AVERTISSEMENT DE LA PREMIERE ÉDITION
Au mois de juillet 1863, l'Empereur voulut bieu m'encourager à |)orter mes recherches vers la connaissance des maladies des vins. Déjà guidé par des observations de détail, ([iie mes études relatives aux fermentations m'avaient suggérées, j'entrevoyais la possibilité d'un travail profitable sur ce sujet, auquel je me consacrai dès lors avec la pensée de son intérêt pour une des plus gi-andes productions agricoles de la France et le désir de répondre à la bienveillance d'un auguste patronage.
Aujourd'hui que je me décide à publier mes observations, afin de hâter les essais d'applications industrielles qui en découlent, je sens trop combien elles sont insui'lisanles ; mais j'ai l'espoir qu'elles pourront servir de base à des études |)his approfondies.
Le 3 décembre 1865, j'eus l'honneur d'être reçu par l'Empereur au palais de Compiègne et d'ex|)oser à Sa ^Majesté les résultats de mes recherches, en Lui remettant la lettre suivante, dont Elle a daigné autoriser la publication.
Sire,
Votre Majesté, préoccupée avec raison du préjudice que portent au commerce des vins de France les altérations auxquelles ils sont sujets, a daigné m'inviter, il y a deux ans, à rechercher les causes des maladies des vins et les moyens de les prévenir.
Depuis le jour où j'ai été honoré de cette importante mission, je n'ai cessé de m'y appliquer tout entier.
Les résultats auxquels je suis parvenu sont exposés dans l'ouvrage ci-joint, qui a pour titre : Etudes siii- le vin. — Ses inaladies; causes qui les provoquent. — Procédés nouveaux pour le conserver et pour le vieillir.
Si le temps, juge nécessaire et infaillible de toutes les productions
de la science, consacre, comme je l'espère, l'exactitude de mon travail, j'aurai acquis. Sire, la satisfaction la plus enviable pour un savant, celle d'avoir servi utilement mon pays, en répondant à un désir de l'Empereur.
Je suis avec le plus profond respect,
Sire,
de Votre Majesté,
le très humble et très fidèle serviteur et sujet.