‹ Œuvres de Pasteur (volume 4)Chapitre 12 sur 102 · NES NS GR · texte numérisé non relu

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La forme des cristaux sublimés peut très bien se déduire de la forme des cristaux obtenus par dissolution, bien que ces deux formes paraissent tout à fait distinctes, et que certaines faces saillantes dans l’une n’existent même pas dans l’autre. En effet, les faces À et P des cristaux obtenus par dissolution à la température ordinaire sont les faces M et À du sublimé, et les arêtes d’intersection des faces o! et o!!, o! et o" correspondent aux faces 2a!. Cependant, la formation constante de faces secondaires proéminentes sur l’une des formes, et qui ne se rencontrent pas du tout dans l’autre, engage M. Mitscherlich à considérer comme dimorphe le bichlorure de mercure.

Comparons à présent les formes bien connues du bichlorure de mercure sublimé et du bi-iodure rouge. La forme primitive de l’iodure rouge est le prisme droit à base carrée. La forme primitive du bichlorure de mercure sublimé est un prisme rhomboïdal droit qui a pour angle des pans 86°,12!. Le rapport des dimensions du rectangle qui correspond au rhombe de la base est presque égal à l’unité. Ce

rectangle est donné, en effet, par les faces 4! et 2! prolongées (fig. 6), et d’après les mesures citées on a 4! : M"— 133,4; si l’on avait k':M"— 135, le rectangle serait un carré, Voilà donc un premier point établi : la forme primitive du chlorure de mercure sublimé est une forme limite voisine du prisme droit à base carrée qui est précisément la forme primitive de l’iodure rouge. Cherchons maintenant si, en partant des dimensions du prisme rhomboïdal ou rectangle du chlorure, l’octaèdre aigu o (fig. 4), à base carrée, ne dérive pas par une loi simple de ce prisme rectangle représenté (fig. 6) par les faces X!, 2' prolongées.

Soient (fig. 7) O0", OE, OT les trois axes ou dimensions moléculaires du cristal qui aboutissent 5 au sommet O dans la figure 6. Si l’on prend sur OE

TR

à partir du point O une longueur Oa proportionnelle à OE, et sur OO’ une longueur Ob proportionnelle à quatre fois O0’, on trouvera que la facette parallèle

à OI menée par les points à et b fera avec la base du prisme rectangle (fig. 6) un angle compris entre 0’ 109 et 110°. Or on a vu que l’angle de la face O de Fi. 7. l’octaèdre aigu (fig. 4) avec la base est égal à

109,30". Ceci nous prouve qu’en adoptant les dimensions moléculaires du bichlorure sublimé pour les dimensions du prisme carré de l’iodure rouge, les faces O de celui-ei auraient pour signe } x.

Il résulte de ce qui précède que, si le bi-iodure jaune de mercure était isomorphe avec le bichlorure de mercure, les deux formes propres à l’iodure de mercure jouiraient des propriétés que nous ont offertes les deux formes des substances dimorphes. Malheureusement. cet isomorphisme ne peut être établi avec une entière certitude, parce que l’on ne connaît qu'imparfaitement la forme cristalline de l’iodure jaune. Si nous nous reportons à la figure 6, nous verrons que les faces + m!et X! font un angle de 115°3'. Supposons

que les faces A! et + m! se développent de !

F Fire. 8.

manière à faire disparaître deux faces + 7»

opposées. On aura alors un rhombe (fig. 8) qui aura les mêmes angles que la base rhombe de l’iodure jaune. C’est là, je pense, ce qui a lieu dans les petites lames rhomboïdales d’iodure jaune, lorsqu'elles se subliment; deux des faces disparaissent par le développement des autres. Il faut remarquer que, d’après les observations de M. Warington, il y a dans les cristaux d’iodure jaune un

clivage facile parallèle aux faces que je regarde comme supprimées ou au moins rendues microscopiques. Or on sait que toujours les plans de clivage sont parallèles à des faces qui peuvent exister dans le cristal. Je pense, en définitive, que le bi-iodure de mercure jaune est isomorphe avec le bichlorure de mercure. D'ailleurs on peut invoquer, à l'appui de cette opinion, l’isomorphisme généralement constaté entre les combinaisons de même ordre où le chlore remplace l’iode.

Mésotypes et micas.

Je suis très porté à croire que l’on réunira un jour définitivement les diverses variétés de mésotypes. La mésotype proprement dite cristallise en prisme rhomboïdal droit dont l’angle est de 91°,20'. C’est une forme limite qui peut passer au prisme droit à base carrée ou au prisme oblique à base rhombe tres peu oblique. On rencontre, en effet, des variétés qui ont pour forme primitive ces divers prismes. Il est vrai qu’on a trouvé la composition variable; mais il y a très longtemps qu'on a émis l'opinion, encore soutenable aujourd’hui, que la chaux unie à l’eau atome à atome pourrait bien être isomorphe avec la soude. De cette manière, la composition devient la même, etjon n’a plus qu’une espèce qui serait dimorphe et même trimorphe. Je ne parle pas de l'identité des dimensions des divers prismes. Les facettes des sommets sont inclinées de la même manière à très peu près dans les diverses variétés.

Les micas à fdeux axes ont pour forme primitive un prisme rhomboïdal droit très voisin de 120°. C’est une forme limite qui peut passer au prisme hexagonal régulier, comme nous en avons eu déjà plusieurs exemples. Alors le cristal est à un axe. Il est probable que beaucoup de micas à un et deux axes sont des variétés d’une même espèce

dimorphe.

