C. Mucor et vibrions
D. Torulacée, dont les cellules ont un diamètre de 0%*,004 à
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0®%,007. Elle est assez fréquente, comme j'ai déjà eu l’occasion de le dire.
E. Mycoderma pareil à celui de la bière, du vin, etc., en articles de toutes les dimensions, et plus ou moins rameux.
F. Infusoires d’une petitesse infinie. La plus petite des monades se mouvant avec une agilité extraordinaire. Ce sont des points à peine perceptibles.
G. Torulacée en beaux globules bourgeonnés, un peu granuleux dans leur intérieur, dont le diamètre varie de 0"",006 à 0"",009. Elle
ils ont continué à se multiplier, et après quarante-huit heures environ, ils avaient déjà utilisé. un volume considérable d'oxygène.
Le ballon renfermait 80 centimètres cubes de liquide et 160 centimètres cubes d'air.
11 eût été impossible de recueillir les bacteriums sur un filtre et d'en prendre le poids, parce qu'ils passent à travers les pores du filtre; mais ce poids à ‘état sec devait être fort minime, tout au plus de quelques milligrammes. Par conséquent, le poids d'oxygène, transformé en acide carbonique par la vie de ces petits êtres, était ici supérieur au poids total de leur substance. I] serait possible que cela ne fût pas un effet de respiration pure. Consulter à cet égard la note page [261].
ressemble parfaitement à la levüre de biere; elle ressemble beaucoup également à la torulacée D, mais elle est un peu plus grosse et un peu plus granuleuse (1.
H. Torulacée en granulations visqueuses, qui s'attachent fortement aux parois du ballon, qu’on a peine à en détacher, et où elles forment une couche continue.
Le diamètre des granulations est exactement celui de la torulacée B; mais celle-ci est sous forme de chapelets, et n’adhère pas aux vases. Je crois que ce sont des espèces distinctes, malgré leur ressemblance.
K. Algue formée de cellules quaternaires, déposée sous forme de précipité sur les parois du ballon; on dirait au microscope des assises de pierre. Sous l'influence de l'acide chlorhydrique étendu d’eau, les amas de cellules se disjoignent par petits groupes de quatre cellules.
L. Mucorée en pellicule rougeâtre s'étendant à la surface du liquide, se déchirant très facilement, et tombant en lambeaux au fond du liquide où elle a l’aspect d’un chiffon. Écrasée sous la petite lame de verre, au microscope elle offre des amas des plus fines granulations, qui fourmillent dans les canaux qui séparent ces amas.
M. Mucor en granulations très ténues, mêlées à des vibrions de longueur variable, à mouvements flexueux.
1. De toutes les productions organisées inférieures, la levûre de bière est celle qui a été, le plus souvent, l'objet des contestations des partisans et des adversaires de la doctrine des générations spontanées. Son apparition, si rapide et si facile dans certains liquides fermentescibles, à toujours été invoquée par les hétérogénistes comme un de leurs arguments favoris. Il est certain que l’origine de cette plante offre un sujet d'étude fort intéressant et enveloppé d'obscurités.
Quelques botanistes allemands, M. Bail entre autres [Ueber Hefe, Flora, XL, 1857, p. 417-430 et 433-434], ont cherché à tourner la difficulté en essayant de prouver, comme l'avait déjà tenté en France M. Turpin, que la levüre de bière n'était qu'une forme de spores des mucédinées vulgaires, telles que le penicillium glaucum, l'ascophora elegans…
Cette thèse a été reproduite récemment par M. Hoffmann [Mykologische Studien über die Gährung. Botanische Zeitung, XVIII, 1860, p. 41-46 et 49-54] et par MM. Pouchet et Joly [Recherches sur l'origine, la germination et la fructification de la levüre de bière. Comptes rendus de l'Académie des sciences, LIIT, 1861, p. 368-371], qui l'ont mise en harmonie avec leurs idées favorites.
J'espère publier très prochainement l’ensemble de mes observations sur ce sujet. [ Vo, p. 150-158 du présent volume.]
Si la levûre était d'origine spontanée, & y aurait forcément dans la liqueur o% elle prend naissance toutes les dimensions de globules depuis le point apercevable, ce qui n'arrive jamais. En outre, rien n’est plus facile, en maintenant l'œil assez longtemps au microscope, que d'assister au bourgeonnement des cellules et à la séparation des globules adultes.
