‹ Œuvres de PasteurChapitre 63 sur 138 · MrrseuerLicH. Loc. cit. (Notes de l'Édition · texte numérisé non relu

MrrseuerLicH. Loc. cit. (Notes de l'Édition

OBSERVATIONS VERBALES (1) RELATIVES À DES NOTES COMMUNIQUÉES A L'ACADEMIE PAR M. VICTOR MEUNIER DANS LES SÉANCES DES 28 AOÛT, 11 SEPTEMBRE ET 11 DÉCEMBRE 41865 [SUR LES GÉNÉRATIONS DITES SPONTANÉES] (2)

Mon intention n’était pas de répondre à ces Notes, mais quelques-uns de mes confrères m’ayant fait observer obligeamment tout à l'heure que mon silence pourrait être mal interprété par quelques personnes, je me rends à leur bienveillant avis.

Puisque l’occasion m'en est offerte, je regretterai tout d’abord que ces Notes, lorsqu'elles ont été adressées à l’Académie, ne m'’aient pas élé communiquées, séance lenante, par les Membres qui les ont présentées, ou tout au moins qu'elles n'aient pas été lues intégralement, afin que je susse à quoi m'en tenir sur l'opportunité d’une réponse immédiate.

M. Victor Meunier essaye de contredire les résultats des expériences que j'ai faites avec des matras à cols recourbés et sinueux, et, dans ses Notes des 28 août et 11 septembre, au lieu de se servir, comme je l'avais fait, d’un vase à un seul col, il adapte au même matras neuf cols sinueux, en faisant ce raisonnement puéril que neuf cols sinueux devront mieux arrêter les germes qu'un seul. Ai-je besoin de dire qu'en adoptant cette disposition et d’autres que je passe sous silence, M. V. Meunier introduit comme à plaisir des causes d’erreur évidentes ? Lorsqu'on veut avoir dans un appartement un libre courant d’air, on n'ouvre pas seulement une fenêtre, mais deux, et de préférence placées à peu près vis-à-vis l’une de l’autre. Comment M. V. Meunier

1. Comptes rendus de l'Académie des sciences, séance du 18 décembre 1869, 1.XI, 2. Meunier (V.). Expérience relative à la question des générations spontanées. 1bid.,

28 août 1865, LXI, p. 377. — Nouvelle expérience relalive à la question des générations spontanées. Zbid., 11 septembre 1865, LXI, p. 449. — Expériences sur le développement de la vie

dans les ballons à cols recourbés. Zbëd., 11 décembre 1865, LXI, p. 1060. (Note de l'Édition.)

n'a-t-il pas vu qu'avec deux ou neuf ouvertures, le moindre mouvement de l'air, dans la pièce où sont conservés ses matras, aura inévitablement son contre-coup jusque dans l’intérieur de ces matras, et que l'air extérieur pourra y pénétrer en nature avec toutes ses poussières! Un seul col agit d’une manière absolument différente. L'air intérieur fait coussin ou ressort, et le mouvement du gaz n’a de vitesse sensible que dans les premières parties de la courbure. La preuve évidente que les particules solides, germes, poussières minérales, etc., ne pénètrent pas dans le matras à un seul col, c’est que je possède des liqueurs putrescibles qui se conservent sans altération dans des vases à cols sinueux depuis plusieurs années, et à la surface desquels liquides il n’y a pas la moindre trace de poussière, tandis que, sur les parois extérieures des matras, la couche de poussière est énorme. La disposition adoptée préserve donc le liquide de la chute des particules solides qui sont en suspension dans l'air. Cela saute aux yeux.

M. V. Meunier dit que les résultats de mes expériences peuvent tenir à ce que je chauffe plus ou moins longtemps. C’est absolument erroné, et M. V. Meunier peut, s’il le désire, régler l’ébullition, un chronomètre à la main, et il verra que les résultats généraux sont les mêmes. N’ai-je pas insisté d’ailleurs sur ce fait que, quel que soit le mode de préparation de la liqueur, pourvu que l’on satisfasse, bien entendu, aux conditions indispensables d’une bonne expérience, et quel que soit le temps qui s’est écoulé depuis le moment où celle-ci a été mise en train, si l’on vient à détacher le col du ballon par un trait de lime, le lendemain ou le surlendemain le liquide est envahi par des organismes inférieurs ? Ce liquide demeure donc éminemment propre dans tous les cas au développement de ces organismes. Je n'ai altéré en quoi que ce soit la fameuse faculté génésique des infusions, qui est un mot vide de sens.

