‹ Œuvres de P.L. TchebychefChapitre 72 sur 112 · DES VALEURS APPROCHÉES DES ÎNTÈGRALES · texte numérisé non relu

DES VALEURS APPROCHÉES DES ÎNTÈGRALES

(TKADUIX PAH ï. LYOJVf.)

(Lu le IS novembre 1886.)

3ocmaêjijiKîiiux'è npuS.iiiojccHHUji éc.îuzuuu unmczpaAoê'h.

(npHjioacenie kb LV-My TOMy Sanucoirb IlMiiepaTopcKOH AKa^eiiin HayKi,, JVa 2, 1887 r Acta mathematica. T. XII, 1888—1889, p. 287—322.)

Sur les résidus Intégraux qui donnent des valeurs approchées des Intégrales.

§ 1. Dans un Mémoire sur la représentation des valeurs limites des intégrales par des résidus intégraux, communiqué à l'Académie des sciences le 8 octobre 1885 *), nous avons montré comment, d'après les valeurs données de 2m intégrales

\fix)dx, \xf(x)dx, \x'''''-'f{x)dx,

ou peut trouver les limites les plus étroites de la valeur de l'intégrale

\ f{x)dx,

si la fonction inconnue f(x) reste positive pour toutes les valeurs réelles de X entre x = a et x^h, et si la valeur de v est comprise entre a et h. Ces limites, comme nous avons vu, sont données par les formules suivantes:

\f{x)dx<lF{^),

\fix)dx>lFiz).

*) T. II, p. 421—440.

où w est une quantité positive infiniment petite, et F{z) une fonction rationnelle qui s'obtient facilement en développant l'expression

f f{x) dx j xf{x) dx J

x-i^-if{x)dx

en fraction continue

En effet, en posant

elle est donnée par les formules

Fiz) = — ^ 1

"■wî* -*" f^m

»m« -+- Pm -

OÙ Y désigne la plus grande des deux quantités

a — f L ^'mC») 'l'm(^) J'

En substituant à la fraction continue

la fraction ordinaire qui lui est égale

P(2) — 'Pffl(^)-^— ?m— 1(^).

et en posant

on aura

En portant cette valeur de la fonction F{z) dans les formules (1), nous trouvons

\màx^L^y

]màx^ L^

ou bien

Or, les résidus intégraux

où 0) désigne une quantité infiniment petite, s'étendent seulement sur les valeurs voisines de z = v; et comme cette valeur de s;, qui annule (Pj (z) en vertu de (2) et (3), coïncide avec l'une de leurs limites, la valeur commune de ces résidus sera

et les dernières formules nous donnent

a a—iù

ï f(x)dx> / ^o(£)__J^oi£).

On voit par là que la différence entre le résidu intégral

ç. (Dq{x) a — 0)

et l'intégrale

\f{x)dx

est au plus égale à la fraction

C'est la plus grande approximation avec laquelle la valeur de l'intégrale peut être déterminée d'après les valeurs données de 2m intégrales

\f{x)dx, \xf{x)dx,...., \x^'^-'f{x)dx,

si par rapport à la fonction inconnue f{x) on sait seulement qu'elle reste positive pour les valeurs réelles de x entre x= a et ic =: 6. Nous allons maintenant étudier la fraction

et quelques formules qui peuvent nous conduire à la détermination de sa limite supérieure. Dans un cas particulier très remarquable nous trouvons par ces formules la limite supérieure de la fraction

sous la forme d'une fonction du nombre des intégrales données

[ f{x) dx, [ X f{x) dx, 1 x^ f{x) dx, ,

et qui tend vers zéro quand ce nombre augmente indéfiniment.

