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Nous sommes également conduits, par ce tableau, à la conclusion ci-dessus énoncée au sujet des corps isomorphes. Je regrette que, parmi les tartrates, il ne se trouve pas davantage de produits isomorphes, afin d'établir la proposition que je viens d’énoncer, à l'aide d'un plus grand nombre de preuves. J'aurais désiré essayer aussi l'émétique arsénieux, également isomorphe avec les émétiques de potasse et d’anmoniaque ; mais je n'ai pas réussi à préparer ce produit.
On remarquera, en passant, le pouvoir de déviation extrêmement considérable des émétiques. Les tartrates ordinaires ont déjà un pouvoir notable; et cependant 10 grammes seulement d’émétique d’ammoniaque, dissous dans 180 centimètres cubes d’eau, ont donné 459,5 de déviation, tandis que 24 gr. 03 de tartrate de potasse, dissous dans 1 volume qui n’était que 120 centimètres cubes, n’ont donné que 30°,5.
Je me suis assuré que le pouvoir de déviation du tartrate d’antimoine était lui-même très considérable.
Avant de terminer ce sujet, je dois faire une remarque qui me parait d’une grande importance. Les sels ammoniacaux sont en général, comme on le sait, isomorphes avec les sels de potasse correspondants, et nous venons d’en rappeler un exemple, celui des émétiques de ces deux bases. Or le tartrate neutre de potasse et le tartrate neutre d’ammoniaque, quoique cristallisant sans eau de cristallisation et ayant par conséquent les mêmes formules, ne sont pas complètement isomorphes, comme il résulte des mesures de M. de La Provostaye. Cependant, si lPisomorphisme n'y est pas complet, on peut dire qu’il y en a des indices. Le système est en effet le même, et certains angles sont très sensiblement les mêmes. Les modifications se rapprochent : ce qu'il y a de remarquable, c’est que ces deux substances ont aussi presque exactement le méme pouvoir de déviation. En effet, la moyenne de plusieurs observations donne 319,2 pour le tartrate d’ammoniaque, et 30°,5 pour le tartrate de potasse lorsqu'ils sont dissous en poids équivalents égaux, les dissolutions ayant même volume.
En terminant l’exposé de ces recherches, on me permettra une dernière remarque. Admettons qu’il soit prouvé, d’une manière rigoureuse, que les molécules des corps isomorphes agissent de même sur la lumière polarisée. Puisque, pour arriver à ce résultat, nous sommes obligés de prendre pour équivalents des tartrates isomorphes de potasse, et de potasse et d’ammoniaque, des poids proportionnels à ceux que représentent les formules
C*H205KO et C'H2OÿK : (AzH) = O,
jy vois une raison de plus à ajouter à celles qu'ont exposées MM. Dumas et Laurent, pour regarder les sels doubles comme ayant une formule de même type que celle des sels simples où il entrerait
1 » 2 « À ! molécule de deux métaux différents.