‹ Œuvres de Pasteur (volume 5)Chapitre 25 sur 99 · OH205HO · texte numérisé non relu

OH205HO

de l'acide tartrique exige :

Carbone o2.0

Hydrogène 4,0

Oxygène 64,0.

Pouvoir rotatoire des deux acides. — l'n des faits les plus curieux dans l'histoire de l'acide tartrique, c'est le pouvoir spécial de dispersion qu'il exerce sur les plans de polarisation de la lumière, dont l'étude a été faite d'une manière si complète par M. lîiot. Les expériences suivantes suffiront pour montrer que la rotation exercée sur le plan de polarisation des rayons lumineux par l'acide dextroracémique est tout à fait la même que celle exercée par l'acide tartrique.

On a dissous 31 gr. 428 d'acide dextroracémique clans 68 gr. 571 d'eau. La densité apparente de la dissolution a été trouvée égale à L,1560. La température était 21°, et la longueur du tube d'observation 5(10 millimètres. On peut voir que le dosage de cette solution est tout à fait le même que celui d'une expérience de M. Biot, rapportée page 169 de son Mémoire de 1836 (*).

Toute la différence consiste en ce que la température d'observation était 25°, 5 et la longueur du tube 519mm,5.

Les teintes des images ordinaire et extraordinaire pour divers azimuts A sont consignées, pour l'expérience de M. Biot, dans le tableau suivant :

1. Biot. Méthodes mathématiques cl expérimentales pour discerner les mélanges et les combinaisons chimiques, etc.. présentées le 11 janvier 188G. Méritoires de l'Académie des sciences, XV, 1838, p. 93-279.

Blanc sensiblement.

Verl bleuâtre ou bleu verdàtre pâle.

Idem.

Bleu très visible.

Idem.

Bleu évanouissant, violet rougeâtre non exis

ant.

Idem.

Rouge violacé.

Blanc de lait.

Rouge orangé ou orangé rougeâtre.

Blanc sensiblement.

Jaune rougeâtre.

Vert bleuâtre pâle.

Blanc rougeâtre.

Vert bleuâtre ou bien verdàtre.

Blanc sensiblement.

J'ai observé avec soin, pour les mêmes azimuts, les teintes des images ordinaire et extraordinaire offertes par la solution dextroracémique, et j'ai obtenu les mêmes teintes que celles qui sont signalées dans ce tableau. Seulement j'ai trouvé, à 20° exactement, l'azimut de passage au lieu de 21°. Quant à la déviation offerte par le verre rouge, elle a été de 17°, 5. M. Biot trouve 18°,8.

Dans mon expérience, je devais trouver une déviation plus faible que 21° pour deux raisons : d'une part, le tube était plus court dans le rapport de 50 à 52, et la température 21°, au lieu de 25°, 5, et l'on sait que le pouvoir rotatoire de l'acide tartrique augmente avec la température.

M. Biot a donné une formule déduite de nombreuses expériences, au moyen de laquelle on peut déterminer le pouvoir rotatoire d'une solution tartrique, connaissant seulement la proportion d'acide tartrique qu'elle renferme. Cette formule est

[a>=A+Be.

[a] est le pouvoir rotatoire moléculaire pour le rayon rouge; A est une quantité constante pour toutes les solutions, qui varie seulement avec la température; B est une quantité constante = 14°, 31 ; e est la proportion pondérable de l'eau dans le système mixte.

Pour la température de 21°, A== — 0,17132. On a donc, pour le cas de la solution dextroracémique,

Si nous calculons, d'autre part, le pouvoir rotatoire au moyen de la formule

Wr = ;

on trouve

L'accord est parfait p

de telles expériences.

