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par exemple, dans les jus de betteraves rendus un peu acides, dans les urines des diabétiques, et que l’on pourrait confondre avec la levûre de bière, à laquelle elle ressemble beaucoup par son mode de développement, si le diamètre de ses globules n’était sensiblement plus petit que celui des cellules de la levüre, plus petit d’un tiers où même
Diamétre moyen = 0 "s0r
FrG. 14.
de la moitié. Les globules de cette torulacée sont peu granuleux, plus translucides que les globules de la levüre de bière. Le noyau, quand il est visible, est unique et très net. Ces globules se multiplient par bourgeonnement et affectent la forme rameuse de la levüre de bière en voie de multiplication.
Ainsi, voilà trois productions nées sous l'influence des poussières que l’on a semées, productions de même ordre que celles qu'on voit
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Fic. 15.
naître dans ces mêmes liqueurs sucrées albumineuses quand on les abandonne au contact de l’air ordinaire.
Le 17 janvier, j'ai introduit des poussières dans deux autres de ces ballons d’eau de levüre sucrée demeurés sans altération depuis le mois de novembre.
Le 19 au matin, un des liquides est tout trouble. Il n'offre d’ailleurs aucune apparence de mycelium. Le liquide de l’autre ballon est encore très limpide. Aucune apparence de production organisée.
Le même jour, à cinq heures du soir, le premier ballon est dans le même état; Le trouble est seulement accru; quant à l’autre, la limpidité de son liquide est toujours parfaite, mais une touffe de mycelium sort du petit tube aux poussières et en garnit toute une extrémité.
Le 20, l’état du premier ballon n’a pas changé sensiblement. La moisissure du second s’est beaucoup développée, et il s’en est formé une nouvelle dans l’intérieur du liquide. En outre, la limpidité du liquide paraît légèrement altérée.
Le 21, le liquide du second ballon est presque aussi trouble que celui du premier, et les touffes de mycelium n’ont pris aucun accroissement depuis la veille, c’est-à-dire depuis que le trouble s’est manifesté dans toute la masse du liquide.
Le 22 et le 23 janvier, les touffes de mycelium restent toujours slationnaires, et il n’est pas douteux, comme on vale voir, qu'il faille
attribuer l’arrêt de leur développement à la présence des infusoires qui troublent le liquide, et qui, en s’emparant de l'oxygène dissous, privent la plante d’un de ses aliments les plus essentiels. Ce résultat est constant, et c’est là ce qui explique pourquoi dans le premier ballon, la production développée en premier lieu ayant été formée par des infusoires, on n'a vu naître aucune autre production organisée.
Voici la confirmation remarquable de cette opinion :
Le 23 janvier, voyant que les touffes du mycelium du deuxième ballon sont stationnaires depuis le 20, je fais tomber le petit tube aux poussières dans le goulot du ballon, comme le représente la figure 16, afin de placer la touffe de moisissures, qui garnit l’une des extrémités de ce petit tube, en contact avec l'atmosphère du ballon, et éloigner ainsi l'influence des infusoires.
Or, dix-huit heures après, dès le 24 janvier au matin, la moisissure a poussé des filaments dans toutes les directions, qui tapissent le petit tube et le goulot du ballon. Le 25, elle a fructifié. Le 27, elle s'étend en partie à la surface du liquide du ballon. A partir de ce jour elle ne s’est plus agrandie et est restée tout à fait stationnaire, parce que tout l'oxygène de l'air du ballon avait disparu et avait été remplacé par de
l'acide carbonique.
Ces faits, que j'ai eu l’occasion de constater bien souvent dans des circonstances analogues, montrent toute l'influence que peuvent avoir les unes sur les autres des productions se développant simultanément, comment elles peuvent se nuire et comment il arrive qu'une liqueur peut offrir des organismes variés, mais bien moins nombreux, dans chaque cas particulier, qu'il n'y a de germes semés, et qu'il ne pourrait s'en développer à la rigueur. Les premiers qui sont en voie de multiplication étouffent les autres (1).
Toutes les personnes qui ont étudié les productions organisées des infusions ont pu faire la remarque qu'une infusion est privée plus ou moins complètement d’infusoires, s’il arrive qu'elle se couvre de mucédinées, dans les premiers jours de son exposition à l'air. Et, inversement, lorsqu'elle débute par des infusoires. elle a peine à montrer des moisissures. La cause de ce fait est du même ordre que celle dont je viens de parler. Dans le premier cas, l'oxygène est absorbé par les mucédinées, dans le second par les infusoires. Ce que je dis de l’oxygène peut s'appliquer sans doute aux autres aliments de ces petits êtres.
J'ai représenté, fig. 17, la mucédinée développée dans le goulot du ballon, lequel a été ouvert le 31 janvier, afin de pouvoir étudier les productions auxquelles il avait donné lieu.
