Voir p. 329-344 du présent volume
3. ScnÜrzeNBERGER. Les fermentations. Paris, 187%, in-8. Introduction, p. 6. (Notes de l'Édition.)
symétrique, n'est en rien comparable à la possibilité de transformation d’un corps inactif en un corps actif Simple. C’est là ce qu'on n’a jamais fait; c'est là, au contraire, ce que la nature vivante fait sans cesse sous nos yeux, el telle est la proposition formulée dans les citations précédentes.
On peut ramener à des formes octaédriques la plupart des substances minérales où organiques. Je comprendrais aisément que le sulfate de potasse lui-même et beaucoup des corps minéraux ou organiques artificiels pussent se dédoubler en des symétriques inverses, parce que tout octaèdre contient en puissance deux tétraëdres symétriques, dont il peut être considéré comme l'assemblage. Ce que je ne crois pas possible, par le jeu des forces non dissymétriques auxquelles sont soumises nos réactions artificielles, c’est la transformation d’un corps ou d'éléments non dissymétriques en des corps dissymétriques.
Toutefois, c’est une distinction de fait et non de principe absolu que j'ai établie en 1860, ainsi que le lecteur peut s’en convaincre par la Note que j'ai insérée dans les Comptes rendus, Séance du 1e juin 1874 (1). Non seulement je ne crois pas que cette barrière entre les deux règnes minéraux et organiques soit infranchissable, mais j'ai assigné, le premier, des conditions expérimentales qui seraient propres, selon moi, à la faire disparaître. Tant que ces conditions n'auront pas élé réalisées avec succes, il est sage de croire à la distinction dont il s’agit et de la prendre pour guide.
C'est, en effet, en partant de la conviction que les réactions ordinaires de nos laboratoires sont impuissantes à créer la dissymétrie moléculaire, que j'ai osé prédire successivement : 1° que M. Dessaignes n'avait pu découvrir les acides malique et aspartique, mais seulement leurs isomères inactifs; 2° que MM. Perkin et Duppa n'avaient pu produire l'acide tartrique ordinaire, au moment où ces habiles chimistes venaient d'annoncer qu'ils y étaient parvenus. 3° Enfin, récemment, j'ai soutenu que la mannite n’était qu'apparemment inactive; que son pouvoir rotatoire devait exister, mais trop faible pour être mis en évidence par les moyens habituels, et cela, au moment même où deux chimistes (?) étaient portés à conclure que la mannite était un corps inactif pouvant donner des dérivés actifs. Depuis lors, ma prévision a été confirmée par M. Bichat et par M. Bouchardat.
1. Comptes rendus de l'Académie des sciences, LXXVIIT, 1874, p. 1915-1518, et p. 360-363 du présent volume.
2, Sur un exemplaire des Comptes rendus de l'Académie des sciences, Pasteur a corrigé au crayon « deux » par « divers » et il a noté en marge : « Est-ce qu'il y avait deux dans ma note manuscrite que je n'ai pas sous les yeux étant présentement à Arbois. Ce doit être divers et non deux. » (Notes de l'Édition.)