‹ Œuvres de Pasteur (volume 4)Chapitre 90 sur 102 · RÉPONSES · texte numérisé non relu

RÉPONSES

AUX REMARQUES DE MM. WYROUBOFF ET JUNGFLEISCH SUR « LA DISSYMÉTRIE MOLÉCULAIRE »

Je suis très surpris de la confusion établie par M. Wyrouboff (2 entre la dissymétrie moléculaire et la dissymétrie d’arrangement dans le cristal. La différence entre ces deux dissymétries n'est-elle pas assez démontrée par cette circonstance que le quartz fondu dissous, le chlorate de soude dissous, le formiate de strontium dissous n’ont aucune action sur la lumière polarisée; que, d'autre part, un cristal dissymétrique droit ou gauche d’une de ces substances, telle que le chlorate de soude, par exemple, donne par cristallisation nouvelle les deux sortes de cristaux hémiédriques ?

M. Wyrouboff s'élève contre l'hypothèse que j'ai faite dans une note de ma communication du 22 décembre à la Société chimique (), consistant en ce que le dédoublement du paratartrate de soude et d’ammoniaque aurait pour origine la présence de poussières organiques dans la solution ou à la surface des cristallisoirs. C’est là, de ma part, une idée préconçue, mais je l'ai donnée pour ce qu'elle vaut. Les idées à priori, les hypothèses, n’en déplaise à mon contradicteur, sont l’âme des progres de la science.

Si l'expérience que j'ai indiquée ne réussissait pas à empêcher le dédoublement du paratartrate, j’essayerais si ce dédoublement ne serait pas dû à une autre cause également dissymétrique, soit de la lumière, soit du magnétisme terrestre.

M. Wyrouboff croit triompher en assurant que les conditions de formation du paratartrate non dédoublé et du paratartrate dédoublé sont aujourd’hui très bien connues et qu’elles relèvent de questions

de solubilités plus ou moins grandes de ces combinaisons salines.

1. Bulletin de la Société chimique de Paris, nouvelle sér., XLI, séance du ® janvier 1884, p. 215-220.

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