LES EXPRESSIONS APPROCHÉES LINÉAIRES PAR RAPPORT À DEUX POLYNOMES
Bulletin des sciences mathématiques et astronomiques. Deuxième série. Tome I. Ann 1877, p. 289-312.
(9 npiiSAii^canuKoc^ Supa:JccHisioois ^
(LTprîJioKenio K7> XXXtomj 3anncoKT> Uni nepaTopcKofi AKa^ewin HayKT., JVà 4, 1877 r., CTp. 1 — 24.)
Sur les expressions approchées linéaires par rapport à deux polynômes.
§ 1. Dans une Lettre à M. Brasclimaun''^), nous avons montré de quelle manière, eu développant une fonction ti eu une fraction continue
et déterminant ses fractions convergentes
Jj___?o^ i\ ■ ^L gp -«- 1
Qi 1 ' Ç2 Qi ' * ' ' '
on peut trouver les valeurs des polynômes X, Y, pour lesquels l'expression
îiX— Y
diffère le moins possible d'une fonction donnée v.
Ainsi que nous l'avons indiqué dans la Lettre que nous venons de citer, et démontré dans le Mémoire intitulé: Sur le développement des fonctions en série au moyen des fractions continues **), les polynômes X, Z, qui satisfont à cette condition, sont déterminés par les séries
{ X= 0), Ç, -I- IO2 ft -H CO3 ^3 ■
I r=— J?z;-f-to, P^-f-tOg Pg-t-w^P^-i-.. ., où nous désignons par E la partie entière d'une fonction et par
*) T. I, pag. 611—614.
**) T. I, pag. 617-636.
des fonctious entières, que l'ou obtient au moyen de la valeur de la fonction
V et des dénominateurs
fournis par le développement ci-dessus de la fonction u en fraction continue, au moyen de la formule générale
que l'on peut écrire, d'une manière plus abrégée, (2) co, = (-l)^-^i.'(g,F«.)),
en représentant par la notation
l'ensemble de tous les termes du développement de la fonction vQ^ qui renferment des puissances négatives de la variable.
En arrêtant les séries ci-dessus aux termes correspondants quelconques
on trouve le système des polynômes X, Y, tel que X est d'un degré inférieur à ^„j^i, et que la différence entre l'expression uX — Y ai la fonction
V est du degré le moins élevé compatible avec la supposition que X est un polynôme de degré moindre que Q„^^^■ Alors, le degré du polynôme X est déterminé par le degré du terme
le dernier des termes conservés dans le développement de X, et le degré de la différence
nX—Y—v
est déterminé par le degré du premier terme de la série
qui ne se réduit pas à zéro ''').
En supposant que le premier de ces termes soit
*) Voir les articles cités plus haut, et uotre Mémoire intitulé: Des maxima et minima des sommes composées des valeurs d^une fonction entière et de ses dérivées. T. IF, pag. 3—40.
et désignaut ptir p le degré de la fonction
on conclura de ce qui vient d'être dit que, en général, le degré d'approximation de l'expression uX — F par rapport à v est déterminé par le degré du produit
et conséquemment par le degré de la fraction
VU que, d'après les propriétés des fractions convergentes, le degré de la différence
uQ — P
est égal au degré de la fraction
On voit d'après cela que l'expression
uX—Y,
X, Y étant des fonctions entières, et X étant d'un degré qui ne surpasse pas celui de a;^C^„,, peut représenter la fonction v avec une exactitude poussée jusqu'aux termes du degré de
dans le cas seulement oii les équations suivantes sont satisfaites:
OÙ nous désignons, suivant la notation d'Abel, par 8 le degré d'une fonction. Lorsque ces conditions sont remplies, les séries (1), arrêtées aux termes ^^Jè„^^ ^'^nJ\n^ donnent, comme on l'a vu, une valeur de X d'un degré au plus égal à celui de oc'^Q^, et l'expression uX — F diffère de v par des termes d'un degré au plus égal à celui de
vm -t- n -h- 1
D'après cela^ les conditions nécessaires et suffisantes pour que la formule uX ~ Y
puisse représeutor la fouctiou v avec une exactitude poussée jusqu'à x~^^ le degré de X ue surpassant pas ili, s'écriront ainsi