M.V. Meunier dit encore que les résultats des expériences s'expliquent par la nature des infusions. Je le crois bien : c’est là un résultat qui n'appartient et que je revendique. N’ai-je pas fait observer que mes expériences des matras à cols sinueux ne réussissent pas avec le lait, qu'il faut dans ce cas chauffer à 100 et quelques degrés? J'ai même donné une formule générale à l’aide de laquelle on peut constituer les liqueurs les plus variées offrant des résultats du même genre. Il suffit de se souvenir de la différence des essais avec l’eau de levüre pure, et l’eau de levüre mise préalablement à bouillir avec du carbonate de chaux. Il résulte de mes expériences que l’on peut admettre d’une manière à peu près générale, sans que je veuille toutefois sortur du domaine des faits que j'ai observés, que les infusions à réaction légè-

rement acide n’exigent qu'une température de 100°, ou inférieure à 100, et que les liquides neutres, ou mieux très légèrement alcalins, doivent être portés, comme le lait, à plus de 100.

L'influence de la composition des liqueurs ne ressort-elle pas encore de mes recherches sur les maladies des vins, où je démontre que ce liquide acide et alcoolique n’a besoin que d’être porté à 50 ou 60° pour que les germes des parasites qui sont la source de ses maladies perdent leur vitalité, germes (ou mieux articles, déjà de la nature de l'être parfait) que l’on peut voir et pour ainsi dire compter dans le dépôt d’une bouteille de vin rouge quelconque.

J’ajouterai que je n'ai jamais dit que dans la série de mes expériences avec matras à cols recourbés ou sinueux, cent expériences sur cent réussissent. Ce qui doit étonner, ce qui a profondément surpris à l’origine toutes les personnes qui ont vu ces expériences et moimême, c’est leur succès à peu près constant. Ce succès, n’existerait-il qu'une fois sur mille, serait à mes yeux tout aussi probant, parce que l’on pourrait appliquer encore à ce cas particulier, et avec autant de force, ce jugement si clair porté par M. Flourens, rappelé par M. V. Meunier dans sa dernière communication, et que je prends la liberté de reproduire à mon tour :

« Pour avoir des animalcules, que faut-il, dit M. Flourens, si la génération spontanée est réelle ? De l’air et des substances putrescibles. Or, M. Pasteur met ensemble de l’air et des liqueurs putrescibles et il ne se fait rien. La génération spontanée n’est donc pas. Ce n’est pas comprendre la question que de douter encore. »

OBSERVATIONS VERBALES {1 PRÉSENTÉES APRÈS LA LECTURE DE LA NOTE DE M. DONNÉ [SUR LES GÉNÉRATIONS DITES SPONTANÉES] (?)

Les expériences que M. Donné soumet au jugement de l'Académie, autant que j'en puis juger sur la simple lecture qui vient d’en être faite, sont loin d’avoir, à mon avis, la rigueur qu'il leur attribue. Celles qu'il rappelle dans sa Note et qu'il avait faites en 1863 (3), m’avaient paru, au contraire, et me paraissent encore irréprochables. Elles reposaient sur le raisonnement le plus judicieux, et nulle cause d'erreur ne les affectait. M. Donné s'était dit: La matière de l'œuf doit être éminemment propre à une organisation primitive. Je vais abandonner des œufs à eux-mêmes, entiers, sans briser leurs coques, et, lorsque l’altération de leur contenu sera bien accusée, j’examinerai la substance intérieure au microscope. Si la génération spontanée est possible, je dois y rencontrer des êtres organisés.

Le résultat a été négatif. M. Donné n’a trouvé dans les œufs altérés ni moisissures ni infusoires.

