‹ Œuvres de Pasteur (volume 4)Chapitre 49 sur 102 · UD) =38,44 (441) : (M · texte numérisé non relu

UD) =38,44 (441) : (M

Bimalate d'ammoniaque.

Le bimalate d'ammoniaque préparé avec l’acide malique ordinaire n’est jamais hémiédrique s’il a cristallisé dans l’eau pure. J'ai étudié

1. On pourrait demander si la cristallisation du bimalate de chaux inactif dans l'acide nitrique offre quelque particularité. Il ÿ a deux bimalates de chaux inactifs renfermant des quantités d'eau de cristallisation différentes, et qui peuvent se former tous deux soit dans l’eau pure, soit dans l'acide nitrique faible. L'un de ces bimalates a exactement la même composition, la même forme cristalline que le bimalate actif; seulement les faces hémiédriques À n'existent jamais, quel que soit le mode de cristallisation. (Note de Pasteur.)

Dans le volume qu’il projetait en 1878 sur la Dissymétrie moléculaire, Pasteur a supprimé

ce renvoi. (Note de l'Edition.)

pendant bien longtemps cette substance avant de pouvoir y faire apparaître à volonté et d’une manière constante les facettes hémiédriques que déjà j'avais remarquées sur quelques cristaux de bimalate dont l'acide provenait de l’asparagine, mais qui ne se montraient jamais dans le bimalate préparé avec l'acide du sorbier, des pommes, des raisins et du tabac. Je suis enfin parvenu à produire forcément l'hémiédrie dans ce beau sel, plus remarquable encore que le bimalate de chaux par la facilité avec laquelle il cristallise, la netteté et la limpidité de ses cristaux. ’

Je sursature l'acide malique ou le bimalate d’ammoniaque ordinaire par l’ammoniaque; puis j'évapore la liqueur jusqu’à ce qu'elle prenne une teinte brune par l'effet d’un commencement de décomposition, Pendant cette opération, le sel perd beaucoup d’ammoniaque, redevient sel acide, et il se développe en petite quantité divers produits. La masse fondue, refroidie, est reprise par l’eau et mise à cristalliser. Elle fournit d’abord une cristallisation grenue, mamelonnée, souillée par une eau mère visqueuse colorée. Cette eau mére est enlevée en comprimant les cristaux entre des doubles de papier. La masse cristalline, grenue, presque incolore, que l’on obtient alors, donne facilement une nouvelle cristallisation assez nette de bimalate d’ammoniaque encore impur, mais dont tous les cristaux sont déjà visiblement hémiédriques. Une autre cristallisation les donne purs, très limpides, et encore tous hémiédriques. Mais, par de nouvelles cristallisations, on rend le bimalate parfaitement homoëdre, ce qui prouve que très probablement les cristaux ne sont hémiédriques qu'autant que l’eau mère, au sein de laquelle ils prennent naissance, renferme quelque produit étranger. Ce qui prouve encore que le caractère hémiédrique n’est pas dû à quelque modification éprouvée par le sel quand on le chauffe, c’est que, si l’on ajoute du bimalate d’ammoniaque ordinaire non hémiédrique à du bimalate qui a été chauffé, on rend hémiédrique le bimalate ajouté, c’est-à-dire que le poids total de la cristallisation hémiédrique est supérieur au poids de bimalate qui a été chauffé. Cependant, j'ai remarqué que quelquefois une cristallisation hémiédrique qui ne paraît nullement souillée de produits étrangers redonne une nouvelle cristallisation, qui est encore hémiédrique.

Quant à la forme cristalline et aux angles des faces du bimalate hémiédrique, ils sont les mêmes que pour le bimalate ordinaire.

Je crois utile de noter encore ici quelques particularités dignes d'intérêt que présente le bimalate d’ammoniaque hémiédrique obtenu dans les circonstances que je viens de rapporter. Lorsque le bimalate

se forme dans une eau mère presque pure, par exemple à la troisième ou quatrième cristallisation depuis qu'il a été chauffé, il est en cristaux nets, limpides, qui ont la forme fig. 1: c’est-à-dire qu'ils ressemblent beaucoup, pour le nombre et la disposition des faces, à ceux du bimalate de chaux. Les angles seuls sont différents(). Les faces X sont les faces hémiédriques, placées comme dans le bimalate de chaux. J'ai pu étudier plusieurs cristaux complets où l’on voyait très nettement que les faces L étaient des faces tétraédriques. D’après la figure, ces cristaux purs offrent donc, outre les faces hémiédriques, les faces des deux biseaux que l’on rencontre en général dans le bimalate d’ammoniaque ordinaire. Mais dans les premières cristallisations, les faces X

Fic. 4. He" 5 Fi. G.

existent seules aux extrémités du cristal. Elles ont fait disparaître, par leur développement, le système des faces L et R. De plus, elles sont toujours très courbes. Aussi n'est-ce que par une étude attentive du clivage et des angles des pans du prisme que l’on arrive à se convaincre de l'identité de forme de ce bimalate avec le bimalate ordinaire. Les cristaux ont souvent alors les formes très simples fig. 4, 5 et 6.

J'ai pu reconnaître sur quelques cristaux que la courbure des faces provenait presque certainement de l'existence de deux faces voisines, faisant entre elles un angle très obtus. En effet, dans ces cristaux l’arête d’intersection de 2 et de M est visiblement formée de deux lignes courbes se coupant sous un angle très obtus, comme l'indique la figure 6. J'ai déjà fait remarquer, dans des recherches antérieures, qu'en général la courbure des faces dans les cristaux était produite lorsque des faces faisaient entre elles un angle dièdre très obtus.

1. I faut aussi noter que l'arête d'intersection des faces À et L dans le bimalate d'ammoniaque est située dans le plan vertical qui passe par la grande diagonale de la base du prisme MM', tandis que dans la figure 1, qui est, à proprement parler, la représentation du bimalate de chaux, c’est l'arête d’intersection de À avec R qui est située dans ce plan.

La courbure des faces hémiédriques diminue avec le nombre des cristallisations.

Enfin, une particularité curieuse, mais dont on ne voit pas l’explication actuellement, c’est que dans les premières cristallisations, c'est seulement l’arête d’intersection de À avec M en avant qui tombe à droite, comme l'indiquent les figures. l’arète d’intersection de 2! sur M'par derrière est à peu près horizontale sur presque tous les cristaux. Mais dans la troisième ou quatrième cristallisation, bien qu'il y ait encore souvent une légère çourbure des faces , leurs arêtes d’intersection avec les pans sont horizontales de chaque côté du cristal.

Voici les angles et la notation des faces du bimalate d’ammoniaque en prenant pour forme primitive le tétraëdre {Af :

Angles mesurés. Angles calculés.

REMEA2 50281 »

h:M— 142,54 hi: M—142,59.

Paramètres.

Gil b—1,38653 ce — 1,07606.

Notation des faces.

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