Si l'on comparait les teintes des images ordinaire et extraordinaire offertes par une substance qui disperse les plans de polarisation comme le quartz, le sucre, ..., à celles du tableau précédent, on verrait distinctement une différence pour la même déviation. D'ailleurs, pour toutes les substances qui suivent la loi de rotation générale des rayons simples, l'azimut moyen du verre rouge et l'azimut de passage sont entre eux, à épaisseur égale, dans le rapport constant de ^- Or, pour passer de la déviation 20°, observée ci-dessus, pour la teinte de passage, à la déviation 17°, 5 du rayon rouge, il faut multiplier par -~^-- Ceci prouve que les solutions dextroracémiques ne dispersent pas les plans de polarisation des rayons simples comme le quartz. Dans l'expérience que j'ai rapportée tout à l'heure, et extraite du Mémoire de M. Biot, le rapport est -^—-

Toutes les vérifications précédentes ne peuvent laisser aucun doute sur l'identité des acides tartrique et dextroracémique. L'examen de divers tartrates et dextroracémates achèvera tout à l'heure, d'établir ce fait avec une entière certitude.

Acide lévoracémique.

La préparation de l'acide lévoracémique se fait absolument comme celle de l'acide dextroracémique. Le lévoracémate de soude et d'ammoniaque est traité par le nitrate de plomb : le lévoracémate de plomb est ensuite décomposé par l'acide sulfurique étendu.

Cet acide cristallise facilement par évaporation lente, surtout s'il est mêlé d'un peu d'acide sulfurique, en très beaux cristaux limpides, volumineux, d'une grande netteté. Rien n'est plus curieux et plus extraordinaire à la fois, dans l'état actuel de la science, que l'étude de cet acide comparée à celle de l'acide dextroracémique ou tartrique. Entre l'acide tartrique et l'acide lévoracémique que l'on pourrait aussi appeler lévotartrique, il est impossible d'assigner d'autres différences que celles de l'hémiédrie et du sens de la déviation du plan de polarisation des rayons lumineux. Angles des faces, aspect physique, solubilité, poids spécifique, propriétés chimiques, composition, tout se ressemble dans ces deux acides; mais la forme cristalline de l'un est la forme symétrique de l'autre. Le cristal d'acide tartrique, présenté devant une glace, offre une image qui est exactement la forme de l'acide lévoracémique. D'autre part, l'acide lévoracémique dévie à gauche le plan de polarisation des rayons lumineux, tandis que l'acide tartrique le dévie à droite, mais de la même quantité absolue.

Forme cristalline [de l'acide lévoracémique. — La forme cristalline de l'acide lévoracémique est représentée figure 6. Comparée à celle de l'acide dextroracëmique, figure 5, on voit que ces deux formes sont des polyèdres identiques dans toutes leurs parties respectives, mais non superposables, symétriques. La superposition n'est pas possible, parce que P sur M diffère de 90°, que la face b n'est pas identique à la face k, en d'autres termes, parce que le prisme est oblique. Les angles sont les mêmes que dans l'acide dextroracëmique. Ce que j'ai dit eu décrivant la forme de l'acide dextroracémique des facettes c peut se répéter ici : elles disparaissent quelquefois complètement à droite, comme l'indique la figure. Le plus souvent elles existent à droite et à gauche; mais à part quelques cas très rares, elles sont toujours plus développées à gauche qu'à droite.

Il y a un clivage facile et très brillant parallèlement à la face M.

Via. 6.

Pyroélectricité de l'acide lévoracémique.

L'acide lévoracémique est fortement pyroélectrique, tout autant que l'acide dextroracëmique. Seulement, lorsque le cristal se refroidit, c'est le côté gauche (fig. 6 qui se charge d'électricité positive, le côté droit d'électricité négative, tandis que c'est l'inverse pour l'acide tartrique ou dextroracëmique.

Poids spécifique. Cet acide est tout à fait insoluble dans

l'essence de térébenthine pure. J'ai trouvé 1,7496 pour le poids spécifique de cet acide. C'est le poids spécifique de l'acide tartrique.

Composition chimique. — 0 gr. 5 d'acide lévoracémique cristallisé ont donné 0,583 d'acide carbonique et 0,182 d'eau.

On déduit de là :

Carbone ( . . 31,9

Hydrogène 4,02

Oxygène 64,08

La formule

Page 1