§ 2. Nous profiterons ici de quelques résultats que nous avons obtenus dans notre Mémoire sur les fractions continues *). Dans ce Mémoire nous nous sommes occupé de la fraction continue

ai^-i-[i, -

qu'on obtient en développant la somme

.^z — Xi 2 — Xq z — Xi • • • • s — Xn^

OÙ les quantités

sont toutes réelles et distinctes, et

sont des quantités positives quelconques. En désignant par

?o(g) Ojjf) 92 (g) ^o(^)' 4'i(^)' 'J'aC^)'

les réduites de la fraction continue, nous trouvons, en vertu des formules démontrées dans ce mémoire, les égalités suivantes:

qui montrent que les coefficients

sont tous positifs. Il résulte de là que les premières termes des fonctions

9oi^), ?l(4 ?2(4 »

ordonnées suivant les puissances décroisantes de 2, auront des coefficients positifs.

D'autre part, comme nous avons vu dans ce même Mémoire, pour toute fonction entière f^ {2) d'un degré inférieur à {jt, on doit avoir l'équation

(4) y,fo(^i)'^^i^d^'(^i)=^'

De cette équation nous allons déduire quelques propriétés des fonctions

'hi^l 'li(^)? '|2(^) '

dont nous nous servirons après. Pour cela nous remarquons que la dernière réduite

doit donner la valeur exacte de la somme

OHxq) ^ e^x,) ^ , OHXr,)

et son dénominateur 4'n-+-i('^) sera une fonction entière du degré (n-t-l) de la forme

OÙ C désigne un coefficient constant. L'expression

sera donc une fonction entière du degré {n — 1), et d'après (6) on devra avoir l'équation

ji;j{xi — xy){Xi — xi^^i) ^ t'

qui se réduit en vertu de (7) à l'égalité

d'oîi nous déduisons Or, les racines

sont toutes réelles et distinctes, et en les supposant disposées dans l'ordre de leurs grandeurs on voit que la dérivée

aura des signes contraires pour les deux racines consécutives x^ et Xy^^^, et par conséquent la fonction

aura aussi des signes opposés pour

c'est à dire entre deux racines consécutives quelconques de l'équation

on aura au moins une racine de l'équation

On voit par là que les n racines de l'équatiou

seront toutes réelles, distinctes et situées respectivement dans les n intervalles des (w -H 1) racines de l'équation

En désignant par

les racines de l'équation

disposées dans l'ordre de leurs grandeurs, on aura la série de grandeurs croissantes

X,, X,, X,, x\,. . . .x^, x\, x^^^, x\^^. . . .<^, x^. § 3. Les n racines de l'équation

étant inégales, la décomposition de la réduite en fractions simples nous donnera la somme

(n\ <Pn(g) 'fni^'o) 1 , fni^i) 1 , 9n (a? n— i) 1

OÙ, comme il est facile de voir, les facteurs

sont tous positifs.

En effet, les fonctions

des réduites

sont liées par la relation

?«-Hi W ^n W — ?n (^) ^^«-4-1 W = 1 •

En divisant les deux membres de cette égalité par

et en y faisant

nous trouvons l'égalité

Pour déterminer à l'aide de cette égalité le signe de la fraction

nous remarquons d'abord que le produit

sera positif pour ^ =: cx^, puisque les premiers termes des fonctions i]; (<?), ordonnées par rapport aux puissances décroissantes de ^, ont des coefficients positifs (§ 2).

Si maintenant on passe de ^ = cxd à la plus grande racine z = x ^^ de l'équation

la fonction 4^,j^j(^) changera son signe en passant par sa racine ^ = a;^, tandis que la dérivée ^'„(^) n'ayant pas de racine entre z=x^^ et ^ = 00 conservera son signe. Le produit

sera donc négatif pour 2 = x'^^^ et il est facile de voir qu'il conservera sa valeur négative pour toutes les racines

fi' '^fx-^i'-

de l'équation

car, d'après le § 2, entre deux racines consécutives de l'équation

on trouvera toujours une racine pour chacune des équations

et

eu vertu de quoi le produit doit avoir le même signe pour toutes les racines de l'équation

Ainsi, le produit sera négatif pour les valeurs

et la fraction

sera positive pour {x = 0, 1, 2, . . ., n — 1. Posons

et la somme (6) prendra la forme

, ^vH^'n-x)