Sulfotricarbonate de plomb.

Cette espèce minérale, étudiée par MM. Brooke et Haidinger, est dimorphe. Certains échantillons cristallisent dans le système hexagonal régulier et sont à un axe (Brooke); d’autres sont des prismes obliques à base rhombe, mais dont l'angle des pans est de 120°,20' et l'angle de la base sur les pans 90°,40'. Cette dernière forme peut passer par une modification sur les arêtes verticales identiques à un prisme hexagonal presque régulier (1).

1. Les cristaux de sulfotricarbonate de plomb sont des tables minces hexagonales, biselées sur les bords. Tout annonce au premier aspect qu'ils appartiennent au prisme hexagonal

Sulfate de nickel. — Séléniate de zinc.

Ces deux sulfates sont isodimorphes, et par l’une de leurs formes ils sont isomorphes avec les sulfates de zinc et de magnésie. Il ne s'agit ici que des sulfates à 7HO. La forme ordinaire des cristaux de sulfate de nickel, de sulfate de zinc, etc., est un prisme rhomboïdal droit dont l'angle varie, pour ces diverses substances, de 90°,10/ à 919,30". C'est donc une forme limite, et elle peut passer par une faible variation dans les angles des pans au prisme droit à base carrée. C’est, en effet, l’autre forme des cristaux de sulfate de nickel et de séléniate de zinc. M. Mitscherlich, qui a fait de si curieuses et si importantes observations sur les substances dimorphes, a fait voir que les cristaux rhombiques exposés au soleil se transformaient, après quelque temps, en cristaux quadratiques, même assez volumineux pour pouvoir en mesurer les angles.

Le sulfate de nickel est trimorphe. Il cristallise à la température de 52° et au-dessus en prismes obliques à base rhombe. Il offre alors [1 même forme que les sulfates de zinc et de magnésie lorsqu'ils cristallisent également au-dessus de 52°. M. Haïdinger, qui le premier a observé ce fait, et M. Mitscherlich, qui l’a étudié de nouveau, ne donnent malheureusement pas les angles de cette troisième forme. J'ai essayé de l'obtenir, mais je n'ai pu me procurer que des cristaux trop petits pour en pouvoir mesurer les angles. Si cette troisième forme ne répond pas à un arrangement moléculaire très différent de ceux qui correspondent aux deux premières formes, en d’autres termes, s’il y a simplement trimorphisme et non isomérie, je suis persuadé que l’inclinaison de la base sur les pans du prisme oblique ne différera que de 3 ou 4° au plus de 90°. Car ce prisme oblique devra être une forme limite. L'étude de la perte d’eau par exemple, à telle ou telle température, pourra servir à décider s’il y a isomérie, c'est-àdire changement profond dans l’arrangement moléculaire.

Le rapport de la base à la hauteur dans les sulfates précédents, cristallisés en prismes rhomboïdaux droits, est très sensiblement égal

Or, si l’on calcule l'angle que ferait avec la base du prisme une facette dont le signe serait b*, on trouve 112°,38'. L’angle de la base

régulier. En général, cependant, leur système est celui du prisme rhomboïdal oblique, comme l'attestent les phénomènes optiques. Aussi M. Brooke a-t-il pu être induit en erreur, s’il ne s'est pas assuré directement que ses cristaux étaient réellement à un axe optique. L'École des Mines possède plusieurs échantillons de cette espèce minérale. M. Dufrénoy voulut bien me permettre de les étudier : ils sont tous à deux axes.

avec la face de l’octaèdre aigu du sulfate de nickel cristallisé dans le système du prisme droit à base carrée est égal à 110°,40/, La différence de ces deux angles est de 1°,58'. Nous voyons encore ici que les dimensions moléculaires peuvent être regardées comme sensiblement égales ou du moins sont dans un rapport simple, pour le prisme rhomboïdal et pour le prisme carré droit.

Grenat. — Idocrase.

Tous les minéralogistes allemands et anglais s'accordent pour dire que la composition chimique du grenat et de lidocrase est la même, et que c’est là un autre exemple de dimorphisme. Chacun sait que le grenat appartient au système cubique, et l’idocrase au système du prisme droit à base carrée. Il y a donc ici dimorphisme avec forme limite; mais il faut, en outre, si les conclusions de ce travail sont justes, que le rapport des dimensions puisse être regardé comme le même dans les deux formes primitives. L'une de ces formes étant le cube, il est nécessaire que dans l’idocrase le rapport de la base à la hauteur soit très sensiblement égal à 1. Or le rapport admis par les minéralogistes est celui de 25 à 13, ou celui de 12,5 à 13, en donnant le signe b! à la face b*. En d’autres termes, il faut que l’angle de l’octaèdre D = soit voisin de l'angle de l’octaèdre régulier. La différence n'est que de 1°,47.

Chlorure de naphtaline. — Chlorure de naphtaline monochlorée.

Ces substances ont été étudiées avec soin par M. Laurent, qui en a fait connaître aussi les formes cristallines. Je commencerai par décrire ces formes en citant les termes mêmes de son Mémoire (!).

Chlorure de naphtaline. — « Les cristaux formés dans l’éther à 100° sont des prismes courts, obliques, à base rhombe, qui se présentent tantôt avec une modification, tantôt avec une autre. Je les ai toutes réunies dans la figure 9. La forme dominante est le prisme rhomboïdal CBB'. On rencontre toujours les modifications 00', dd! et rarement #/, ss!', PP', AA.

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CB! À — 108,30 CDN.

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