‹ Œuvres de PasteurChapitre 49 sur 138 · DE CARBONATE DE CHAUX · texte numérisé non relu

DE CARBONATE DE CHAUX

$S 1: — Urine.

On sait avec quelle facilité l'urine fraîche s’altère au contact de l'air atmosphérique. Le plus ordinairement elle perd son acidité, se trouble, répand une forte odeur ammoniacale, et dépose des cristaux de diverses natures. Une étude microscopique attentive permet de reconnaitre que le trouble de la liqueur, le dépôt qui se forme au fond du vase, la pellicule qui souvent recouvre peu à peu toute la surface du liquide, sont

1. Je montrerai ultérieurement que cette particularité tient au rapport qui existait dans mes expériences entre les volumes de l'air et du liquide. 2, Poucaet. Hétérogénie ou Traité de la génération spontanée. Paris, 1859, p. 292 et 393.

constitués par des productions organisées (1). Voici les plus fréquentes : la pellicule de la surface du liquide est souvent une membrane mucorée, formée de granulations ou mieux d’artieles d’une extrême ténuité; on dirait des amas de bacterium termo sans mouvement. Cela paraît d’autant plus probable que, dans cette même pellicule, fourmille cet infusoire, outre de très petites monades se mouvant circulairement avec rapidité. Cette pellicule membraneuse tombe en tout ou en partie au fond du vase, dès qu’elle devient assez lourde en quélques points, puis une nouvelle se reforme, laquelle tombe à son tour; de là l'origine de certains dépôts de l'urine en voie d’altération.

D'autres fois il se développe à la surface de lurine des îlots de mucédinées, surtout le penicillium glaucum, qui ne s'y propage cependant que péniblement, sans y prendre sa couleur vert-bleuâtre

bien franche.

Enfin, lorsque la température ambiante ne s'élève pas à plus de 15°,

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l'urine se couvre assez fréquemment d’une pellicule continue, difficile à déchirer, et qui se reforme aussitôt sans solution de continuité, dès que l’on retire la baguette de verre avec laquelle on essaye de disjoindre ses parties. Lorsque cette pellicule prend naissance, il arrive assez souvent que l'urine reste acide et ne se trouble pas sensiblement.

Cette pellicule est formée par une mucorée remarquable, fort analogue à la torulacée, fig. 15, mais que je crois néanmoins différente spécifiquement. Elle est représentée fig. 20. Ce sont des cellules translucides où le noyau est rarement apparent, se multipliant par bourgeonnement. Le diamètre des cellules varie de 0%,0045 à 0"®,0065, sensiblement plus petit que celui des globules de levüre de bière.

Quant au dépôt qui prend naissance au fond et sur les parois d'un vase d'urine exposée à l'air, il renferme, outre les productions tombées de la surface, des cristaux de nature variable. Mais ce que je veux surtout faire remarquer, c’est l'existence d’une torulacée en chapelets de très petits grains, fig. 21, toutes les fois que la liqueur est devenue

1. Je laisse de côté, bien entendu, les dépôts muqueux, amorphes, qui prennent naissance dans l'urine par son refroidissement.

ammoniacale par la transformation de l’urée. Je suis très porté à croire que cette production constitue un ferment organisé, et qu'il n'y a jamais transformation de l’urée en carbonate d’ammoniaque, sans la présence et le développement de ce petit végétal. Cependant mes expériences sur ce point n'étant pas encore achevées, je dois mettre quelque réserve dans mon opinion. Ce que je puis affirmer dans tous les cas, c’est l’inexactitude d’un fait qui a été souvent cité dans les discussions auxquelles ont donné lieu les théories relatives à l’origine des fermentations. Ce fait bien connu consisterait dans la décomposition de l’urée, sous l'influence de la fermentation alcoolique du sucre. Toutes les fois que j'ai vu l'expérience réussir, la levüre de biere s'est trouvée mêlée à la torulacée en chapelets dont je viens de parler, et lorsque la levüre de bière restait homogène, sans mélange d'aucune autre production particulière, l’urée n'avait éprouvé aucune altération. Le fait qui précède, mieux étudié, concorde donc avec les idées nouvelles que j'ai émises dans ces dernières années au sujet de l’origine des fermentations proprement dites.

Nous venons de reconnaitre les productions les plus ordinaires de l'urine exposée au contact de l'air, et qui s’y montrent simultanément ou séparément. Étudions maintenant ce qui se passe lorsque l'urine est soumise à l’action de l'air qui a été chauffé. Pour cela, reprenons l'appareil de la figure 10.

