‹ Œuvres de Pasteur (volume 4)Chapitre 44 sur 102 · TO MEN · texte numérisé non relu

TO MEN

Angle des arètes d’intersection des faces (m, m) et (L L)— 110956.

Rien dans ces cristaux n’annonce l’hémiédrie.

Nota. — Si l’on fait cristalliser un mélange à poids égaux de bimalate d’ammoniaque inactif à 3(HO) et de bimalate d’ammoniaque actif ordinaire, voici ce que l’on observe. IL se dépose en premier lieu des cristaux de la forme du bimalate actif ordinaire. L'eau mere fournit ensuite des cristaux en prismes obliques, identiques avec ceux que je viens d'étudier. La nouvelle eau mère laisse déposer des cristaux -de la forme du bimalate actif, puis, après décantation, des cristaux en prismes

obliques, jusqu’à la dernière goutte. Mais je reviendrai plus tard sur la cristallisation des mélanges de substances actives et inactives.

Action de la chaleur. — Le bimalate d’ammoniaque inactif soumis à l’action de la chaleur se comporte exactement comme le bimalate actif. Il y a perte d'eau et d’ammoniaque, et formation de cet acide

azoté dont la composition est la même que celle de l’acide aspartique, moins 3 molécules d’eau.

J'ai placé dans un même bain d’huile deux tubes renfermant, l’un du bimalate actif, l’autre du bimalate inactif de même forme et de même composition, et j'ai élevé graduellement la température. À une différence près de quelques degrés, les phénomènes sont identiques dans les deux tubes. Ainsi à 100° un papier de tournesol rouge, humide, commence à bleuir un peu dans le tube qui renferme le sel inactif. Ce n’est que vers 110° que le papier bleuit dans l’autre tube. A 160, le bimalate inactif entre en fusion, ce qui n'arrive que vers 170° pour l’autre sel. La vapeur d’eau est déjà en quantité sensible dans le tube inactif à 165°, tandis qu’elle n'apparaît qu'à 170° dans le tube actif. Si l’on retire les tubes à 180°, qu'on reprenne par l’eau les résidus, la dissolution est complète dans le tube actif, incomplète dans l’autre. La partie insoluble est l’acide découvert par M. Dessaignes, qui se transforme, sous l'influence des acides énergiques, en acide aspartique.

L'expérience précédente, répétée sur le bimalate inactif à 3 (HO), donne les résultats suivants. Le papier rouge commence déjà à bleuir vers 90, et le sel est complètement fondu de 125 à 130°. En reprenant par l’eau le résidu du tube porté à 180°, il reste une grande quantité de matière indissoute.

Malates de chaux neutres actifs et inactifs.

Une solution aqueuse d’acide malique inactif neutralisée par l’eau de chaux ne donne lieu à aucun précipité. Ajoute-t-on de l'alcool, il prend aussitôt naissance des flocons blancs, amorphes, de malate neutre.

Si l’on fait bouillir la solution aqueuse neutre précédente, elle ne tarde pas à donner lieu à un précipité grenu, cristallin, de malate neutre de chaux, très peu soluble dans l’eau froide ou chaude,

CSH# 08,2 (CaO).

Enfin, si l’on ajoute à une solution de bimalate d’ammoniaque un sel de chaux soluble et de l’ammoniaque en excès, il n’y a pas formation de précipité; mais, en vingt-quatre heures, des cristaux limpides, d'ordinaire réunis en mamelons rayonnés, se déposent sur les parois du vase. Leur composition s'exprime par

CSH“08,2(CaO) + 5(HO).

Or ces trois caractères sont exactement ceux que l’on sail appartenir à l’acide malique actif ordinaire.

Bimalates de chaux actif et inactif.

Le malate neutre de chaux actif, dissous dans l'acide nitrique faible, laisse déposer du bimalate de chaux hydraté en beaux cristaux limpides dont la forme est représentée figure 13. C’est un prisme droit à base rhombe, portant un biseau aux extrémités. L, L sont les faces des pans; 7», m celles du biseau. Souvent les cristaux portent les faces M d’un deuxième prisme rhomboïdal, et les faces d’un autre biseau 7»7!, m'. Quant aux troncatures 2, elles méritent de fixer l'attention. Ce sont des facettes hémiédriques. Elles n'existent pas toujours sur les cristaux de bimalate de chaux, et jusqu’à présent je n'avais pu découvrir l'hémiédrie dans cette substance. Mais j'ai obtenu récemment plusieurs cristallisations où pas un cristal n'était privé des quatre facettes 2, que l’on reconnait aux caractères suivants : si l’on place le cristal devant soi, disposé comme l'indique la figure, la facette X, la plus voisine de l'observateur à l'extrémité supérieure

du cristal, est toujours inclinée à droite. La loi de

FrG. 18.

symétrie exigerait, par conséquent, une autre facette / inclinée à gauche de la même manière. Cela ferait en tout huit facettes L. Or il n’y en a jamais que quatre dont le prolongement conduit à un tétraèdre irrégulier (1). On a, d’ailleurs :

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