Ainsi, connaissant la décomposition de la réduite

en une somme de fractions simples de la forme

s —Xq z — Xy • • • • z — Xn

OÙ les x^ sont toutes des quantités réelles et distinctes, et les 0^ {x^ des quantités positives quelconques, on pourra aussi décomposer la réduite

en une somme de la même forme

dans laquelle les quantités x sont aussi toutes réelles et distinctes, et les ol {x^ des quantités positives. De plus, les quantités x. et x^ dans l'ordre de leurs grandeurs formeront, comme on a vu, la série suivante:

^0' ^OJ ^15 ^i)''''^X' ^À' ^Xh-1' ^X-4-1' • • '^n— 1' ^«'

En passant de même de la décomposition de la réduite

On (g)

à la décomposition de la réduite

et ainsi de suite, nous trouvons pour chacune d'elles une décomposition de la forme

<\il{e) z — Zq z — By ' ' ' ' z — zi^

OÙ les racines z^, ^i, . . . , ei^ de l'équation

sont toutes réelles et distinctes, et les 0^^ {z) des quantités positives. • De plus, en désignant par

les racines de l'équation

et en les disposant avec celles de

par l'ordre de leurs grandeurs croissantes, nous trouvons la série

dont les termes sont tous compris entre Xq et x^.

§ 4. Revenons à la fraction continue

que l'on obtient en développant l'expression

\ f{x)dx \ xf (x) dx [ 0:2"»— i / («) dx

en fraction continue et en s'arrétant à la w'*"*' réduite.

Cette expression ne diffère de l'intégrale

que par les termes

[ a;2^»/ {x) dx [ x"^^-*-^ f (x) dx

et comme ces termes n'ont aucune influence sur les m premiers dénominateurs de la fraction continue

nous pouvons, en nous bornant aux m premiers termes, la regarder comme provenant du développement de l'intégrale

dx.

Or, cette intégrale, où, par hypothèse, la fonction f{x) reste positive pour les valeurs de x entre a et &, peut être regardée comme la limite de la somme

dans laquelle les quantités x. désignent une série de grandeurs croissantes de iCo = a à a?^ = &, et les ô^ (x.) des quantités positives choisies conformément aux valeurs correspondantes de f{x); et nous en concluons, d'après le § 2, que les coefficients aj, ag, . . . , a^ de la fraction continue

provenant du développement de l'expression

J / {x) dx [ xf (x) dx [ a;2«— 1 f(x) dx

auront des valeurs positives, définies par les formules 1 1

J ^^^0 i^) /(^) àx J '\>\ (x) f{x) dx J <];2^i {x)fix)dx

et que les dénominateurs ^^ {s) et ^„i {z) des réduites

9OT(g) <Pm-i (g)

auront toutes leurs racines réelles, distinctes et comprises entre a et h. De plus, en désignant par

les racines des équations

dans l'ordre de leurs grandeurs, on devra avoir la série suivante de grandeurs croissantes:

Tout ceci doit avoir lieu, bien entendu, si les intégrales

\ f(x)dx, \xfix)dx, \ x''^-'f{x)dx

peuvent prendre des valeurs données pour f{x) positive entre x = a, x = h.

§ 5. Nous venons de voir que, si les valeurs données des intégrales

dx

] fix)dx, ]xf(x)dx,.,.. ^x'^^-'fix)

sont possibles pour f{x) positive entre a et 6, l'équation

déterminée par ces valeurs ne peut pas avoir des racines hors des limites a et 6.

Deux cas peuvent donc se présenter: 1) aucune des racines de l'équation

n'atteint ni la limite a, ni la limite &, et 2) l'une des limites aeth ou toutes les deux annulent la fonction ^^(e). Nous allons d'abord examiner le second cas qui d'ailleurs se présente très rarement. En regardant l'intégrale

comme la limite de la somme

z — Xq z — rCj z — x^

OÙ l'on a iCo = ^5 ^„ = ^) 6t en remarquant que, d'après le § 2, le dénominateur de la dernière réduite