Lorsqu'on représente la levûre de bière, c'est une grave erreur de figurer des globules de toutes les tailles depuis les plus fines granulations, comme l'a fait M. Pouchet dans la fig. 14. PI. II, de « Hétérogénie, ou Traité de la génération spontanée » [ Paris, 1859, in-8°]. M. Turpin avait déjà commis cette faute, qui était nécessaire à sa « Théorie des globulins » *.
* Ces deux derniers alinéas ne figurent pas dans les Annales des sciences naturelles. (Note de
l'Edition.)
Que l’on ajoute à ces figures, où j'ai de préférence représenté les mucors, les torulacées et les infusoires les plus fréquents, des dessins d'une foule de myceliums en tubes cloisonnés qui viennent s’étaler ensuite à la surface du liquide en membranes gélatineuses humides, épaisses, ou en membranes composées de lacis de tubes et couvertes de sporanges de couleur verte, rouge-orangé, jaune-verdâtre, brunnoirâtre, etc..., offrant les espèces les plus variées, et l’on aura une idée de ce que peut donner d'espèces distinctes l’eau de levüre placée sous l'influence de quantités limitées d’air ordinaire dans une série de ballons préparés comme je l'ai indiqué.
Ce sont ces mêmes espèces que la même liqueur fournirait au libre contact de l'air; mais, pour les retrouver toutes, il faudrait multiplier davantage les essais, parce que des prises d’air limitées ont bien plus de chances, comme je l'ai déjà dit, de saisir les germes de l'air avec toute la variété qui leur est habituelle.
Aussi je suis toujours fort surpris quand M. Pouchet, dans ses habiles plaidoyers en faveur de la doctrine de l’hétérogénie, revient sur cette vague objection des facultés génésiques des infusions étouffées par les conditions matérielles des expériences in vitro. Ces facultés génésiques, pour me servir des expressions de M. Pouchet, je les vois plutôt exaltées que détruites. Si cette objection avait quelque chose de fondé, c’est aux expériences de Schwann, dont les résultats ont essentiellement un caractère négatif, et nullement aux miennes, qu'il faudrait Padresser: car l’un des progrès de mes recherches est d’avoir institué des expériences qui ont, à la volonté de l’opérateur (comme on l’a vu au chapitre IV), des résultats positifs ou négatifs (1).
1. Quant à opérer en plein air pour interpréter ensuite les résultats, comme M. Pouchet m'a si souvent recommandé de le faire, je m'en garderai soigneusement. Il est si rare de deviner juste quand on étudie la nature ! Et puis, est-ce que les idées préconçues ne sont pas toujours là pour placer un bandeau sur nos yeux ?
Voici, par exemple, l’une des expériences en plein air de M. Pouchet. « On fit macérer [deux heuresl, dit-il, des tiges d’asperges dans de l’eau. Celle-ci ayant été filtrée, on en fit deux parts : l’une fut conservée sans autre préparation: l'autre fut portée à l’ébullition pendant deux minutes. Le lendemain, la macération simple était remplie d’une immense quantité de bacteriums et de vibrions. Au contraire, la macération bouillie n'en offrait pas un seul. » (Pouchet. Moniteur scientifique, III, 1861, p. 163.
« Les vibrions n'apparaissent que plus tard dans une décoction, parce que {l'action de] la chaleur en retarde la fermentation. Qui ne sait cela? Est-il possible de présenter rien de plus simple et de plus saisissant que cette expérience? » (Pouchet. Moniteur scientifique, II, 1860, p. 1082.
Mais, en vérité, qu'y a-t-il de plus facile à concevoir qu'une différence dans les époques d'apparition des vibrions de deux macérations pareilles, dont l'une a été bouillie, tandis que l'autre ne l'a pas été? Est-ce que la nature des liquides est la même? Est-ce que celle qui a été chauffée n'est pas profondément modifiée? Est-ce que dans celle-ci les germes des vibrions ne sont pas tués? S'ils ne le sont pas, comme j'ai montré que cela arrivait pour le laït et pour d’autres liqueurs, est-ce qu'il ne peut pas y avoir des modifications dans leur faculté de déve-
Mais sous ce rapport de la variété des productions je reconnais qu'il y a une différence très grande entre celles de nature végétale et les autres. Les premières sont très multiples, tandis que pour les infusoires cela se borne aux monades, aux bacteriums et aux vibrions. Sans vouloir préjuger ici la question de l’origine des gros infusoires, sur laquelle j'espère publier un travail spécial, on n’ignore pas que jamais une infusion ne donne de gros infusoires de prime saut, que jamais les paramécies, les kolpodes, les vorticelles,.... ne précèdent les bacteriums et les vibrions. Dès lors, que l’on se reporte aux analyses d’air que je donne dans ce Mémoire, alors que les plus petits des infusoires ont apparu dans les ballons, et on verra avec quelle rapidité ils altèrent l’air et le chargent d’acide carbonique.
