CONTENUS DANS LE VIN ET DANS LE MOÛT DE RAISIN
Au point de vue qui m'occupe en ce moment, l'étude de la nature des gaz contenus dans le vin méritait une grande attention. Je me suis servi pour cet objet de l'appareil même qu'a imaginé M. Boussingault, en le modifiant légèrement, afin d'en rendre l'emploi plus sûr et plus pratique. Voici la manière d'opérer de M. Boussingault.
Un ballon de litre, muni d'un bouchon et d'une coiffe de
caoutchouc, porte deux tubes du diamètre des tubes à gaz,
comme l'indique la figure 23. Ges tubes sont très-ongs, garnis de robinets, et l'un d’eux est recourbé de façon à pouvoir s'engager sur une cuve à mercure, sous une éprouvette renversée pleine de ce liquide.
Rien de plus facile en échauffant un peu Fair du ballon, puis le refroidissant pendant que lun des tubes plonge dans l'eau, et que le robinet de l'autre est fermé, d'introduire 3 à
hoo centimètres cubes d’eau dans le ballon.
Alors le robinet R' étant fermé, le robinet R ouvert et l'extrémité du tube recourbé engagée sous le mercure, on chasse rigoureusement tout l'air du ballon en portant à l'ébullition l'eau qui s y trouve. Lorsque tout l'air a été chassé par la vapeur d'eau, on laisse refroidir le ballon , le mercure monte dans le tube , et l'on s'assure facilement, en surveillant la colonne de mercure après le refroidissement, que les robinets tiennent
exactement le vide. Lorsque cette condition est remplie, on
introduit dans le ballon un volume déterminé du liquide à éprouver, en plongeant l'extrémité B du tube R'B dans ce liquide et en ouvrant le robinet R’.
Lorsque le liquide est introduit, on le fait bouillir, R' étant fermé et R ouvert, et l'on recueille tout le gaz dans une éprouvette sur le mercure.
Ce procédé que j'ai appris à connaître dans une des excellentes leçons de M. Boussingault au Conservatoire des arts et métiers, leçon à laquelle j'assistais, est exactement celui que j'ai adopté; seulement j'ai supprimé les robinets et le bouchon de liége. J'avais trouvé trop de difficultés à rencontrer des robinets et un bouchon tenant le vide après une longue ébullition. Voici la disposition simple et sûre à laquelle je me suis arrêté.
Un ballon de litre, auquel on a soudé un long tube de verre de 1 mètre recourbé, est fixé à l'aide de brides de cuir sur une planche découpée comme l'indique la figure 24 ci-après. Un anneau de fer portant un appendice fixe avec des vis à la planche soutient en outre le ballon. L'anneau de fer est entouré d'une bande de toile afin que le ballon repose mieux sur l'anneau. Le ballon est ainsi rendu très-solide, très-maniable, et d'un transport facile.
Le ballon est placé dans un bain de chlorure de calcium. Un vase cylindrique de fer-blanc de quelques litres de capacité sert à contenir et à faire bouillir le bain de chlorure. Un trépied en fer porte le vase de fer-blanc, qui est chauffé par une lampe à gaz, ou sur un fourneau au charbon de bois, si le gaz fait défaut.
Pour soutenir la planche et son ballon il suffit d’un support
de métal à longue tige, dont la mâchoire s'engage dans un trou
pratique dans la planche. En outre, la planche repose sur le bord même du vase de fer-blanc.
Le ballon est rempli d’eau au tiers et même un peu plus. fl