Journal d' agriculture pratique , 1872, II, p
3. Vergnette-Lamotte (A. de). Ibid., p. 54-55. (Notes de l'Édition.)
qu'il ail jamais conservé des vins altérables par le chauffage, puisqu'il a déclaré formellement, en 1850, que tous les vins cF une santé douteuse sont altérés par la chaleur. Je lui rappelle encore que, s'il avait trouvé, en 1850, le procédé de conserver les vins par le chauffage, il ne m'aurait pas écrit, en 18G4, une longue lettre pour m'encourager à chercher un moyen de conservation, me disant que je donnerais des millions à la France, si je réussissais.
Au lieu de me répondre sur tous ces points, comme c'était son devoir, M. de Yergnetle vous dit, en tournant bride tout à coup : « Je ne veux pas suivre M. Pasteur dans sa polémique; les revendications de ])riori[é n'ont aucun intéi'èt pour vos lecteurs. » Je ne suis pas de cet avis. Les questions de priorité intéressent la moralité publicjue, parce qu'elles traitent de la projiriété scientifique, plus respectable encore que toute autre propriété, et qu'il importe extrêmement que l'opinion publique ne s'égare pas sur les véritables auteurs des progrès scientifiques et industriels.
Si M. de A'ergnette ne veut pas répondre à ma lettre, c'est tout simplement que je l'ai mis au pied du mur, et qu'il est couvert de cette confusion qu'il a déjà éprouvée devant l'Académie des sciences, lorsque, s'arrêtant dans une citation qui n'avait son véritable sens que dans la phrase suivante, il a refusé obstinément de lire cette phrase.
Le procédé de conservation des vins c|ue M. de \'ergnette réclamait de mes efforts en 1864 ('), je l'ai découvert, et j'ai donné, en elîet, à la Bourgogne notamment, des millions qu'elle n'a qu'à ramasser si elle le désire, et dont ;\I. le vicomte de Vergnette, propriétaire et négociant en vins, a déjà largement profité. J'ai réussi dans cette recherche au delà de tout espoir, ainsi (|u'on va le voir de nouveau très prochainement par le procès-verbal de la dégustation qui vient d'être faite dans mon laboratoire par les membres de la Commission syndicale des vins de F^aris, en présence de plusieurs membres de la Société centrale d'agriculture (2).
M. de Vergnette, qui a chauiïé du vin en 1850, mais sans comprendre ce qu'il faisait, voudrait aujourd'hui partager l'honneur de la découverte avec moi, mais je lui déclare qu'il n'y parviendra pas.
Quand il a dépouillé Appert en 1850 d'une manière si audacieuse. Appert était mort et n'a pu réclamer : c'est moi qui ai revendiqué ses droits. Quant à moi, j'ai le bonheur de vivre encore, et je saurai défendre la vérité.