De l'urine fraiche filtrée est mise à bouillir pendant deux à trois minutes dans le ballon, communiquant avec le tube de platine chauffé au rouge. On cesse alors l’ébullition, de manière que le ballon, refroidi, soit rempli d’air calciné sous la pression et à la température ordinaires; puis on le ferme à la lampe, à la naissance de la partie effilée de son col. On porte alors le ballon, tel qu'il est représenté fig. 11, à l’étuve, à la température de 25 à 30°, température si favorable à la putréfaction de l'urine. Il peut y séjourner indéfiniment, sans éprouver d'autre altération qu'une oxydation lente de la matière albumineuse de Purine; du moins l’urine se fonce un peu en couleur avec Le temps, et l'analyse de l’air du ballon accuse une perte d’oxygène et un gain d'acide earbonique.

Le 14 avril 1860, j'ai analysé l’air d’un ballon préparé comme je viens de le dire, et qui était à l’étuve depuis le 13 février de la même année. L’air renfermait alors :

Azote par différence 76,8 OP CRORR e ee s. « & 119,3 AGE CATDOTIGUNE à. 500 à. 0° 0 oo 0.0 MONO 3,9

50 ŒUMRES' DE PASTEUR

Mais la limpidité de lPurine reste parfaite, même après dix-huit mois, et il n’y apparaît pas la plus petite production animale ou végétale ; elle conserve également son acidité et son odeur premières.

L’urine, qui a été portée à la température de l’ébullition, n’éprouve donc aucune putréfaction ou fermentation en présence de lair chauffé (1).

Voyons maintenant ce qui arrive à ce liquide, lorsque toutes les conditions précédentes sont remplies, et que l’on y dépose les poussières qui existent en suspension dans Pair.

Le 16 mars 1860, j'introduis dans un ballon contenant de l’urine et de Pair chauffé une petite bourre d'amiante qui avait été exposée pendant quelques heures à un courant d’air ordinaire.

L'introduction des poussières fut pratiquée en suivant la méthode de la figure 12, avec toutes les précautions déjà indiquées au précédent chapitre.

Le 17 mars, il n’y a ni trouble, ni moisissure, ni torulacée. Pas de cristaux déposés.

Le 18, pas de moisissure apparente, ni dans le tube, ni ailleurs, mais le liquide est trouble, comme cela arrive toutes les fois qu'il y a développement d’infusoires. Ainsi que je l'ai fait observer, c’est le mouvement même de ces petits êtres qui est la cause du trouble de la

1. Mais il ne sera pas inutile de faire remarquer encore ici que cette expérience, effectuée avec l’aide de la cuve à mercure, donne des résultats positifs, sans que l'on introduise en apparence rien qui puisse contenir des germes. Que l'on prenne, par exemple, le ballon de la figure 11, et que l'on brise sa pointe au fond de la cuve à mercure, puis que l’on fasse sortir du gaz afin que le mercure puisse rentrer ensuite dans le ballon ; il arrivera au moins neuf fois sur dix, sinon toujours, que des moisissures ou de petits infusoires apparaitront dans la liqueur. C'est le mercure qui en apporte les germes.

Je ue rapporterai qu'une expérience de ce genre.

Le ballon dont il est question dans le texte a été reporté à l’étuve le 14 avril, après qu'on eut prélevé sur la cuve à mercure le volume d'air nécessaire à l'analyse. Ce ballon était renversé dans un verre à pied sur le mercure. Or, voici ce qui se passa : le 16 avril, il y avait au fond de l'urine, à la surface de séparation de l'urine et du mercure, douze petites touffes de mycelium. Le liquide avait conservé une limpidité parfaite, preuve de l'absence absolue des infusoires. Le 21 avril, plusieurs des petites touffes réunies par juxtaposition se sont tellement accrues, qu'elles ont atteint la surface de l’urine et que leurs tubes se trouvent ainsi en contact avec l'air. Le liquide est toujours d'une parfaite limpidité. Dès le 21 avril au soir, un ilot est constitué à la surface du liquide, avec sporanges visibles, de couleur verte et rappelant tout à fait le penicillium glaucum.

Qnelques jours après, la mucédinée occupait plus de la moitié de la surface du liquide. J'analyse alors de nouveau le gaz du ballon. Il renfermait :

ACIABICATDOTIQUE «le eu Cr EE CR TU Azote par ditérence et. 0e te RC CICR - . 80,5 OXYPÈNE CE SRE CCE OR Mn D na eg pe à 6 à 0,0

Remarquons en passant que, d'après cette analyse, une mucédinée épuise par sa végétation jusqu'aux plus petites quantités d'oxygène libre de l'air d'un ballon fermé.

liqueur. Dès qu'ils périssent par privation d’air, ils se rassemblent au fond du vase, comme ferait un précipité, et le liquide s’éclaircit.

Le 19 mars, le trouble existe encore et a déjà formé un dépôt très sensible au fond du ballon, dépôt blanc, un peu visqueux.

Le 20 et le 21 mars, toujours même état.