Au fond du liquide qui s’était éclairei depuis plusieurs jours, parce que la moisissure avait à son tour nui au développement des infusoires, il y avait un dépôt sensible, blanc-jaunâtre, formé uniquement de cadavres de petits bacteriums et de petits vibrions. Tous, sans excepton, étaient sans mouvement autre que lé mouvement brownien.
Quant à la mucédinée, son mycelium avait poussé des tubes verticaux, translucides, incolores, non ramifiés, portant à leur extrémité de petites boules colorées en brun foncé dans les individus les plus âgés. Ces sporanges s’écrasent facilement sous la lame de verre, en laissant voir des spores dans leur intérieur. On reconnaît alors très nettement que ces sporanges ont une enveloppe membraneuse, car celle-ci se déchire par la pression. Si alors on fait arriver une goutte
1. C'est donc à tort, selon moi, que M. Pouchet donne comme une immense objection que les poussières qu’il a semées ne lui ont pas fourni plus de mucédinées qu'il n'en apparait sans semence. Qu'il veuille bien les semer, par exemple, sur une même liqueur, placée dans un vase divisé en compartiments, et il verra que les corpuscules de l'air semés dans ces compartiments lui fourniront des productions très diverses. C'est en définitive ce que je fais quand j'opère sur plusieurs ballons séparément.
Toutes les conditions seront pareilles, mais dans chaque petit compartiment les premières productions qui auront poussé ne nuiront en rien à celles des cases voisines. Seulement la variété des productions ne sera pas indéfinie parce qu’elle est limitée, comme on le sail, par la nature de l'infusion. ÿ
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d’eau sous la lame de verre, instantanément la petite sphère se vide, et il en sort par courants rapides des amas de spores ovoïdes, d’une translucidité parfaite et d’une grande netteté de contours. Leur diamètre varie de 0,006 à 0,008 de millimètre. Ce sont tous les caractères de l'espèce la plus commune du genre ascophora. Mais en outre, à côté de cette mucédinée, j'en ai rencontré une très différente appartenant au genre penicillium, représentée fig. 18; et dans l’intérieur même du petit tube à poussières, mélée aux fibres. du coton, se trouvait une /orula en grosses cellules de 0,02 à 0,04 de millimètre de
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Diamètre des spores oprès Carton de. Mean = 07006 à o7"or
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diamètre, jointe à des articles beaucoup plus longs provenant d’un développement de ces cellules généralement très granuleuses. Elle est représentée fig. 19.
Je pourrais multiplier beaucoup les exemples de productions nées dans l’eau de levûre sucrée par le fait de lensemencement des poussières de l’air, au sein d’une atmosphère d'air chauffé préalablement et par elle-même tout à fait inactive. J'ai choisi de préférence pour les décrire les essais qui m'avaient montré des productions organisées très communes, et qui apparaissent fréquemment sur les liquides de la nature de ceux que j'employais. Mais les mucorées, les torulacées, les mucédinées les plus diverses prennent naissance. Quant aux infusoires, ce sont toujours, pour ce genre de liquides, de petits bacteriums, les plus petites monades ou les plus petits des vibrions.
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Or toutes ces productions sont précisément de la nature de celles que l’on voit apparaître dans la liqueur dont il s’agit, lorsqu'elle est librement exposée au contact de l'air ordinaire. En ce qui concerne les infusoires, je puis affirmer que jamais dans aucune circonstance je n'ai vu l’eau de levüre sucrée donner naissance à des infusoires autres que les bacteriums et les plus petits des vibrions. L’infusoire le plus gros que j'aie rencontré est le monas lens de 0®*,004 de diamètre, et encore je ne l'ai vu que fort rarement, soit à l'air libre, soit dans les ballons
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Fr. 18. Fire. 19.
fermés. Quant aux végétaux, ce sont des mucors, des mucédinées ordinaires ou des torulacées (1).
On pourrait peut-être se demander si, dans les expériences qui précèdent, le coton, en tant que matière organique, n’a pas eu quelque influence sur les résultats. Il est surtout utile de savoir ce qui arriverait si l’on répétait les manipulations sur des ballons préparés comme on l’a dit, et en éloignant les poussières de l'air. En d’autres termes, la manipulation à laquelle il faut recourir pour lintroduction des
1. Je dois dire ici, une fois pour toutes, que j'appelle mucors les productions organisées végétales qui se développent de préférence à la surface des liquides, et qui offrent un aspect plus où moins gras où gélalineux, en pellicules minces ou épaisses, humides ou sèches, et quelquefois chagrinées; mucédinées, les moisissures proprement dites dont le mycelium, est formé de tubes diversement ramifiés, et qui offrent à la surface du liquide des organes de fructification ordinairement colorés sous la forme de poussières et quelquefois des tubes visibles à l'œil nu, terminés par des sporanges comme dans les moisissures les plus vulgaires: et enfin torulacées les petites plantes cellulaires non tubulées, qui se montrent au fond du liquide où elles se multiplient par bourgeonnement, en affectant la forme de précipités, à la manière de
la levûre de bière.
