Voir p. 345 du présent volume. [Notes de l'Edition
Toutefois, l'objet <le ma lettre consiste surtout à rectifier cette autre assertion que les résultats dont il s'agit « viennent infirmer la proposition établie par M. Pasteur que les corps produits artificiellement dans les laboratoires ne peuvent exercer d'action sur la lumière qu'autant qu'ils dérivent eux-mêmes de substances actives ».
Il faut bien remarquer, en effet, que ce n'est pas de l'acide tari tique actif que MM. Perkin et Duppa ont produit, mais de l'acide racémique et de l'acide tartrique inactif. Ce dernier, et c'est en ceci que résille la principale nouveauté du travail de M. Junglleisch, se trouve être également un racémique résoluble en acide tartrique droit et en acide tartrique gauche. La proposition que je discute a pris un nouveau caractère, comme je l'ai déjà, je crois, fait remarquer antérieurement, à l'occasion du travail de MM. Perkin et Duppa, mais elle est toujours exacte. On peut même ajouter que les recherches dont nous parlons n'ont fait que caractériser davantage tout ce que cette proposition renferme d'étrange et de digne de remarque au point de vue de la manifestation des forces moléculaires, puisque, dans une opération chimique où tout indiquait pour la finesse des vues préconçues de MM. Perkin et Duppa que de l'acide tartrique allait prendre naissance, des racémiques seuls ont apparu sans la moindre trace du groupe tartrique proprement dit, à l'état d'isolement.
Je me résumerai en ces ternies : j'estime aujourd'hui, comme hier, qu'il aura fait une grande et profonde découverte, pleine des plus graves conséquences pour l'avenir de la physiologie et de la philosophie naturelle, celui qui aura formé un corps actif simple en parlant d'éléments minéraux ou de produits de laboratoire bien et dûment inactifs.
Veuillez agréer, etc.,