Telles sont les expériences que M. Donné a publiées en 1863. Elles sont, à mon avis, irréprochables. Alors comme aujourd'hui je n’y entrevois pas de cause d’erreur, et les idées qui leur servent de point de départ sont exactes.

Tout est contestable, au contraire, dans les nouvelles expériences de M. Donné. Le raisonnement qui le guide est une hypothèse, et les dispositions expérimentales qu'il emploie sont d’une efficacité très douteuse pour écarter les causes d'erreur.

« La petite quantité d'air renfermée dans l’œuf, non renouvelée, n’était peut-être pas suffisante, dit M. Donné, pour déterminer le grand phénomène d’une génération spontanée, c’est-à-dire pour

1. Comptes rendus de l'Académie des sciences, séance du 13 août 1866, LXITI, p. 30508.

2. Doxxé (A.). De la génération spontanée des moisissures végétales et des animaleules infusoires. 1bid., p. 301-309.

3. Doxxé. Expériences sur l'altération spontanée des œufs. Zbid., LNII, 1863, p. 448-452, Notes de l'Édition.)

donner la vie à un certain arrangement moléculaire de la matière organique. »

Voilà l'hypothèse dans le raisonnement. Nous savons que la vie du jeune poulet s’accommode très bien de loxygène qui pénètre à travers les parois de la coque.

Considérons maintenant les dispositions des expériences.

« Des œufs sont lavés avec soin, bien essuyés et aussitôt enveloppés d’une épaisse couche de coton cardé sortant d’une étuve chauffée à 150°. Le coton est bien collé tout autour de l’œuf, afin qu’il ne se déplace pas. Un stylet fin, préalablement rougi au feu, afin de détruire les germes qui pourraient y adhérer, est introduit obliquement sous le coton, et le sommet de l’œuf est percé d’un trou. Tous les œufs, ainsi préparés, sont rangés debout dans une terrine remplie de cendres retirées toutes chaudes du foyer ; le tout est recouvert d’une eloche en verre. Ayant toujours voulu opérer à la température de l’air extérieur, sans avoir recours à la chaleur artificielle d’une étuve, mes expériences ont été faites pendant les mois d’été à Montpellier. »

Les causes d'erreur sont multiples. Je n’en signalerai qu’une. Du coton sort d’une étuve à 150, et il est appliqué sur l’œuf. Mais quand l’opérateur l’applique et le colle à la surface de l’œuf, toute la manipulation est faite à la température ordinaire et au libre contact de l’air. Les poussières en suspension dans cet air, celles de la surface de l'œuf, celles de la surface des mains de l'opérateur, qui les éloigne, quelle précaution est prise pour supprimer la vitalité des germes qu’elles peuvent renfermer? Je ne le vois pas, et l’auteur n’en dit rien. Dans les premières expériences de M. Donné, la coquille de l'œuf laissée intacte rendait tous ces soins superflus.

Ce que j'avais loué principalement dans les anciennes expériences de M. Donné en 1863, c'était, ainsi qu'il le rappelle dans l'extrait qu'il publie de la lettre que je lui ai adressée à cette époque, lorsqu'il m'avait chargé de présenter ses résultats à l’Académie, c'était la pensée excellente d’avoir opéré sur des matières organiques dans leur état naturel, n'ayant point subi préalablement l’action de la chaleur.

Déjà antérieurement, j'avais fait connaître des expériences qui avaient porté précisément sur de telles matières, le sang et l’urine à l’état frais, et j'avais obtenu des résultats que les expériences de M. Donné sur les œufs venaient confirmer. (Comptes rendus de l'Académie des sciences, LVI, 1863, p. 738-739) [1].

J'avais réussi à maintenir durant des mois et des années du sang et

1. Voir p. 165-171 du présent volume : Examen du rôle attribué au gaz oxygène atmosphérique dans la destruction des matières animales et végétales après la mort. (Note de l'Édition.)