Le 21 au soir, beaucoup de petits cristaux sont déposés à la surface du liquide et tapissent toutes les parois du ballon. Ce dépôt de cristaux annonce que le liquide doit être ammoniacal et qu’il s’est altéré suivant un des modes ordinaires de putréfaction ,de lurine, au contact de l’air ordinaire.

Le 23 mars, j'ouvre le ballon sur le mercure. Il n’y a pas de pression qui annonce qu'il y ait eu dégagement de gaz. Le liquide est très sensiblement alcalin au papier de tournesol rouge, cependant la

réaction alcaline, aussi bien que l’action de l'acide chlorhydrique, indique qu'il ne s’est pas encore formé beaucoup de carbonate d’ammoniaque. L'examen au microscope accuse la formation de trois sortes de cristaux, d’une foule de petits bacteriums dont plusieurs encore très agiles, et de monades très petites qui se déplacent suivant des courbes. Il y avait en outre la torulacée (fig. 21) en petits grains réunis sous forme de courts chapelets. Le résultat de cet examen au microscope est représenté figure 22; on a seulement figuré à part les cristaux et les productions organisées.

Le diamètre des grains de la torulacée en petits chapelets était de 0®?,0015 environ. C’est le ferment organisé que je regarde comme le ferment de l'urine, c’est-à-dire celui qui provoque la transformation de l’urée en carbonate d’ammoniaque, et qui, ultérieurement par le fait de l’alcalinité qui en résulte, amène le dépôt des urates alcalins et du phosphate ammoniaco-magnésien.

L’urine, abandonnée à elle-même et qui reste acide, laisse bien déposer des cristaux, mais ce sont des cristaux d'acide urique. J'ai dessiné, fig. 23, des cristaux de cet acide, déposés dans de l’urine qui était restée acide pendant quinze jours, à la température de 11°, et à la

surface de laquelle n’avait pris naissance que la mucorée déjà représentée figure 20.

Je pourrais multiplier beaucoup les exemples d’altération de l'urine en présence de l'air chauffé, sous linfluence des poussières qui existent dans l’air ordinaire, mais cela aurait peu d’utilité (!): bacteriums, monades, mucédinées, torulacées diverses, voilà toujours ce que l’on observe. Cependant les mucédinées sont en général moins fréquentes que dans les expériences avec l’eau sucrée albumineuse. Ce qu'il faut surtout remarquer, c’est qu'il n'y a pas plus de variété dans les productions qu'offre l’urine exposée à l'air ordinaire, qu’il n’y en a dans celles de l'urine exposée à l’air chauffé, sous l'influence des poussières qui flottent dans Pair.

La différence, si elle existe, est plutôt en faveur du second mode d’expérimentation.

Notre conclusion sera donc que, toutes les fois que l’urine s’altère au contact de lair ordinaire, c’est par le fait des poussières solides que l'air charrie et qui tombent dans le liquide.

Nous pouvons déjà remarquer, par les détails des expériences que j'ai rapportées jusqu'ici, combien est fréquente la formation des plus petits des infusoires et surtout du bacterium termo, qui se montre dans toutes sortes d’infusions et qui apparaît presque toujours avant les autres infusoires. Cet infusoire est si petit, qu'on ne saurait distinguer son germe et encore moins assigner la présence de ce germe, s'il était connu, parmi les corpuscules organisés des poussières en suspension dans lair. Mais comment n'’existerait-il pas dans Pair, lui qui est partout à profusion ? Je n’en veux d’autres preuves que celles que l’on peut déduire de l'examen microscopique d’une foule de substances en putréfaction. Que l’on se rappelle également les observations de Leeuwenhoek sur les infusoires de la matière blanche qui s’amasse entre les dents, et qui ne fait défaut dans la bouche de personne, quel que soit le soin que l’on prenne à tenir ses dents dans un état de propreté aussi parfait que possible. Les bacteriums four-

1. Je citerai cependant encore une expérience choisie parmi celles qui ont donné en premier lieu des mucédinées, avant toute formation d’infusoires.

Le 2 mai 1860, je dépose dans un ballon, conservé à l'aide de la méthode indiquée fig. 12, une très petite portion de bourre de coton chargée de poussières de l'air.

Le 4 mai, à huit heures du matin, une touffe de mycelium en tubes très lâches flotte dans le liquide, qui a conservé toute sa limpidité. Lemème jour, à sept heures du soir, apparaissent

en outre trois trainées d'un blanc opaque, sur les parois du fond du ballon.

Le 5 mai, le développement des productions de Ja veille continue. Le liquide est toujours d'une parfaite limpidité. Même état le 6 et le 7 mai. Du 7 au 8, le liquide se trouble uniformément par l'apparition de petits bacteriums, et les moisissures restent stationnaires à partir de ce moment par privation d'oxygène. Le 9 et les jours suivants, des cristaux commencent à se déposer sur les parois du ballon.

millent dans la plus petite parcelle de cette matière. On les retrouve en grande quantité dans le canal intestinal et les matières des excréments (1).