( ^^«-4 1 = ^' ^^n+. = 0, . . . , œ,^^,,__^ ■= 0, en désignant par
les derniers dénominateurs des fractions convergentes
(>i' Q-i Qz " '
dont les degrés ne dépassent pas les limites M et N — 1, et par a, p les degrés des fractions
■Çm' ^^^'
§ 2. Nous allons maintenant démontrer que ces conditions peuvent être remplacées par celles-ci, qui sont plus simples:
(4) ^''nvQi.,)fJ"-^~. ZF{vQ,)<l%,
dans lesquelles
sont les deux derniers termes de la série
qui, étant multipliés entre eux, donnent un produit de degré moindre que
Pour cela, trouvons d'abord une limite supérieure des degrés
lF(vQ„\ 8F(«e„,,),. . . ., lF(vQ,^^,)
dans le cas où les conditions (3) sont satisfaites. Après nous être convaincus, de cette manière, de la nécessité des conditions (4), nous démontrerons que celles-ci, de leur côté, supposent que chacune des conditions (3) soit remplie. D'après la liaison qui existe entre les fractions convergentes
de l'expression
^ = îo-H-^l
ce qui douue, en multipliant par v,
En passant de l'égalité des fonctions h l'égalité de leurs parties fractionnaires, on trouve, d'après notre notation,
(5) nvQt ,,) = n^Q^q,) -*- F{vQ.;).
En décomposant maintenant les fonctions
en une partie entière et une partie fractionnaire, il vient
vQ^. = Ei^uilg.) -*- F{vQ,q,\ ce qui donne, par l'élimination de Q.,
F{vQ.q.) = q,F{vQ,) -f- q^EHl) - E{vQ,q,).
Portant cette valeur de
F(vQ,qi)
dans l'égalité (5), et désignant, pour abréger, par U^ la fonction entière
Fivilq^)-giE{v(l), on obtient l'égalité
Si nous remarquons que les fonctions
FKW,\ F{vQ,,)
ne contiennent que des termes avec des puissances négatives de la variable, on en conclut
E{g,FivQ,))=U„
ce qui, d'après la formule (2),
nous donne
et, en conséquence, l'expression trouvée plus haut de la fonction q^FivQ.) est fournie par l'égalité
q. F{vQ,) = F[vQ.^^) - Fl^oQ,^^) -f- (- 1)'-^ co.,
qui nous servira à obtenir la limite supérieure des degrés des fonctions
n^QJ> -f-'K'»^,) , i'\''(L*n)
dans le cas où l'on a
^^n-^l = ^^ ^m-^. = 0, . . . . , co,„^^^__^ =:= 0,
Comme, dans ce cas, pour toutes les valeurs de i, depuis i = 7n-^-l jusqu'à i=:')ji-\-n — 1 inclusivement, la fonction w^. se réduit à zéro, il s'ensuit que, pour toutes ces valeurs, l'égalité que nous venons de trouver se réduira à la suivante:
(G) qi F{vQ.) = F{vQ.^J — F{vQ.;).
En remarquant que la fonction q. est d'un degré non inférieur au premier, on conclura de cette égalité que dans la suite
parmi trois tei'mes consécutifs
HvQi^X FivQi), F{vQ,__^), la fonction du milieu
devra dans tous les cas être d'un degré moindre que celui d'une des fonctions extrêmes
F{vQi J, F{vQ,^).
On voit par là que, dans la suite
aucun des termes intermédiaires ne peut présenter un maximum, et par suite il ne peut y avoir qu'un minimum. En supposant que
soit le premier terme de la suite
mKU: ôFiv<J„^^),.... il'lvQ,,,^,)
qui donne une valeur minimum, nous remarquerons que, pour toutes les valeurs de i, depuis i = m-^ 1 jusqu'à 1 = 1 — 1, la fonction
sera d'un degré plus élevé que
et par suite, d'après l'égalité (G), son degré déterminera le degré de l'expression
Ou tire de là^ pour les i grandeurs considérées, l'égalité
Eu y faisant
'1 = 111 -^ Ij ;m H- 2, . . . . , A — 1 ,
on obtiendra une suite d'équations qui serviront à passer successivement de la fonction
aux fonctions
Ces équations nous donnent
ol^XKL^.) = ^^ ^'^'^"'^ ^
En passant aux termes de la suite
qui suivent le premier terme meutionné
uous remarquerons qu'aucuu de ces termes ue peut être moindre que le terme eu question, et par suite nous aurons ou
ou
selon (|ue le ternie en question devra, ou non, être suivi d'un terme qui lui soit égal.