égale à cette somme, est le seul qui peut s'annuler pour 3=^%^ = a et z^=x^ =h, nous en concluons que, dans le cas considéré, la somme

z — Xq z — Xi • • • • z — Xn

et par conséquent l'intégrale

doivent être égales à la réduite

Or, cette fraction se décompose en une somme de fractions simples de la forme

^7w (^) 'l^'wî (^o) ^ — ^0 Vm ih) 2 — ^1 ' ' ' ' ¥m i^m—i) ^ — ^m—i

et pour que cette somme puisse être égale à l'intégrale &

il faut que la fonction f{x) s'annule pour toutes les valeurs de x comprises entre a et h, qui ne sont pas dans le voisinage de

et que pour les valeurs de x infiniment voisines de

elle ait des valeurs telles que les intégrales

\f{x)dx, \f{x)dx,.... \mdx se ramènent, lorsque ca devient nulle, aux valeurs

^ m (^^o) ' Vm (^i) " ' "Vm i^m—i)'

Avec une telle fonction f(x) l'intégrale

lfix)dx

se ramène au résidu intégral

pour toutes les valeurs de v entre les limites a et h, différentes de

Quant aux valeurs de on voit que pour ces valeurs de v l'intégrale

\f{x)dx

reçoit des accroissements brusques, égaux respectivement à

et par conséquent pour

sa valeur ne peut pas être complètement déterminée.

§ 6. Passons au cas général lorsque ni a, ni & ne satisfont pas à l'équation

Nous allons d'abord montrer que la quantité y qui figure dans nos formules est une quantité positive.

En effet, d'après le § 1 on doit avoir les inégalités

y -> ^ pm— 1 («) '\>m—i{v)l

1 ^b-vl ^,„,(b) ^„,{v) J-

En les multipliant respectivement par les quantités positives V' — a, h — v et en les ajoutant ensuite membre à membre, nous trouvons l'inégalité

Or, les termes les plus élevés dans les fonctions tj;^j (^), '\i^ (s) ayant des coefficients positifs, on devra avoir

'j^Wt-l (- OO) ^ r.

et comme toutes les racines des équations

sont plus grandes que a et plus petites que b, on aura aussi

en vertu de quoi l'inégalité précédente nous donne

y{b — a)>0, d'où

La quantité y, comme on a vu dans le § 1 , sert à déterminer la fonction ^li^) qui, en vertu de (2) et (3), sera donnée par la formule

dans laquelle, comme on vient de le voir, la quantité y est positive; et comme de plus les termes les plus élevés dans les fonctions

ont des coefficients positifs, cette formule nous donnera

où le signe supérieur correspond au cas de m pair et le signe inférieur au cas de m impair. Si maintenant on fait dans cette formule

on aura, d'après le § 4,

de sorte que pour la fonction 0^ (s) nous trouvons

On voit par là que les w -4- 1 racines de l'équation

sont toutes réelles, distinctes et séparées par les m racines de l'équation

§ 7. En désignant par

Wo > Cl , . • • . 4^ les racines de l'équation

nous trouvons pour la fraction

la décomposition suivante en fractions simples:

<Po(^). (Po(Co) 1 (Po((:i) 1 0o{^m) 1

OÙ, comme il est facile de voir, les facteurs

(Po(Co) (Po(Ci) <Po(Cm)

<Z>'i(Ci)' <Z>'i(C,)' <^'i(Cm)

sont tous positifs. En effet, des formules (3) on déduit facilement l'égalité

Comme le second membre, d'après une propriété bien connue des réduites, est égal à l'unité, nous aurons l'égalité

En divisant les deux membres de cette égalité par

et en y faisant

nous trouvons l'égalité

Pour déterminer à l'aide de cette égalité le signe de la fraction

nous remarquons d'abord que le produit

sera positif pour z = oo, puisque les termes les plus élevés dans les fonctions

^^{z) et 0\{z)

ont des coefficients positifs; et comme les racines des équations

et

sont toutes plus petites que la plus grande racine ^^ de l'équation

(§ 6), on voit que ce produit sera aussi positif pour ^ = C^.