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de l'urine au contact de l’air privé de ses germes dans un ballon de verre, Sans que ces substances éprouvassent d’autres altérations que celles qui résultent d’une oxydation directe de quelques-uns de leurs principes au contact du gaz oxygène de l'air des ballons. J'avais adopté les dispositions suivantes :

Un ballon de verre de ; litre de capacité est joint par un caoutchouc à un robinet de cuivre à branches un peu allongées, lequel est joint lui-même à un tube de platine chauffé au rouge. Quelques centimètres cubes d’eau ont été laissés dans le ballon. On fait bouillir cette eau, dont la vapeur chasse l'air du ballon, du robinet, des tubes, et détruit la vitalité des germes qui peuvent se trouver à la surface intérieure de ces objets. On laisse refroidir le ballon. Quand sa température est descendue à 30 ou 40°, on ferme le robinet et on sépare l'appareil du tube de platine.

Cela fait, on ouvre la veine ou l'artère d’un chien et on y introduit l’appendice tubulaire du robinet, en liant aussitôt la paroi du vaisseau sur le tube de cuivre. On ouvre alors doucement le robinet. Comme il a été fermé lorsque l'air du ballon était à la température de 30 à 40°, et que la prise du sang n'a lieu qu’à la température ordinaire, par l'effet du vide partiel qui est dans le ballon, le sang de l'animal est appelé dans le ballon. On ferme le robinet lorsqu'il en est entré quelques centimètres cubes. Dans ces conditions, et malgré la petite cause d'erreur apportée par le libre contact de l'air dans l'instant où le tube-canule du robinet pénètre dans le vaisseau, presque toutes les expériences ont le résultat suivant: le sang ne se putréfie pas, et, dans l'intervalle de quelques jours, tous les globules ont disparu, remplacés par ces cristaux du sang qui ont été si difficiles à préparer jusqu’à ce jour en grande quantité; il n’y a production ni d’animalcules ni d’infusoires. Les vases sont clos, mais la cloche qui recouvre les œufs de M. Donné forme également un espace clos.

Les expériences avec l'urine extraite directement de la vessie sur le vivant ont toutes donné un résultat de même ordre. Plusieurs des vases qui m'ont servi sont encore dans mon laboratoire, sans présenter

la moindre putréfaction.

Telles sont les observations que me suggère la lecture de la Note

que l’Académie vient d'entendre.

Toutefois, je m'empresse de répéter ici ce’que j'ai dit souvent : On ne peut pas prouver à priori qu'il n'existe pas de générations spontanées. Tout ce que l’on peut faire, c’est de démontrer : 1° qu'il y a eu des causes d’erreur inaperçues dans les expériences ; 2° qu’en écartant ces causes d'erreur sans toucher aux conditions fondamentales des

pe

essais, toute apparition d'êtres inférieurs cesse d’avoir lieu. Ce double examen sera nécessaire chaque fois qu’un expérimentateur consciencieux viendra saisir l’Académie de résultats nouveaux qu'il jugera favorables à la doctrine des générations spontanées. Aujourd’hui, M. Donné, qui s’est montré maintes fois observateur habile et plein de sagacité et qui cherche la vérité sans parti pris, indique à l’Académie un dispositif nouveau d'expériences dont il interprète les résultats en faveur de cette doctrine. Le rôle de l’Académie est tout tracé. Il faut examiner avec soin ces expériences, il faut éclairer l’auteur, le prier d’écarter les causes d’erreur qu'il à négligées, celles, par exemple, que je signalais tout à l'heure, et chercher avec lui la vérité. Pour ma part, je suis tout prêt à donner mon concours à la Commission qui sera chargée de porter un jugement sur le travail de M. Donné.

OBSERVATIONS VERBALES (1) PRÉSENTÉES APRÈS LA LECTURE DE LA NOTE DE M. DONNÉ [SUR LES GÉNÉRATIONS DITES SPONTANÉES] (?)

L'Académie me permettra, et M. Donné également, de témoigner de la surprise que je viens d’éprouver en entendant la lecture de la Note du savant recteur de l'Académie de Montpellier.

Je me félicite assurément que M. Donné ait senti la nécessité d’écarter de ses premières expériences les causes d’erreur dont elles étaient si évidemment entachées. On se rappelle que M. Donné collait du coton à froid et au libre contact de Pair sur des œufs avant de percer leur coque, et qu’il concluait, de la présence ultérieure de moisissures à l'endroit percé, que celles-ci étaient d’origine spontanée.