Tour ce qui est du troisième terme
il ne peut avoir la même valeur que le terme en question; autrement il se trouverait, dans la suite
l'\vQJ, /'W„.^,),...,^-(^',>,„-.„)
trois termes du même degré, ce qui a été démontré impossible par ce qui précède. On voit par là que, après le terme
de la suite (7), les termes doivent aller nécessairement en croissant, et par conséquent, pour toutes les valeurs de i, depuis {=:!-*- 1 jusqu'à i — tn-t-n — 1 , on aura
Il s'ensuit de là, en vertu de (6), que, pour ces valeurs de i, le degré du terme
sera déterminé par le degré du terme F{vQ^^j), ce qui suppose l'égalité
En y faisant tour à tour
iz=m-h'n — 1, m-i~n — 2,...., X-+-1,
on obtient une suite d'équations, qui serviront à passer successivement de la fonction
-^253 — aux fonctions
De ces équations on tire
S/'TKW„-,)=S^,„
S/yY^O, ) = 8 ^Mm±n) ^
§ 3. De cette manière on déterminera, au moyen des deux fonctions extrêmes de la suite
F(vQJ, Fi^Q^^,)^- ■ ■ ■ ^(««.^»-,). F{vQ.-.,) les degrés de toutes les autres, à l'exclusion d'une seule fonction
Pour déterminer le degré de cette fonction, remarquons que la formule (6) donne, pour i = \
Comme, en vertu du paragraphe précédent, les termes
F{vQ,^,\ FivQ,,) sont des mêmes degrés que les expressions
3m-+-f» — 1 9m-t-n — 2- • • • 3X-t-i FjvQm)
(Zm-i-i 2m-i-2 • • • • 2X— 1
l'une au moins de ces expressions sera d'un degré non inférieur à celui de
et par suite nous aurons
mvQ,)^K^.,J^:'''\
^ ^>^^ qm-^-n—l flm-i-n
9nt-4-i 9fn-»-2 ■ Ta— in
Comme, en vertu du paragraphe précédent, pour
i = m-i-l, wi -+- 2, . . . . X — 1 , i = X-i-l, X = 2,.... m-t-n — 1 on a ou l'égalité
* Um-t-i ?m-H2 Ht
OU l'égalité
m^^Qi)^-^',
^m-t-n — 1 Gm-t-n — 2- • ■ ' Qi
et qu'alors il est évident qu'une au moins des conditions
FjvQm)
Om t-n — i Qm i-n — 2* • ■ ■ Oi
que nous avons trouvées ci-dessus pour
est satisfaite, nous en conclurons que, pour toutes les valeurs de i depuis i = wi -4- 1 jusqu'à i = m-\~n — 1, on aura l'une ou l'autre des conditions
SF(i;0.)^8 ^^^«^ ,
^ ^'' Qm-t-iQm-t-2 '■• Qi
OU
Gm-\-n — 1 iin-t-n — 2- • • • ?t
Pour ce qui est des limites supérieures des degrés des fonctions elles peuvent être déduites des dernières conditions (3),
Pour cela, nous remarquerons que, d'après la formule (2), qui détermine les fonctions
Wj, «2, «3,. . . .,
on a
<"»=(-i)""~'«(î„^wj),
'"^^n = (- 1)""""-' «(?„„. F(vQ„^J);
d'où il s'ensuit que les conditions précédemment démontrées relativement aux degrés des fonctions
supposent que les fonctions
q FivQ ), q FivQ ) ne sont pas de degrés supérieurs à
et que, par suite,
En conséquence, les limites trouvées plus haut du degré de F(vQ.) se réduisent à celles-ci,
ou
^F{vQ.)'^J
xP
?m-4-n ^m-t-n — i • • • • ît
Ces formules sont susceptibles d'une simplification notable.
D'après notre notation, la fraction convergente du développement
u = qf.-*-— 1 ,
correspondante au quotient incomplet q^^, est