Il est facile de voir que le produit conservera ce signe -h pour toutes les racines

de l'équation

car entre deux racines consécutives quelconques de l'équation

0^{z) = O chacune des équations

•K(^) = 0 et 0\{Z):=O

aura toujours une racine seulement (§ 6), en vertu de quoi le produit aura le même signe pour toutes les racines

de l'équation

On aura donc bien

<^o(Ct)^0

pour les valeurs de i= 0, 1, 2,.

Ainsi, la fraction

qui, comme on a vu dans le § 1, est égale à la fraction continue

se ramène à la somme

dans laquelle les quantités X,. sont toutes réelles et distinctes, et les

<go(Ct)

des quantités positives.

Comme cette somme ne diffère que par les notations de la somme

que nous avons étudiée dans le mémoire précité sur les fractions on trouve, d'après la formule donnée à la fin du § 5 de ce Mémoire, l'égalité suivante:

2v(«^ 2v«.-'^ ■■■■ I^^-^-'It

OqU '

Or, d'après ce que nous avons dit dans le § 2, on a en vertu de quoi l'égalité précédente peut s'écrire

d'où l'on tire la formule

Sv-^i'^^viw

(fi. = 0, 1,2,

dans laquelle le dernier coefficient a^^j sera égal à y, coefficient de z dans le dernier dénominateur Z.

Ainsi pour toutes les racines

^ = Co ? Cl , . . . , ^„ de l'équation

on aura

<go(^) ^ 1

et comme, en vertu de (2) et (3), z = v annule la fonction O^ {z)^ on obtient la formule

<PoW ^ 1

<P'i (») «1 W {^) H- «2 4^iM«) -*-• • • -*- a„i ¥m—i (») -t- T *^OT W*

§ 8. Dans le § 1 nous avons montré que les limites de la difî'éreuce entre l'intégrale

\f{x)dx

et le résidu intégral

sont données par

et l'on voit d'après la valeur trouvée de la fraction

que le degré d'approximation avec laquelle le résidu intégral

donne la valeur de l'intégrale

\mdi

sera déterminé par la fraction

dans laquelle la quantité y seule dépend des limites a, h des intégrales considérées.

Cette fraction augmente lorsque y diminue, et elle diminue lorsque Y augmente. Comme la valeur de y qui est toujours positive sera nulle pour a = — oo, h = oo, et deviendra infiniment grande pour ^J;^ (a) = 0 ou '\^^{b) = 0 (§§ 1 et 6), on voit que la différence entre l'intégrale

\fix)dx

et le résidu intégral

tendra vers zéro si a ou 6 s'approche indéfiniment de la valeur d'une racine de '^^ (z) et si v n'est pas racine de cette fonction, ce qui est bien conforme aux résultats auxquels nous sommes arrivés dans le § 5.

La limite (7) de cette différence atteindra au contraire sa plus grande valeur pour a = — oc, 6 = cxd et ce réduira pour ces valeurs des limites a, 6 à la fraction

2 ' ai ^o' {V) ■+- «2 ^1» {v) -*-.... H- a„ ^2„i {v)'

Il est facile de voir que la valeur de cette fraction diminue lorsque le nombre 7)1 augmente, et qu'elle deviendra nulle pour m = cx), si la série

est divergente. Cette fraction dépend évidemment de v aussi, et par conséquent, selon la valeur de v, le résidu intégral

donnera la valeur de l'intégrale

\fix)dx

avec une approximation plus ou moins grande. Il est cependant facile de montrer que pour certaines valeurs de v la valeur de la fraction

2 ai ^o' {v) H- «2 v|;i2 (t;) H-. . . .-*- a^ ^■^^^ [v) '

et par conséquent aussi la valeur de la fraction (7) dont elle est la limite supérieure, sera plus petite que

