN, à la slalue.
Laisse-moi.
SGANARELLE
Je suis à vos genoux.
Madame la statue : ayez pilié de nous.
LA STATUE
Je t'attendais ce soir à souper.
D. JUAN
Je l'en quitte :
On me demande ailleui-s.
LA STATUE
Tu n'iras pas si vile; L'arrêt en est donné; tu touches au moment Où le ciel va punir ton endurcissement. Tremble!
D. JUAN
Tu me fais tort quand tu m'en crois capabi • Je ne sais ce que c'est que irembler.
SCANAUELLE.
Dctoslahle!
LA STATUE
Je t'ai dit, dés tantôt, que tu ne songeais pas Que la mort chaque jour s'avançait à grands pas. Au lieu d'y réfléchir tu retournes au crime. Et t'ouvres à toute heure abîme sur abtine. Après avoir en vain si longtemps attendu. Le ciel se lasse : prends, voilà ce qui t'est dû.
(La slalue embrasse D. Juan; et, un moment après, toi;deux sont aljîrnés.)
D. JUAÎi.
Je brûle, et c'est trop lard que mon âme interdite. Ciel!
SCANAnKLlE.
11 est englouti ! je cours me rendre ermite. L'exemple est étonnant pour tous les scélérats; Malheur à qui le voit et n'en profite pasi
ri.N DU FESTI^ DE l'iEnnE.
LE COMTE D ESSEX
TRAGÉDIE EN CINQ ACTES
AU LECTEUR
Il y a treille ou qiiaraiite ans que feu M. de la Calpreiiéile traita je sujet du comte d'Essex, et le traita avec beaucoup de succès. Ce que je me aiis hasardé à faire après lui semble iravoir point déplu ; et la matière est si heureuse par la pitié qui en est inséparable, qu'elle n'a pas laissé examiner mes fautes avec toule la sévérité que j'avais à craindre. Il est certain que le co.mte d'Essex eut grande iiart aux bonnes grâces d'Elisabeth. 11 était naturellement ambitieux. Des services qu'il avait rendus à l'Angleterre lui enflèrent le courage. Ses ennemis 1 accusèrent d'intelligence avec le comte de Tyron que les rebelles d'Irlande avaient pris pour chef Les soupçons qu'on en eut lui tirent oter le commandement de l'armée. Ce changement le piqua. Il vint à Londres, révolta le peuple, fut pris, condamné- et ayant toujours refusé de demander grâce il eut là tèle coupée le 2.i février 1 GO I. Voilà ce que l'histoire m'a fourni. J'ai été surpris qu'on m'ait imputé de I avoir lalsiliee, parce que je ne me suis point servi de I incident d'une bagne qu'on prétend nue la reine avait donnée au comte d'Essex pour 4"^ d un pardon cerlain, quelque crime qu'il pût jamais commettre contre l'Etat; mais je suis persuadé que cet e bague est de l'inventioa de M. de la Calprencde; du moins je n'en ai rien lu dans aucun h^sioneu. Cambdenns, qui a fait un gros volume de h seule vie d Elisabeth, n'en parle point; et c'est une particularité que je me serais cru en pouvoir de supprimer quand même je l'aurais trouvée dans son nisloire.