$ II. — Lait. — Eau sucrée albumineuse avec carbonate de chaux.

L'étude du lait et de quelques autres liquides va nous offrir des résultats qui paraîtront au premier abord singulièrement embarrassants. Lorsqu'il s’est agi dans les chapitres précédents de l’eau de levûre sucrée et de l'urine, nous avons reconnu que ces liquides, portés à la température de l’ébullition à 100° pendant deux ou trois minutes, puis exposés au contact de lair qui a subi la température rouge, n'éprouvent aucune altération. L'expérience, conduite comme je l'ai décrite en se servant de l'appareil figure 10, n’est jamais en défaut.

Cela posé, si l’on répète cette même expérience sur le lait ordinaire, on peut être assuré que le lait se caillera et se putréfiera constamment.

Le 10 avril 1860, je prépare un ballon de lait avec l'appareil de la figure 10. L’ébullition a duré deux minutes, depuis le moment où la vapeur d’eau avait déjà assez échauffé la partie effilée du col pour que l’on ne puisse y tenir la main. Après le refroidissement du liquide, on ferme à la lampe le col du ballon comme à l'ordinaire, et on le porte dans une étuve à la température de 25° à 30°.

Le 17 avril, le lait de ce ballon est caillé. Aucune apparence de dégagement de gaz. Je détache le col par un trait de lime. Faible odeur de lait caillé. Le petit-lait est alcalin autant que le lait frais. Examiné

1. M. Pouchet a souvent rappelé, sous forme d’objection aux idées que je défends dans ce Mémoire, que dans les vaisseaux clos, ce sont toujours les plus petits infusoires qui prennent naissance. Cela est vrai, et cette remarque mériterait un examen sérieux, s’il était prouvé qu'une même liqueur donne au contact de l'air ordinaire de gros infusoires, tandis qu'elle en fournit seulement de très petits dans un ballon, en présence de l’air chauffé. Mais cela n’est pas. Et si M. Pouchet connaît une liqueur qui, après avoir subi la température de l'ébullition à 100°, donne naissance, après deux ou trois jours seulement, à de gros infusoires, lorsqu'elle est exposée à l'air libre, j'affirme que je pourrai y faire naître ces mêmes gros infusoires, en opérant dans des ballons, au contact de l'air chauffé, et par l'influence seule des poussières qui sont en suspension dans l'air. Si, au contraire, cette liqueur ne donne de gros infusoires qu'après un temps assez long, et après qu'il y aura eu succession dans la liqueur de plusieurs générations des petits infusoires, la difficulté de faire naïtre les gros dans un volume limité d'air tiendra simplement à ce que l'air altéré par le développement des premiers et très petits infusoires, et ayant perdu tout son oxygène, l'éclosion des germes des gros infusoires ne pourra plus avoir lieu. Mais la difficulté pourra être levée facilement, dans ce cas, si l’on s'arrange de manière à renouveler l'air chauffé dans le ballon.

En opérant comme je lai dit, je n'ai pas vu naître de gros infusoires dans l'eau sucrée albumineuse, ou dans l’urine, préalablement portées à l'ébullition. Je n'ai vu ni kolpodes, ni vorticelles, ni paraméecies..….. Mais je n'ai pas davantage apercu ces infusoires dans ces mêmes liqueurs, lorsqu'elles étaient exposées au libre contact de l'air, et il est juste que l'on ne m'invite pas à faire apparaître dans mes expériences des infusoires de nature plus diverse que celle que l’on observe dans les essais à l’air libre, toutes choses égales d’ailleurs.

au microscope, je le trouve rempli de vibrions d’une même espèce, mais de longueurs très variables. Ils ont un mouvement lent, flexueux ; il n'y a pas du tout de bacterium termo, ni aucune autre production animale ou végétale. Il n’est donc pas douteux que le lait s’est caillé sous l'influence de la vie de ces vibrions, peut-être par le fait de la production d’un liquide analogue à la présure. Une foule de ces vibrions avaient jusqu’à 0,05; les plus petits avaient 0,004 de longueur. Beaucoup étaient sans mouvements.

L'analyse de l'air du ballon a donné :

OxyeÈne EE ss OPEN MCE TER 0,8 ACITENCARDORIMIERSS. CC AA ÉYALOSÉDE RER TE ES ER TENAT 0,2 AZOtE DATA iHÉTENCe. CE ES S1,8S

Il résulte de cette analyse que l'oxygène avait en grande partie disparu, et avait été remplacé par de l'acide carbonique, sans nul

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