En effet, en désignant par D la plus grande valeur du dénominateur

a, V iv) -*- a, ']^,' (^;) -H . . . . -^ a„ f ^„^ {v) pour a < v < 6, nous trouvons l'inégalité

et comme d'après les formules

\'}^,\x)f(x)dx = ^^ \^,'(x)f{x)dx = ^^.^. • . li\^ix)f{x)dx = ^,

le premier membre de cette inégalité se réduit à m, ou aura l'inégalité

b m < D I f{x) dx

ou bien

<ÀiM^='-

On voit par là que ^^ qui, conformément à notre notation, représente la plus

petite valeur de la fraction

2 ai ^0^ (V) -f- «2 <|>i=^ (r) -+- . . . . H- a„j vJ^S„i (v)

pour les valeurs de v comprises entre a et h, sera plus petite que

èf,if(^)^^-

Donc, quelles que soient les limites a et b, la différence entre l'intégrale

\f{x)dx

et le résidu intégral

ne peut pas surpasser la valeur de la fraction 1 1

2 ai <î;o2 {V) -+- a^ ^i^ {v)-^....-*~ a^ ^2^ (r)'

ou bien de la fraction

[ 4>o' (a;)/ (a;) aa; J ^^^ {x)f{x) dx J ^^x2(x)/(a;)da;

qu'on obtient en remplaçant les coefficients a par leurs valeurs tirées des formules

Les fonctions sont déterminées, comme on a vu, à l'aide du développement de l'intégrale

en fraction continue de la forme

aj^ -4- 32 -

Et comme la valeur de la fraction

2 Wi^) . 4>iM«) ^nt-i"(g)

ne change pas lorsqu'on multiplie les fonctions ^ par des facteurs constants quelconques, nous pouvons y prendre pour les fonctions

les fonctions que l'on obtient en développant l'intégrale

en fraction continue de la forme

les p étant des quantités constantes quelconques; car le changement des quantités p^, pg,. . . équivaut, comme il est facile de le voir, à l'introduction de facteurs constants dans ces fonctions.

Nous venons de montrer comment on détermine les limites de la différence entre l'intégrale

lf{x)dx

et le résidu intégral

dans le cas où l'on donne les 2m intégrales

l f{x)dx, ^xf(x)dx, ^ x''"'-'f{x)dx

et si l'on sait que la fonction inconnue f{x) reste positive pour les valeurs de X entre aetb.

Il est facile d'en déduire les limites de la différence entre les intégrales

\f{x)dx

et

\f,ix)dx,

si l'on a les égalités

\f{x) dx=:\f, (X) dx, \X f(x) dx=jxf, (X) dx...., ^x'""' f(x) dx=\x'''^^' f,{x) dx, a a a a a a

et si la fonction f^{x) reste aussi positive pour les valeurs de x entre 37 = a, x = h. En effet, dans ce cas on aura les mêmes résidus intégraux et les mêmes limites des différences entre les intégrales et les résidus intégraux, et par conséquent la différence entre les intégrales

\ax)dx,\f,{x)dx

ne pourra pas surpasser le double de la limite de la différence entre chacune de ces intégrales et le résidu intégral

Donc, si les égalités

\f{x) dx=\f^{x) dx, \xf{x) dx=\xf^{x) dx,.... ^x^""'' f{x) dx=\(â"'-'' /; {x) dx

ont lieu pour deux fonctions

qui restent positives pour les valeurs de x entre a et &, la différence entre les intégrales

\f{x)dx,\f,{x)dx,

ne pourra pas surpasser la valeur de la fraction

(^) ai V (") -*- «2 4'i* (v)-i-....-t- a^ 4^2„i (v)'

quelles que soient les limites a et h.

§ 9. Comme exemple de l'application de nos formules nous allons maintenant considérer le cas où l'on a

a = — oo, b = -*-oo

et

Dans ce cas, comme on va le voir, la limite supérieure de la fraction (8) pourra être déterminée quelle que soit la valeur de v^ et il en résulte un théorème qui peut avoir des applications utiles dans la Théorie des Probabilités.

D'après les formules données dans notre Mémoire Sur le développement des fondions à une seule variable *), dans lequel nous avons étudié le développemment de l'intégrale

-♦-oo

du

en fraction continue et les réduites

^oi^y 'j'i(a:)' ^zc^y '

nous trouvons que, dans le cas que nous considérons maintenant, les fonctions

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