Que fait aujourd’hui M. Donné? Sur des œufs ouverts dont il a laissé échapper une partie de leur contenu, il jette de l’eau bouillante, et, de la présence de vibrions là où ils ont été brisés, il conclut que la matière de l'œuf s’est organisée d’elle-même en vibrions agiles, par un simple jeu des molécules.

Pourquoi M. Donné verse-t-il de l’eau chaude sur ses œufs? C’est apparemment, et il le dit expressément, pour tuer les germes qu’il a pu laisser s’introduire dans ses œufs en les brisant. Mais où donc, je le demande, M. Donné a-t-il lu dans mes Mémoires que j'admettais qu'une température de 75° tuait tous les germes? N’ai-je pas fait au contraire de nombreuses et précises expériences pour prouver le contraire ? N’ai-je pas démontré que le lait offrait des vibrions après avoir été porté à 100°? N’ai-je pas donné une méthode générale pour obtenir des liquides présentant exactement la propriété du lait? N'ai-je pas établi expérimentalement que pour cette nature de liquides

1. Comptes rendus de l'Académie des sciences, séance du 17 décembre 1866, LXILI,

2. Doxxé (A.). Sur la génération spontanée des animaleules infusoires, Ibid, p. 1072-1073:

(Note de l'Édition.)

il fallait une température supérieure à 100°? Et comment M. Donné, s’il ignore celles de mes expériences qu'il prétend réfuter, ne connaïit-il pas ces résultats, très précis cette fois, et irréprochables, que M. Pouchet vient de communiquer à l’Académie, il y a quelques jours seulement (1)? Je m'étonne que les partisans de la génération spontanée, parmi lesquels se range aujourd’hui M. Donné, n'aient pas prêté à ces expériences toute l’attention qu’elles méritent. Elles démontrent, en effet : 1 qu'il y a des graines dont l'embryon perd toute vitalité lorsqu'on les chauffe à 100° dans l’eau bouillante; 2° qu’il en est d’autres, au contraire, que l’on peut chauffer à 100° dans l’eau bouillante durant quatre heures sans leur enlever la faculté de germer. En d’autres termes, il y a des espèces de graines qui ne perdent leur vitalité que lorsqu'on a porté leur température au delà de 100° au sein de l’eau.

Que M. Donné reprenne donc ses expériences en éloignant les causes d'erreur qu'il y a de nouveau manifestement introduites. Les données antérieures de la science proclament que, si un auteur désire rechercher ce qui se passe dans la matière des œufs exposés à Pair et y détruire les germes des vibrions, bacteriums, etc., qu’elle en a reçus ou qu’elle a reçus des poussières des objets qu’elle a touchés, il faut, non pas se contenter de jeter sur cette matière de l’eau à 75°, mais la placer à 100 et quelques degrés. 100° ne suffisent à l’ordinaire qu'autant que le liquide serait à réaction faiblement acide. S'il est neutre, et mieux encore un peu alcalin, comme il arrive pour la substance intérieure de l'œuf, il est indispensable de dépasser 100. Voilà ce qui résulte clairement de mes expériences, notamment de celles du $ II du chapitre V de mon Mémoire sur les corpuscules organisés qui existent dans l’atmosphère (?), et, je puis ajouter, des expériences nouvelles de M. Pouchet que je viens de mentionner.

C’est seulement après que M. Donné aura fait ces expériences qu’il pourra se croire autorisé, sur la foi de leurs résultats, à tirer des conclusions favorables ou défavorables à la doctrine des générations dites spontanées.

Ces expériences, je les ai faites, en ce qui me concerne, et mille autres très variées, et ce sont leurs résultats décisifs qui m'ont fait dire et répéter que, dans l’état actuel de la science, l’hétérogénie est une chimère.

1. Poucxer. Expériences comparées sur la résistance vitale de certains embryons végétaux. Comptes rendus de l'Académie des sciences, LXIII, 1866, p. 989-941. 2. Voir ce Mémoire p. 210-294 du présent volume. (Notes de l'Édition.)

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