‹ Œuvres de P. et Th. CorneilleChapitre 772 sur 788 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

ELISABETH, IILNEY. ^

ELISABETH

Enfin, perfide, enfin ta perte est résolue;

C'en est fait, malgré moi, toi-même l'as conclue.

De ma lâche pitié tu craignais les effets :

Plus de grâce, tes vœux vont être satisfaits.

Ma tendresse emportait une indigne victoire,

Je l'étouffé : il est temps d'avoir soin de ma gloire;

11 est temps que mon cœur, justement irrité>

Instruise l'univers de toute ma fierté.

Quoi! de ce cœur séduit appuyant l'injustice,

De tes noirs attentats tu l'auras fait complice;

J'en saurai le coup près d'éclater, le verrai,

Tu m'auras dédaignée; et je le souffrirai!

Non, puisqu'en moi toujours l'amante te fit peine.

Tu le veux, pour te plaire il faut paraître reine,

Et reprendre l'orgueil que j'osais oi-.blier

Pour permettre à l'amour de te justifier.

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