Tant qu'il y a de l'humidité, la vie est sans fin, dans une infusion exposée au contact de l'air libre, parce que l'oxygène, l’un des aliments essentiels des mucédinées et des infusoires, ne leur fait jamais défaut. Mais dans une atmosphère limitée, la vie s’arrête forcément au bout de quelques jours. Les gros infusoires ne se montreront donc pas, puisqu'il est reconnu que ce n’est point par eux que la vie commence dans les infusions (!). Leur apparition serait une difficulté nouvelle à résoudre.
Mais cela n’infirme en rien les conclusions auxquelles je suis conduit sur l’origine des mucorées, des mucédinées, des torulacées et des plus petits des infusoires, dans les infusions qui ont été portées préalablement à l’ébullition. Sur ce point, le seul dont je traite aujourd’hui, je juge que les résultats de mon travail sont inattaquables.
B. — Expériences sur un air non agité.
Grâce à l’obligeance de M. Le Verrier, j'ai pu faire quelques expériences sur l'air des caves de l'Observatoire. Dans cette partie des caves, situées dans la zone de température invariable, l'air parfaitement calme doit évidemment laisser tomber ses poussières à la sur-
face du sol, dans l'intervalle des agitations qu’un observateur peut y
loppement, comme cela est si manifeste, par exemple au chap. VIII, pour les spores du peni. cillium glaucum chauffé à 120°, dont la germination est retardée de plusieurs jours ? Qui sait si le fait de la modification du liquide ne suffit pas seul à rendre compte d'un retard dans l'apparition des mêmes organismes, et je dirai plus, d'une différence dans la nature des organismes, puisque l’on sait que ceux-ci changent avec la nature des infusions ?
1. À tel point que M. Pouchet fait naître spontanément les gros infusoires et les mucédinées dans une pellicule dite proligère, formée par des amas de bacteriums ou de vibrions- (Voir, page 352 de son Traité de la génération spontanée, le chapitre intitulé : Formation de la pellicule proligère.) J'ai cependant rencontré, à deux ou trois reprises, des infusoires qui m'ont paru être le monas lens, dans des liqueurs sucrées où il ne s'était formé ni bacteriums, ni vibrions.
provoquer par ses mouvements ou par les objets qu'il y transporte. Et en multipliant par conséquent les précautions, lorsque l’on y descend pour y faire des prises d’air, les ballons qui ultérieurement se montreront sans productions organisées devront être considérablement plus nombreux que dans le cas où ils auront été, par exemple, remplis d’air dans la cour de l'établissement. C’est en effet ce qui arrive, et le sens des résultats, par l'accord qu'il présente avec la nature ou la multiplicité plus où moins grande des précautions dont on s’entoure, afin d'éviter l'introduction accidentelle des poussières étrangères, oblige d'admettre que si les ballons étaient ouverts et fermés dans les caves sans que l’opérateur fût tenu de s’y transporter, l’air de ces caves se montrerait constamment aussi inactif que de l'air porté au rouge. Ce n'est pas cependant qu'il ait par lui-même, et vu les conditions où il est placé, une inactivité propre. Tout au contraire, se trouvant saturé d'humidité et la plupart des organismes inférieurs n'ayant nul besoin de lumière pour vivre, cet air m'a toujours paru plus propre que celui de la surface du sol au développement de ces organismes.
Je ne rapporterai qu'une des séries d'expériences. Le 14 août 1860, j'ai ouvert et refermé dans les caves de l'Observatoire dix ballons contenant de l’eau de levûre de bière, et onze autres ballons de la même préparation dans la cour de l'établissement, à 50 centimètres du sol, par un vent léger. Tous ont été rapportés le même jour dans lPétuve de mon laboratoire, dont la température est de 25° à 30°. J'ai conservé jusqu'à ce jour tous ces ballons. Un seul de ceux ouverts dans les caves renferme une production végétale. Les onze ballons ouverts dans la cour ont tous fourni des infusoires ou des végétaux du genre de ceux
que j'ai déjà décrits.