216 ŒUVRES DE PASTPTEUR
poussières n'a-t-elle par elle-même aucune influence ? Il est indispensable de s’en assurer.
Afin de répondre à ces questions, j'ai remplacé le coton par de
l'amiante. Les bourres d'amiante, après une exposition de quelques heures au courant d’air de l'aspirateur, fig. 1, ont été introduites dans les ballons en suivant les indications qui précèdent, et elles ont donné des résultats tout à fait de même ordre que ceux que nous venons de rapporter. Mais avec des bourres d'amiante préalablement calcinées et non chargées de poussière, ou chargées de poussière mais chauffées ultérieurement, il ne s’est produit ni trouble, ni infusoires, ni plantes d'aucune sorte. Les liquides ont conservé une parfaite limpidité. Jai répété un grand nombre de fois ces expériences comparatives, et j'ai toujours été surpris de leur netteté, de leur constance parfaite. Il semblerait, en effet, que des expériences de cette délicatesse devraient offrir quelquefois des résultats contradictoires amenés par des causes d'erreur accidentelles. Or il ne m'est pas arrivé une seule fois de voir réussir les expériences & blanc, comme je n’ai jamais vu l’ensemencement des poussières ne pas fournir des productions organisées.
En présence de tels résultats, confirmés et agrandis par ceux des chapitres suivants, je regarde, comme mathématiquement démontré, que toutes les productions organisées, qui se forment à l’air ordinaire dans de l’eau sucrée albumineuse, préalablement portée à l’ébullition, ont pour origine les particules solides qui sonten suspension dans l'air.
Mais, d'autre part, nous avons vu au chapitre Il que ces particules solides renferment, au milieu d’une foule de débris amorphes : carbonate de chaux, silice, suie, brins de laine, etc., des corpuscules organisés qui ressemblent, à s’y méprendre, aux petites graines des productions dont nous avons reconnu la formation dans cette liqueur. Ces corpuscules sont donc les germes féconds de ces productions.
Concluons, en outre, que si l’air chauffé mis en présence d’une conserve d’Appert formée par de l’eau sucrée albumineuse, telle que du moût de raisin, ne s’altère pas, ainsi que la trouvé le premier le D' Schwann, c’est que la chaleur a détruit les germes que cet air charriait. C’est ce que prévoyaient tous les adversaires de l'hétérogénie. Je n’ai fait qu'en donner des preuves solides et décisives, et obliger les esprits non prévenus à rejeter bien loin toute idée de l’existence dans lair d’un principe plus ou moins mystérieux, gaz, fluide, ozone, etc., avant la propriété de provoquer une organisation quelconque dans les infusions.
Il y aurait ici à traiter une question bien intéressante, sur laquelle je reviendrai dans une publication spéciale, et qui ne manquera pas de
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surprendre le lecteur. Rien n’est plus propre que la liqueur étudiée dans les pages précédentes à donner naissance à la fermentation alcoolique. L'eau de levûre sucrée est constituée à la manière du moût de raisin, du moût de bière, du jus de betterave, etc., liquides qui, exposés au contact de l’air ordinaire, entrent facilement en fermentation. Or, dans un nombre considérable d’expériences disposées comme je l’ai dit précédemment, et où j'ai semé des poussières de l'air dans de l’eau de levüre sucrée, il ne m'est jamais arrivé d'obtenir la fermentation du liquide sucré (1). <
C’est ici le lieu de faire remarquer qu'il n’y a rien de plus contraire à la vérité que cette assertion souvent reproduite par les partisans de la doctrine des générations spontanées, « que l'apparition des premiers organismes est toujours précédée par des phénomènes de fermentation ou de putréfaction,… et que la formation des animalcules dans les macérations vient à la suite d’un dégagement de gaz divers dus à la décomposition des substances que l’on a employées, et que c’est après la manifestation de ces phénomènes qu’il se forme à la surface des liquides une pellicule particulière » (2). Aussi, lorsque l’on me parle de mouvement fermentescible, que je détermine dans mes liqueurs en y semant les poussières, mouvement fermentescible nécessaire pour l’évolution des forces génésiques, je ne vois là que des mots vagues, auxquels l'expérience m’apprend à ne prêter aucun sens raisonnable.
CHAPITREN
EXTENSION DES RÉSULTATS QUI PRÉCÉDENT À DE NOUVEAUX LIQUIDES TRES ALTÉRABLES. — URINE. — LaAir. — EAU SUGRÉE ALBUMINEUSE MÈLEÉE